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SES : l’impact de la croissance démographique sur la croissance économique

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Dans cet article, nous faisons le point avec toi sur l’impact de la croissance démographique sur la croissance économique. De quoi enrichir tes copies de sciences économiques et sociales (SES).

Selon un rapport datant de janvier 2022 de l’Institut national des études démographiques, en 2080, il y aura 15 milliards d’individus sur Terre, une multiplication par deux de la population actuelle. D’où l’importance d’analyser l’impact de la croissance démographique sur l’économie.

L’impact négatif de la croissance démographique sur la croissance économique

Tout d’abord, la croissance démographique peut avoir des effets néfastes sur la croissance économique. En effet, les ressources naturelles peuvent s’avérer être insuffisantes pour répondre au besoin d’une population qui subit une croissance démographique, ce qui peut freiner la croissance économique sur le long terme. C’est ce que dénonce Malthus, dans son ouvrage Essai sur le principe de population publié en 1798, lorsqu’il affirme que la population augmente de manière géométrique, tandis que les ressources agricoles et les produits de subsistances augmentent de façon arithmétique. On rattache cette explication à la loi des rendements agricoles décroissants de Turgot, inspirée de la loi des rendements décroissants de Ricardo. Ainsi, Malthus préconise la chasteté et les mariages tardifs qui permettront une limite au nombre de naissances. En effet, la croissance démographique, et plus particulièrement la surpopulation relative, est selon lui à l’origine d’une pauvreté massive. C’est pourquoi il préconise l’abrogation des poor laws, instaurée en 1795 et abrogée en 1834 en Grande-Bretagne. Il suppose aussi que des mécanismes régulateurs et des freins répressifs à la croissance démographique comme des guerres et famines vont se mettre en place, pour réduire la population et rétablir un équilibre naturel.

Par ailleurs, les effets néfastes de cette croissance démographique impactent davantage la croissance des pays en développement. Effectivement, la croissance démographique peut fortement impacter de façon négative la croissance économique d’un pays, mais également son niveau de développement. Les pays du tiers-monde voient leur croissance économique être davantage touchée par un accroissement de leur population. C’est ce que souligne  Paul Bairoch lorsqu’il précise que  “le Tiers-Monde est dans l’impasse”. En effet, celui-ci est confronté au phénomène prononcé par Lebenstein qu’est celui de “la trappe malthusienne”. Il s’agit d’un enfermement dans la pauvreté en raison d’un accroissement de la population, et dont il est difficile d’en sortir. L’ampleur de cette dynamique démographique s’illustre par une explosion des naissances avec près de 6 enfants par femmes. Par conséquent, il est plus difficile d’adapter le système d’infrastructures et le marché du travail à cet afflux massif avec pour conséquence une accentuation de la pauvreté du fait d’un fort taux de chômage. Ainsi, ces auteurs montrent qu’une croissance démographique entraîne un fort taux de pauvreté, ce qui freine alors le développement des pays et donc la croissance.

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Cet impact négatif est tout de même à relativiser

C’est en 1965, que Boserup montre qu’un accroissement de la croissance démographique peut stimuler l’innovation. Grâce à cette hausse de la population, le pays observe un accroissement de la demande de biens agricoles, ce qui induit une pression créatrice expliquant l’innovation aux fondements de la révolution agricole. On peut ici reprendre la phrase du poète Hölderlin : « là où croît le péril croît aussi ce qui sauve » (186). Ainsi, la pression démographique est vue comme un moteur de l’innovation, car celui-ci engendre la destruction créatrice.

De plus, pour l’auteur Becker, les jeunes générations supposent d’une plus grande adaptabilité au progrès technique du fait du caractère initialement vierge de leur capital humain, les actifs plus âgés sont victimes d’une forme de « dépendance au sentier » de leurs connaissances et ne s’adaptent que difficilement à l’innovation en cours. En 1988, Lucas met l’accent sur l’intérêt d’une accumulation de capital humain de qualité, c’est un élément central de la croissance pour lui. Effectivement, le paradoxe de Solow, exposé en 1987 et disant que « les ordinateurs sont partout sauf dans les statistiques de la productivité », peut être résolu si l’on possède une population active capable d’utiliser les nouvelles techniques. D’ailleurs, Beaudry et Green, exposent en 2000, un modèle qui explique que l’adoption de nouvelles technologies est plus rapide dans les sociétés avec une croissance démographique du fait d’un rajeunissement de la population.

Et n’oublions pas la célèbre citation de l’économiste mercantiliste français Jean Bodin « il n’est de richesse que d’hommes », qui indique qu’une forte population encourage la production et les exportations, et donc, au XIXe siècle, l’afflux d’or. Les thèses les plus récentes ne reprennent pas la même argumentation en termes d’afflux d’or, mais cette corrélation positive entre croissance démographique et croissance économique est toujours bel et bien d’actualité !

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