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Le roman et le récit du Moyen-Âge au XXIe siècle

À lire dans cet article :

Le genre romanesque est un genre très répandu, mais qui contient de nombreuses spécificités, à connaître lors de ta scolarité au lycée. Dans cet article, nous te proposons donc de retracer les éléments essentiels du roman et du récit afin de te permettre de briller lors des épreuves du bac français.

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Qu’est-ce que le roman ?

Pour commencer, le roman est un récit d’imagination, qui crée un univers qui lui est propre avec des lieux, une temporalité, des personnages et même une société.

La naissance du roman

Le terme « roman » vient de l’ancien français « romanz », qui désignait les textes écrits en langue vulgaire, c’est-à-dire l’ancien français (en opposition à la langue savante, le latin). Contrairement au théâtre ou à la poésie, le roman n’existait pas durant l’Antiquité. Ce genre est en effet l’héritier des épopées, qui sont de longs textes héroïques écrits en vers et qui racontent les exploits de héros.

L’importance du héros

Le roman est intimement lié à la notion de héros, dont il retrace le parcours. Durant l’Antiquité, le terme désigne un demi-dieu (Hercule, Achille, etc.) ou un humain qui accède au statut de demi-dieu grâce à son courage et ses exploits (comme c’est le cas pour Ulysse). Au Moyen-Âge, le héros est également un modèle, incarné par la figure du chevalier. Ce dernier doit en effet répondre à un code d’honneur très strict et incarne bien souvent le personnage principal des romans de chevalerie.

Ainsi, le roman est à l’époque médiévale en lien avec la chanson de geste, chantée par des troubadours. Sa forme écrite lui permet cependant de développer le récit des aventures narrées.

Les principaux courants romanesques

Les romans de chevalerie

Les romans de chevalerie ont pour caractéristique de retracer les aventures de héros. Ces héros présentent des qualités de cœur et d’esprit ; ils sont valeureux et dévoués à leur mission ou à la protection d’une gente dame.

Parmi les missions les plus célèbres se trouve celle de la quête du Graal. Elle est menée par les chevaliers de la Table ronde sous l’égide du roi Arthur. Cette légende transmise de manière orale a été mise par écrit par de nombreux auteurs, en particulier Chrétien de Troyes. Ce dernier est l’auteur, au XIIe siècle, de romans retraçant les aventures de divers chevaliers (Yvain et le Chevalier au lion, Lancelot ou le Chevalier à la charrette, Perceval ou le Conte du Graal).

En plus de la quête du Graal, ces romans développent des intrigues liées à l’amour courtois, comme dans Tristan et Yseult de Béroul au XIIe siècle. L’amour courtois est une expression désignant au Moyen Âge la façon d’aimer avec courtoisie, respect et honnêteté sa ou son partenaire, dans le but commun d’atteindre la joie et le bonheur.

Le Roman de Renart

Le Roman de Renart retrace les aventures rocambolesques du plus célèbre goupil (renard) du Moyen-Âge, appelé Renart, et de ses compères (le loup Ysengrin, le blaireau Grimbert, etc.). Cette fable animalière rencontre beaucoup de succès, en raison de la représentation des caractères humains par les animaux. Par le biais de ces derniers, certains comportements sont moqués, tournés en dérision, tout comme les défauts de la société, conférant à cette œuvre une forte dimension satirique.

La particularité de ce roman repose sur sa genèse : il est en partie anonyme et plus d’une vingtaine d’auteurs en ont écrit des branches, durant deux siècles. En se saisissant du personnage de Renart et en inventant de nouvelles aventures, ils ont enrichi le récit de plus de 80 000 vers. Ces romans sont tellement populaires que le nom du goupil, Renart, est aujourd’hui celui qui est utilisé pour désigner l’animal.

Le classicisme

Le terme « classique » désignait au XVIIe siècle les auteurs de l’Antiquité. Ensuite, ce terme a désigné le courant qui codifie l’art par des règles issues de l’Antiquité. Ce courant a pour caractéristiques d’analyser de manière critique des passions, par le biais d’une écriture sobre et épurée. Le but du roman classique est tout à la fois de plaire et d’instruire (placere et docere en latin). Il s’applique également aux fables, au théâtre et à la poésie.

Le classicisme apparaît en France sous le règne de Louis XIV : traumatisé par la révolte de la Fronde, le roi cherche à remettre de l’ordre et de la stabilité dans un pays ébranlé par les guerres de religion et de succession.

Les artistes majeurs de ce mouvement sont Madame de La Fayette, Sévigné, Perrault, La Fontaine, La Bruyère, auteur des Caractères, œuvre au programme du bac de français 2024.

Le romantisme

En Allemagne, au XVIIIe siècle le mouvement politique et littéraire « Sturm und Drang » (tempête et passion) est une révolution littéraire qui initie le romantisme européen. L’atmosphère inquiétante du gothique anglais du XVIIIe siècle influence aussi la naissance du romantisme. Le romantisme est donc un mouvement européen, particulièrement important en Angleterre, en Allemagne, en France, mais aussi en Pologne. En France, il débute en réaction à la Révolution française et aux conquêtes napoléoniennes avec les romans de Chateaubriand et de Madame de Staël et s’achève avec ceux de Victor Hugo (dans les années 1860).

En résumé, le romantisme est un mouvement qui met en avant la sensibilité, mais aussi le mal du siècle. De plus, le « moi » du romancier est exacerbé et tourmenté. En effet, certains artistes pré‑romantiques du XVIIIe siècle comme Rousseau ou Bernardin de Saint‑Pierre revalorisent la sensibilité comme moyen d’accéder à une autre forme de connaissance du monde. Le romantisme vise le primat du cœur sur la raison, contrairement au classicisme et aux Lumières. Dès lors, ce dernier met en valeur les passions, c’est‑à‑dire les sentiments forts, comme l’amour ou le désespoir. Les romantiques mettent l’expression de leur sensibilité personnelle au cœur de leurs œuvres. C’est la raison pour laquelle leurs récits sont empreints d’une influence autobiographique, même si elle n’est pas toujours explicitée.

Ce courant est aussi en vogue dans l’art et plus particulièrement la peinture, dont le tableau le plus connu est celui de Caspar David Friedrich, intitulé Le Voyageur contemplant une mer de nuages (1818), dont tu trouveras la reproduction ci-dessous :

Le roman épistolaire

L’attrait pour les sentiments et réflexions des personnages dans les romans du XVIIe siècle se poursuit à travers le roman épistolaire. En effet, le roman épistolaire consiste en un récit se construisant par les lettres échangées par les personnages et non par un narrateur. Ces lettres sont présentées comme vraies, bien qu’elles sont le fruit de l’imagination d’un seul auteur. Quel est l’intérêt d’un tel style ? Le système du roman épistolaire permet aux lettres de révéler directement la psychologie des personnages plutôt que d’utiliser un narrateur ou une narratrice pour les décrire.

Pour cela, l’auteur de ces lettres a recours à la polyphonie, c’est‑à‑dire le fait d’utiliser plusieurs voix (ici, narratives). Ce procédé permet de raconter un même évènement à travers les yeux de différent(e)s correspondant(e)s. Il peut alors acquérir plusieurs dimensions, être compris de différentes manières, selon les points de vue des personnages.

Au XVIIe siècle, le roman épistolaire a d’abord une visée psychologique : il permet de retranscrire les sentiments et les réflexions des personnages de la manière la plus authentique possible, grâce aux confidences. Cependant, au XVIIIe siècle, la première innovation apparaît avec les Lettres persanes de Montesquieu : des Persans voyagent en Europe et écrivent des lettres à leurs amis restés dans leur pays d’origine. Ce système permet d’observer les mœurs occidentales comme pourrait les voir un étranger. On peut par exemple y lire la critique des institutions gouvernementales et religieuses. Ces lettres, publiées anonymement, étaient présentées comme de véritables lettres de Persans, ce qui leur permit d’éviter la censure.

Le roman épistolaire atteint son apogée à la fin du XVIIIe siècle avec Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, à la fois roman d’analyse psychologique et roman libertin. Finalement, la construction de ces romans permet à l’auteur de laisser une profonde ambiguïté à propos du dénouement, dans la mesure où le narrateur externe n’apporte pas de conclusion.

Lire aussi : La littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècle

Le réalisme

Contre le sentimentalisme du romantisme, les écrivains réalistes cherchent avant tout à représenter la réalité de la société. Ce mouvement se développe notamment en France et au Royaume‑Uni avec Charles Dickens ou Thomas Hardy, mais aussi en Russie avec Fiodor Dostoïevski. Il émerge pendant la première révolution industrielle et perdure jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Les éléments centraux du réalisme sont la volonté de « faire vrai », à travers l’observation du quotidien des gens, en particulier dans les milieux défavorisés, ceux des ouvriers, en analysant leurs mœurs et leurs modes de vie, en représentant la réalité de la manière la plus fidèle possible.

Le roman et la peinture réalistes représentent désormais tous les milieux sociaux, y compris les milieux bourgeois dans la banalité de leur quotidien et la classe ouvrière qui vient d’apparaître avec la révolution industrielle.

Honoré de Balzac, chef de file du réalisme, donne dans La femme supérieure (1838) la définition de ce mouvement : pour lui, « [L’auteur réaliste] a pour idée fixe de décrire la société dans son entier, telle qu’elle est : avec ses parties vertueuses, honorables, grandes, honteuses, avec le gâchis de ses rangs mêlés, avec sa confusion de principes, ses besoins nouveaux et ses vieilles contradictions ».

Le naturalisme

Le naturalisme est un courant littéraire français issu du réalisme, mais le naturaliste se voit comme un scientifique qui, par ses romans, procède à des expériences. Le naturalisme se développe des dernières années du Second Empire jusqu’à la fin du siècle, à une époque d’industrialisation, de développement du capitalisme ainsi que de progrès scientifiques et techniques. En ce sens, Emile Zola est particulièrement influencé par les théories du médecin Claude Bernard, et souhaite appliquer à ses romans une démarche scientifique rigoureuse reposant sur l’observation des hommes et de leur milieu, en se focalisant également sur les facteurs héréditaires qui font d’eux ce qu’ils sont.
L’œuvre la plus connue est sans aucun doute la fresque romanesque des Rougon-Macquart, écrite par Zola, qui comprend une série d’une vingtaine de romans, dont Germinal, L’Assommoir, La Fortune des Rougon, etc.

Le Nouveau Roman

Le nouveau roman désigne les œuvres d’un groupe d’écrivains français entre les années 1960 et 1990. Ces dernières ont pour caractéristique commune de rejeter les codes traditionnels du roman.

Le Nouveau Roman met souvent en avant le flux de conscience (ou courant de conscience : technique d’écriture qui cherche à transmettre le point de vue cognitif d’un individu en donnant l’équivalent écrit du processus de la pensée). On assiste également à la mise en place de répétitions et d’une narration non linéaire : la narration ne suit pas la chronologie du temps.

Les œuvres de ce courant sont aussi remarquables par leur manque de sens. Les personnages ne trouvent pas de sens à leur vie, à ce qu’ils font. Il y a donc un fond de résignation, de tristesse, de désolation qui fait suite aux événements de la Seconde Guerre mondiale. Pour en savoir plus sur ce courant particulier, nous t’invitons à consulter notre article dédié à ce thème.

La représentation du monde : l’univers romanesque

Le romancier choisit de situer son récit dans une époque et un lieu qui colorent fortement sa narration :

  • Madame de La Fayette situe l’intrigue sentimentale de La Princesse de Clèves en 1559 à la Cour de France ;
  • Stendhal, dans Le Rouge et le Noir, fait évoluer Julien Sorel en province puis à Paris en 1830 pendant la Restauration, époque contemporaine de la publication.
  • Marguerite Yourcenar, auteure du XXe siècle, raconte dans les Mémoires d’Hadrien, les souvenirs fictifs d’un empereur romain au IIe siècle après Jésus-Christ.

Individu, morale et société

Les enjeux du roman sont pluriels et ce genre passionne les lecteurs, car il leur permet de réfléchir à l’homme et à la société. Le roman permet de porter un regard critique sur cette dernière : il dénonce les travers de nos mœurs et les vices de l’homme et invite ainsi le lecteur à exercer son esprit critique ou à relire l’Histoire par le biais d’une histoire.

De l’individu à la condition humaine

Par ailleurs, le roman favorise l’identification et l’introspection par un effet de miroir avec les personnages. L’exploration psychologique est un enjeu majeur du roman et amène le lecteur à comprendre ses propres émotions. On suit des héros dans leur apprentissage de la vie comme Julien Sorel dans le récit stendhalien qui découvre l’amour, la politique et les relations sociales. De plus, le lecteur s’immerge dans leurs pensées et leurs sentiments partageant les affres de la Princesse de Clèves qui livre un combat entre l’amour et la vertu.

Enfin, le roman permet plus largement une réflexion sur l’Homme et sa place dans le monde, sur la condition humaine et le sens de l’existence. Par exemple, La Princesse de Clèves conduit à se poser des questions existentielles : comment vivre son amour quand il est interdit par la morale ? Comment échapper à l’adultère quand tous les événements de cour vous rapprochent de votre amant ? La vertu rend-elle heureux ? Le bonheur passe-t-il par la réalisation des désirs ? Ce genre touche donc également à des questions philosophiques et engage une véritable réflexion sur de nombreux thèmes de la vie.

Pour aller plus loin

Pour approfondir ce thème très vaste compte tenu de la diversité et de l’étendue des productions romanesques à travers les siècles, nous te proposons de visiter le site Lumni, qui te propose un résumé avec une approche différente de ce thème.

Conclusion

En définitive, on peut dire que le roman propose une représentation du monde qui passe par la création d’une intrigue ancrée dans un lieu et une époque déterminés et par la présence de personnages. Du héros au anti-héros, la littérature connaît une évolution au cours des siècles. Finalement, le genre romanesque permet de réfléchir sur la condition de l’homme et sa place dans le monde.

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