Stendhal le rouge et le noir

Le Rouge et le Noir, Stendhal : résumé et analyse

À lire dans cet article :

Le Rouge et le Noir est un grand classique de Stendhal. Nous t’avons donc concocté une fiche de révision complète pour te donner un aperçu de tout ce que tu dois savoir sur cette œuvre ! Un résumé, une analyse, des œuvres à mettre en relation : Julien Sorel n’aura plus aucun secret pour toi !

 Si cette année Le Rouge et le Noir ne figure plus sur la liste des œuvres à connaître sur le bout des doigts pour le bac de français, il est toujours bon d’avoir des références à utiliser ! Dans cet article, tu trouveras un résumé et des pistes d’analyse sur cette œuvre emblématique. 

Une citation de Stendhal

Comment commencer cette fiche de révision sans une citation de Stendhal lui-même ? Si l’auteur nous a offert nombre de phrases mémorables, nous te proposons de retenir celle-ci, courte et efficace, et surtout particulièrement claire.

Un roman est comme un archet, la caisse du violon qui rend les sons, c’est l’âme du lecteur.” Nous citerons également plus loin dans l’analyse : “un roman, c’est un miroir qu’on promène le long d’un chemin”.

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Qui est Stendhal ?

Marie-Henri Belle, plus connu sous le nom de Stendhal, est né le 23 janvier 1783 à Grenoble et décédé le 23 mars 1842 à Paris. Stendhal est un écrivain français reconnu pour ses œuvres et notamment pour Le Rouge et le Noir.

Il écrit Le Rouge et le Noir en 1830. Il s’agit du deuxième roman de l’auteur après Armance et signe son plus grand chef d’œuvre.

Le Rouge et le Noir, un peu de contexte

1830, une année clef

Le Rouge et le Noir, sous-titré Chroniques du XIXe (puis Chroniques de 1830), a été publié pour la première fois en 1830 (logique). Il s’agit du deuxième roman de Stendhal. Pour te donner un contexte historique précis : en 1830, les révolutions françaises mettent fin à la restauration, c’est-à-dire au retour de la monarchie qui a eu lieu entre 1814 (abdication de Bonaparte) et 1830 (révolution des Trois Glorieuses).

Attention, si tu penses au soulèvement populaire décrit par Victor Hugo dans Les Misérables, sache qu’il s’agit de celui de 1832, et non pas 1830 (oui, c’est une période compliquée) !

Le genre du Rouge et le Noir

Le Rouge et le Noir peut au premier abord passer pour un simple roman dit d’apprentissage. C’est l’un de ces romans populaires à l’époque racontant la jeunesse du protagoniste, ses premières expériences professionnelles et amoureuses, souvent son ascension sociale (et parfois sa chute, comme ici). Parmi les romans d’apprentissage du même siècle, citons L’éducation sentimentale (de Flaubert) ou Bel Ami (de Maupassant).

Le XIXe est riche de nombreux courants littéraires et d’auteurs célèbres. Stendhal (début XIXe) fait partie des auteurs ayant vécu la Révolution : il écrit en pensant à l’impact des événements historiques sur les individus, et non pas sur la nation.

Le Rouge et le Noir est publié dans une période ou le genre romanesque se développe énormément.

L’affaire Berthet, une source d’inspiration ?

Nous te conseillons de te renseigner sur l’affaire Berthet, fait divers survenu en 1827, et qui a largement inspiré Stendhal !

Les personnages dans Le Rouge et le Noir

Le Rouge et le Noir est un roman qui détaille énormément la psychologie des personnages, notamment du protagoniste (personnage principal). Avant d’entrer dans le vif du sujet, voici donc un petit tour d’horizon des personnages !

Le protagoniste

Julien Sorel est le personnage principal. Jeune homme intelligent (voire rusé), charmant et surtout très arriviste, il est fils d’un charpentier de province. Méprisé par sa famille à cause de sa faible constitution, il se réfugie très jeune dans les livres, devient un très grand fan de Napoléon. Il va très vite user de son intelligence et de ses charmes pour gravir pas à pas l’échelle sociale. Sorel est tiraillé entre son orgueil et un sentiment d’infériorité envers ceux qu’il va côtoyer, plus riches et “mieux nés” que lui.

Les personnages secondaires

Madame de Rênal est la femme du maire de la ville de Verrière, et deviendra la première maîtresse de Julien, dans le dos de son mari Monsieur de Rênal. Ce dernier, qui a employé le jeune homme comme précepteur pour ses enfants, a toute confiance en lui. Il ne se doute pas que Julien va séduire sa femme et découvrir auprès d’elle l’amour et la grande vie.

Monsieur Valenod est le second maire de Verrières, et très jaloux de Monsieur de Rênal et de Julien Sorel, car il aimerait avoir une femme et une amante comme Madame de Rênal.

Elisa, la femme de chambre de Madame de Rênal, amoureuse de Julien. Quand il la repousse, elle répand la rumeur de l’adultère entre Madame de Rênal et Julien, en révélant tout à Monsieur Valenod.

Le Marquis de la Mole est ministre du roi, et le second employeur de Julien. Sa fille Mathilde de la Mole s’éprend du jeune Sorel, et une relation tumultueuse commencera, entre Mathilde qui cherche à fuir son ennui de jeune aristocrate, et Julien tout à son ambition.

L’Abbé Pirard est le protecteur de Julien pendant son séjour au séminaire (entre son passage chez Monsieur de Rênal et le Marquis de la Mole). Le curé Chélan, lui, est l’abbé de Verrières et le premier protecteur de Julien (il le recommandera à Monsieur de Rênal).

Le Rouge et du Noir résumé

On te conseille vivement de lire ce chef-d’œuvre, non seulement pour ta culture (voire ton plaisir !) personnelle, mais que tu l’aies lu ou non, voici un résumé pour te (re)mettre en tête l’essentiel du roman !

D’une famille de charpentiers à l’amant de la femme du maire

L’œuvre conte l’histoire de Julien Sorel, jeune homme de 19 ans issu d’une famille pauvre de la campagne française. Au début du roman, Julien est engagé en tant que précepteur pour les enfants de Monsieur de Rênal, maire de Verrières, petite ville de Franche-Comté. Lors de sa rencontre avec Madame de Rênal, femme du maire, le jeune homme tombe sous le charme. Contre toute attente, Madame de Rênal finit elle-même par s’éprendre de Julien et les deux jeunes gens mènent alors une romance adultérine.

Julien vit de réels moments de bonheur aux côtés de Madame de Rênal, qui l’initie à l’amour ainsi qu’à la vie de la haute société de province. Dans le même temps, Julien repousse les avances d’Élisa (la femme de chambre de Madame de Rênal), qui, par vengeance, ébruite leur amour. Madame de Rênal, par peur pour son mariage et sa réputation, décide de faire renvoyer Julien. Il finit donc par quitter sans trop de regrets les enfants de Rênal ainsi que son amante.

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Du séminaire à l’anoblissement

Après un passage au séminaire, Julien fait la rencontre de M. de La Mole et de sa fille, Mathilde, avec laquelle il entame une relation amoureuse orgueilleuse et passionnée. Mathilde apprend qu’elle est enceinte et convainc son père de la laisser épouser Julien, non sans mal. M. de La Mole finit par accepter cette union et anoblit Julien qui devient alors le chevalier Julien Sorel de la Vernaye. Le jeune homme est fou de joie.

Mais son bonheur est de courte durée. Madame de Rênal, en apprenant ce mariage, est terriblement blessée car elle aime encore Julien d’un amour passionnel et tragique. De plus, son plus jeune enfant est terriblement malade, ce qu’elle interprète comme un châtiment divin pour punir son adultère, et un signe qu’elle doit avouer. Elle décide d’envoyer une lettre à M. de La Mole, dans laquelle elle décrit Julien comme étant un séducteur infâme et sans scrupule. M. de La Mole, furieux, annule le mariage. Julien, hors de lui, s’en prend physiquement à Madame de Rênal : il croit même l’avoir tuée d’un coup de pistolet, mais n’a fait que la blesser.

D’un futur mariage glorieux à l’échafaud

Julien est emprisonné. Mathilde veut sauver son amour et fait tout pour l’aider. Elle passe le voir plusieurs fois par jour, et se retrouve face à un Julien lassé d’elle et de vivre, qui attend passivement son jugement. Madame de Rênal elle-même le défend devant les juges à travers une lettre où elle assure lui avoir pardonné.

Il est condamné à mort, après avoir prononcé un discours où il se présente successivement en jeune homme révolté de sa naissance pauvre, souligne la préméditation de son crime (se condamnant ainsi à mort), et dénonce l’injustice de la société. Il se pose en martyr. Stendhal montre ici son soin de dépeindre la réalité sociologique de son époque, une caractéristique du roman réaliste : “un roman, c’est un miroir qu’on promène le long d’un chemin”, dit-il.

Le destin des trois personnages principaux est alors scellé : Julien est décapité, Mathilde effondrée et Madame de Rênal meurt de chagrin trois jours plus tard.

Le Rouge et le Noir analyse

Focus sur le titre

Le roman raconte l’ascension sociale d’un jeune arriviste, Julien Sorel. Il rêve de se tailler une place de choix dans la société en endossant le Rouge de l’uniforme militaire, ou bien le Noir de l’uniforme clérical (l’armée et le clergé étant les deux moyens pour un jeune homme de petite naissance de s’élever). C’est en tout cas l’interprétation la plus populaire de ce titre, pour lequel Stendhal n’a pas donné d’explication.

Le Noir peut aussi désigner les ambitions sombres d’ascension sociale de Julien, tandis que le Rouge représenterait ses véritables passions amoureuses.

Julien, un représentant de la jeunesse pauvre et ambitieuse du XIXe siècle

Le protagoniste de l’histoire est un jeune fils de charpentier caractérisé par différentes esthétiques et valeurs dans ce roman. C’est grâce à son parcours spatial et social, à la place des pères (biologiques et de substitution) tels que l’abbé Chélan ainsi qu’au rôle déterminant de Madame de Rênal que Julien sera formé et éduqué. Il agit alors non pas comme une représentation des jeunes de son époque, mais plus comme la personnification d’un fantasme d’élévation sociale qui reste inaccessible à la majorité.

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Un arriviste passionné par Napoléon

Julien est un jeune homme timide, fragile, sans expérience de la vie. Il lui arrive même de pleurer à plusieurs reprises au début du roman. De plus, il entretient une relation chaotique avec son père et ses grands frères, qui le méprisent pour sa faible constitution physique et son goût pour l’étude. C’est pour cette raison notamment que Julien n’a pas le sentiment d’appartenir à sa famille. Il se présente comme descendant d’une autre race que celle des Sorel. Julien préfère lire plutôt que de travailler avec son père.

Il est à la recherche d’une nouvelle identité, d’un lieu plus familier et précieux, plus noble, pour lequel il pense être taillé. Car malgré son apparente timidité, Julien est un jeune homme ambitieux et arriviste. Grand fan de Napoléon, il commence déjà à développer l’une de ses grandes caractéristiques : pour lui, tout est un combat, de la vie, à l’amour, à l’ascension sociale.

Une ascension sociale trouble

Si la famille Sorel est pauvre, le goût et le talent de Julien pour l’étude l’aideront à s’élever bien au-dessus de sa classe sociale. Il va oublier son nom et ses origines (en apparence, du moins) pour rejoindre la classe supérieure et devenir successivement, précepteur séminariste, secrétaire, émissaire politique et même lieutenant.

Cependant, au fond de lui, Julien a toujours une conscience aiguë de ses origines, et un désir intérieur de révolution. Il est tiraillé entre son ambition, ses passions, son admiration pour Napoléon, sa rage de s’élever au-dessus d’une famille qu’il méprise lui-même.

Un personnage silencieux

D’un bout à l’autre du roman, le silence de Julien étonne. Dans chaque interaction avec les autres personnages, il parle peu, même à travers son langage corporel. Il n’avoue jamais vraiment ses sentiments ni ses intentions, ce qui le place presque dans un autre monde que les autres personnages. Le lecteur perçoit cette distance immense entre le jeune Sorel et les autres : ni paysan, ni bourgeois, ni noble. Il est extrêmement seul.

Même face à Mathilde de la Mole, qui l’admire pour son aspect si différent d’elle, il se montre peu clair et communique peu. Seul le lecteur, de son point de vue interne, a accès à la complexité et à la brutalité des pensées de Julien.

Une révolution

Le discours de Julien, qu’il prononce en sachant qu’il se condamne, peut sembler être le point d’orgue de sa chute. Emprisonné, il va être bientôt décapité, alors que quelques semaines plus tôt il recevait anoblissement et promesse de mariage à une sublime jeune fille.

Mais ce discours peut être vu, au contraire, comme une apothéose : un dernier acte de courage, une rébellion de sa véritable personne derrière le décorum dans lequel son ascension sociale l’a enfermé. Il se pose en martyr, mais ce discours qui peut sembler victimaire (où il accuse sa basse naissance et l’injustice de l’ordre social d’avoir été l’artisan de ses actes et de sa mort à venir) est également un miroir étonnamment juste de la société dans laquelle il vit.

Avec ce discours, Stendhal s’inscrit dans la lignée des romans réalistes, ancre son personnage dans l’époque, et rappelle où se trouve l’un de ses plus grands talents : montrer les effets de l’Histoire et de la société sur les individus.

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La conclusion de l’analyse du Rouge et le Noir

Une fin paradoxale

Il est temps de conclure cette (longue) fiche sur un monument de la littérature française. La fin du roman, cette décapitation de Julien qui afflige les femmes qui l’ont aimé (jusqu’à faire dépérir Madame de Rênal), est bien plus que le châtiment d’un meurtrier. Elle souligne à la fois la faiblesse et la force de Sorel. Ses objectifs brisés, son honneur sali, son orgueil blessé, il semblait ne plus rien lui rester à part la violence. Mais il parvient à canaliser sa rage, sa haine, son orgueil, son expérience dans un discours marquant, sincère, et courageux.

Julien Sorel peut être considéré d’une part comme un héros, un jeune courageux qui souhaite réaliser ses rêves et se détacher d’une société qui l’étouffe et le bride ; et d’autre part comme un antihéros, séducteur arriviste et ambitieux, mort après l’échec de ses rêves, dans une ultime séquence de victimisation.

Des textes pour une ouverture

Nous avons déjà mentionné, en parlant de romans d’apprentissage, Bel Ami de Maupassant (que je te recommande, à titre personnel, de lire : c’est un roman passionnant !) et L’Éducation Sentimentale de Flaubert.

Dans Bel Ami, le protagoniste est lui aussi d’origine modeste ; de femme en femme, d’amantes en amantes, à force d’intelligence et de ruse, il va connaître une ascension sociale fulgurante. Anti-héros savoureux, même si il n’a pas la dimension touchante de Julien (car Bel Ami, de son vrai nom George Duroy, ne possède pas ces convictions et cette fragilité, cette passion qui font de Sorel tant un héros qu’un anti-héros), il lui ressemble par son parcours. Bel Ami, lui, va réussir son ascension et connaître la gloire, la richesse, le succès, et même le sacro-saint anoblissement.

Dans L’Éducation sentimentale de Flaubert, le héros, Frédéric Moreau, est également un petit provincial qui cherche à trouver sa place parmi les mondains parisiens. Obsédé par un amour sincère pour une femme qui lui restera toujours inaccessible, il voit dans ses différentes relations des outils au service de sa fortune, et parfois de sa vengeance envers ce premier amour déçu. La fin est également désenchantée : si Frédéric n’est pas décapité, il perd ses illusions et se rappelle avec nostalgie d’une époque où il ne s’encombrait pas de ses ambitions.

Maintenant que tu sais tout du roman Le Rouge et le noir, n’hésite pas à réviser la méthodologie de l’oral avec notre fiche de méthodologie ultime.

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