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Figures de style : définition, exemples et listes

À lire dans cet article :

Qu’est-ce qu’une figure de style ? Comment et pourquoi les utiliser ? Si tu es en classe de première cette année, ou même en terminale (après tout, il n’est jamais trop tard pour améliorer sa maîtrise des figures des style), cet article pourrait t’intéresser. Nous te disons tout ce que tu dois savoir à propos des figures de rhétorique comme on les appelle dans le milieu.

Qui dit année de première, dit également… ce bon vieux bac de français ! Et les figures de style font partie des choses que tu dois connaître sur le bout des doigts si tu espères bluffer ton correcteur. Malheureusement, tu ne les connais pas très bien ? Bonne nouvelle pour toi, tu trouveras ci-dessous une définition et des exemples pour chacune des figures de style les plus utilisées dans la littérature. N’hésite pas à prendre quelques notes et à faire des petites fiches pour devenir un(e) expert(e) !

Qu’est-ce qu’une figure de style ?

Définition d’une figure de style

Petit point vocabulaire avant de commencer : qu’est-ce qu’une figure de style ? La figure de style est un procédé rhétorique (mot un peu savant pour désigner l’art du discours) qui a pour but de donner de la profondeur à un texte. Les figures de style se cachent un peu partout à l’écrit dans les textes que tu vas étudier cette année, en revanche elles sont souvent beaucoup plus discrètes à l’oral (parce que moins naturelles). Certaines vont avoir un impact sur la sonorité d’une phrase, d’autres sur son sens.

Et voilà, maintenant que tu en sais (un peu) plus, nous pouvons rentrer dans le vif du sujet et aborder la véritable question des figures de style.

L’histoire des figures de style

Platon fut le premier à parler de la notion de figures de style dans ses dialogues. Il s’intéresse aux éléments du discours qui clarifient la pensée et permettent d’exprimer au mieux l’idée à communiquer. C’est en revanche Aristote qui est le premier à étudier l’effet des figures de style sur les personnes qui reçoivent le discours. Plus tard, Barthes proposa une définition linguistique de la figure de style qui la présente sous une vision mécaniste et structuraliste. Bien d’autres ont suivi.

Les figures de style, à quoi ça sert ?

Les figures de style permettent d’enrichir un texte par une originalité de forme. Elles créent ainsi un effet de sens et contribuent à frapper l’esprit du récepteur du discours ou peuvent parfois produire un effet comique. Elles soulignent un travail et un effort de pensée lors de la formulation du texte.

Certains figures créent de l’émotion chez lecteur par leurs effets ou le jeu sur des sonorités. Parfois en revanche, l’intérêt d’une figure est purement esthétique.

Qu’est-ce que la rhétorique ?

Comme nous l’évoquions un peu plus haut dans cet article, la rhétorique peut se définir par l’art de discourir (faire un discours). La rhétorique fait bien souvent référence à un discours oral, mais elle s’intéresse également à l’écrit dans la mesure où il s’agit d’une transcription ou d’une mimésis (imitation) de l’oral. En d’autres termes, la rhétorique est l’art (ou la science, si tu parler) de bien parler.

Les figures de style par analogie

Première catégorie de figures de style, et non des moindres, les figures de style par analogie. Elles permettent de créer une image, afin de sublimer ou bien, au contraire, d’enlaidir une réalité. On t’en dit un peu plus juste en dessous !

La comparaison

Cette figure de style est sans doute la plus connue de toutes et également la plus simple à utiliser (tu l’utilises très régulièrement sans même t’en rendre compte !).  Elle permet de comparer deux éléments (le comparé et le comparant) grâce à un outil de comparaison, par exemple “comme”, “tel que”, etc.

Un exemple ?  « La terre est bleue comme une orange », Paul Eluard

Cette figure de style ressemble fortement à la comparaison, à un détail près : elle permet de comparer deux éléments (le comparé et le comparant) sans outil de comparaison.

La métaphore

La métaphore consiste à designer une chose par une autre qui lui ressemble ou partage avec elle une qualité commune. Il s’agit d’une comparaison sans outils de comparaison.

Un exemple ? « Cette femme est une véritable déesse ». Ici, le mot « femme » est le comparé et le mot « déesse » est le comparant.

La personnification

Encore une fois, tu utilises très souvent cette figure de style sans même t’en rendre compte. Elle consiste à attribuer un comportement humain à un objet ou à un animal.

Comment ? Pour attribuer un comportement humain à un objet ou à un animal, on utilise souvent des verbes d’action, des adjectifs qualificatifs spécifiques ou encore la majuscule.

Un exemple ?  « La forêt gémit sous le vent », Arthur Rimbaud

L’allégorie

Cette figure de style représente de façon concrète et symbolique une idée abstraite. En d’autres termes, elle rend concret quelque chose qui ne l’est pas.

Comment ? Cette figure de style est facilement identifiable par l’utilisation de majuscules ou encore d’adjectifs qualificatifs et de verbes.

Un exemple ?  « Je veux peindre la France une mère affligée, / Qui est, entre ses bras, de deux enfants chargée. », Paul Verlaine

L’hypallage

Il s’agit d’une figure de style de décalage de la relation logique entre les éléments d’une phrase.

Un exemple ?  « Le mélancolique animal », Jean de La Fontaine, Le lièvre et les grenouilles

Le cliché

Le cliché est une figure de style qui consiste en une image considérée comme usée.

Un exemple ?  « Le premier homme qui a comparé une femme à une fleur était un poète, le deuxième un imbécile », Gérard de Nerval

D’où l’expression  « c’est cliché », quand quelque chose nous semble un peu dépassé et gnangnan.

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L’anacoluthe, la figure de rupture

Cette figure de style consiste à rompre une construction syntaxique.

Un exemple ?  « Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, la face de la terre en eût été changée », Blaise Pascal

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Les figures qui jouent sur les sons

Une assonance

Il s’agit d’une répétition d’un même son de voyelle dans une phrase ou dans un ensemble de vers.

Un exemple ?  « Les sanglots longs / des violons / de l’automne / blessent mon cœur / d’une langueur / monotone », Paul Verlaine.

Une allitération

Cette figure de style ressemble à l’assonance, à un seul détail près : il s’agit de la répétition d’un même son de consonne.

Un exemple ?  « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? », Jean Racine (pour la petite anecdote, cette citation extraite d’Andromaque est très célèbre pour son allitération qui imite le son d’un serpent)

L’homéotéleute

Il s’agit de la répétition d’un son ou d’un groupe de sons à la fin de plusieurs mots successifs (comme des rimes).

Un exemple ?  « Cette tour était la flèche la plus hardie, la plus ouvrée, la plus menuisée, la plus déchiquetée, qui ait jamais laissé voir le ciel à travers son cône dentelle », Victor Hugo, Notre-Dame de Paris

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Les figures de l’atténuation

La litote

Cette figure de style, très utilisée pour la bienséance au théâtre notamment, consiste à dire moins pour faire comprendre plus.

Un exemple ?  « Va, je ne te hais point. », Corneille, Le Cid

L’euphémisme

Il s’agit du remplacement d’un mot, d’une expression par un terme adouci.

Un exemple ?  « Les non-voyants »,  « Il est un peu enveloppé. »

La prétérition

Cette figure de style consiste à parler de quelque chose après avoir dit que l’on n’en parlerait pas.

Un exemple ?  « Je n’essaierai donc pas de vous décrire quel sombre enthousiasme se manifesta dans l’armée insurgée après l’allocution de Biassou. Ce fut un concert distordant de cris, de plaintes, de hurlements. Les uns se frappaient la poitrine, les autres heurtaient leurs massues et leurs sabres… », Victor Hugo, Bug-Jargal

Les figures de l’insistance ou de l’amplification

L’hyperbole

Cette figure de style consiste à exagérer la réalité. Elle est notamment très utilisée dans les textes épiques.

Un exemple ?  « Je meurs de soif. »

La gradation

Il s’agit d’une énumération de termes organisée de façon croissante ou décroissante.

Un exemple ?  « C’est un roc ! … c’est un pic !… c’est un cap ! / Que dis-je, c’est un cap ? … c’est une péninsule ! », Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac

L’accumulation

Très connue, cette figure de style consiste en une énumération plus ou moins longue de termes.

Un exemple ?  « Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. », Voltaire, Candide

L’anaphore

Cette figure de style consiste à répéter des termes en début de phrases, de vers ou de propositions.

Un exemple ?  « Cœur qui a tant rêvé / O cœur charnel / O cœur inachevé, / Cœur éternel », Charles Péguy

Le parallélisme

Un parallélisme est très reconnaissable, il s’agit de la répétition de la même construction syntaxique.

Un exemple ?  « Innocents dans un bagne, anges dans un enfer », Victor Hugo

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L’anadiplose

Il s’agit de la reprise juxtaposée de mêmes mots au sein d’une phrase.

Un exemple ?  « Comme le champ semé en verdure foisonne, de verdure se hausse en tuyau verdissant », Du Bellay, Les Antiquité de Rome

L’épanadiplose

Cette figure consiste à reprendre à la fin d’une proposition le même mot que celui qui était situé au début, il s’agit de l’inverse de l’anadiplose.

Un exemple ?  « L’homme peut guérir de tout, non de l’homme », Georges Bernanos

L’épanalepse

Il s’agit de la reprise d’un mot ou d’un groupe de mot au début d’une proposition (pour mettre en lumière ce fameux mot).

Un exemple ?  « Songe, songe, Céphise, à cette nuit cruelle », Jean Racine, Andromaque

L’anaphore

L’épiphore

Cette figure de style est reconnaissable assez facilement, il s’agit de la répétition d’un mot ou d’un groupe de mots à la fin de deux ou plusieurs phrases ou vers qui se succèdent.

C’est une figure de l’insistance et de l’inverse de l’anaphore.

Un exemple ?  « Longue comme des fils sans fin, la longue pluie, Interminablement, à travers le jour gris, Ligne les carreaux verts avec ses longs fils gris, Infiniment, la pluie, La longue pluie, La pluie. », Émile Verhaeren, Les Villages illusoires, La Pluie

La dislocation

La dislocation est une figure de style qui consiste à répéter un nom et un pronom là où ce ne serait pas utile.

Un exemple ?  « Moi, je ne pense pas », « Claire, elle n’aime pas les pâtes” ».

L’ellipse, la figure de l’omission

L’ellipse omet volontairement des éléments dans une phrase donnée (qui devraient normalement être présents). Mais rassure-toi, même s’il manque des mots, la phrase est tout à fait compréhensible. Seuls les mots dont le sens est implicite peuvent être retirés.

Un exemple ?  « Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage », Du Bellay

Eh oui, il faudrait plutôt comprendre : heureux est la personne qui comme Ulysse a fait un beau voyage.

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Les figures d’opposition

L’antithèse

Cette figure de style rapproche dans une phrase, deux mots de sens opposés.

Un exemple ?  « Je sentis tout mon corps et transir et brûler », Jean Racine

L’oxymore

Cette figure de style réunit deux termes opposés dans un paradoxe apparent.

Un exemple ?  « Un silence assourdissant », Albert Camus

L’antiphrase

Il s’agit d’une formulation qui exprime le contraire de ce que l’on pense.

Un exemple ?  « Je suis dans de beaux draps ! »

Un chiasme

Cette figure de style consiste en un enchaînement de deux expressions, dans lequel la deuxième adopte l’ordre inverse de la première (A-B / B’-A’)

Un exemple ?  « Il y a de l’Urgo dans l’air, il y a de l’air dans Urgo. »

Un paradoxe

Cette figure de style consiste à énoncer une opinion contraire à l’idée commune.

Un exemple ?  « Les premiers seront les derniers. »

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Les figures de substitution

Ces figures de style remplacent un terme par un autre terme ou par toute une expression.

La métonymie

Cette figure de style désigne un objet, une idée, un être par un autre mot qui lui est associé par un lien logique, une relation analogique.

Un exemple ?  « C’est une décision de l’Elysée », « manger un morceau », « boire un verre »

La synecdoque

C’est une métonymie qui consiste à nommer un tout pour désigner une partie ou l’inverse.

Un exemple ?  « Les voiles disparurent à l’horizon. », « La France a gagné contre l’Allemagne. »

La périphrase

Cette figure de style remplace un mot par une expression qui le définit.

Un exemple ?  « La langue de Shakespeare ».

L’antonomase

Cette figure de style consiste à employer un nom propre comme nom commun.

Un exemple ?  « Cet homme est un Apollon »;

Utiliser les figures de style au bac

Les figures de style les plus utilisées

Tu l’as compris, les figures de style sont très utilisées dans la littérature et même à l’oral (sans que tu ne t’en rendes compte). Les plus communes sont sans doute la comparaison, la métaphore, la périphrase, la métonymie et la personnification.

Il est impératif de bien maîtriser ces principales figures de style pour bien réussir tes commentaires de textes. N’hésite pas à également regarder d’autres articles notionnels utiles pour les commentaires des textes !

Les figures de style dans un commentaire de texte

Pour trouver des figures de style lors d’un commentaire de texte, il faut d’abord les connaître et les mémoriser. Pour cela, plusieurs méthodes sont à ta disposition. Tu peux par exemple procéder via des fiches mnémotechniques ou des cartes mentales. Tu peux aussi retenir un exemple de chaque figure de style que tu apprends pour toujours t’y référer. Rassure-toi cependant, tu n’as besoin d’apprendre toute la liste par cœur.

L’essentiel lors d’un commentaire de texte est d’être capable d’expliquer à quoi correspond une figure en particulier et de citer un exemple à chaque fois. N’hésite pas à t’entrainer et à pratiquer cet exercice.

Les figures de style pour l’oral du bac

Les figures de style peuvent aussi t’être utiles lorsque tu parles à l’oral et notamment pour tes oraux du baccalauréat. Par exemple, si tu te rends compte que tu fais souvent des pléonasmes, tu seras plus à même de te corriger afin de t’améliorer. Si utilises des figures de style à l’oral, c’est aussi le signe d’une bonne maîtrise de la langue française et c’est ça qui peut faire la différence.

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