état providence

SES : L’État providence est-il en crise ?

À lire dans cet article :

Dans cet article, nous revenons avec toi sur l’État providence, sa définition et son avenir dans notre société moderne. Une notion à connaître sur le bout des doigts pour l’épreuve de SES du baccalauréat. Est-ce la fin de l’État providence ?

L’État-providence est percuté de plein fouet par la crise du Covid-19. Un rapport remis à Matignon s’inquiète du niveau de la dette « sociale » générée par la situation économique et sanitaire : assurance-maladie, assurance-chômage, tous les comptes de la sécurité sociale atteignent des déficits records.

L’État providence, qu’est-ce que c’est ?

L’État-providence représente l’ensemble des interventions de l’État dans le domaine social qui visent à garantir un certain niveau de bien-être à l’ensemble de la population. La protection sociale assure la couverture contre les risques sociaux. Elle remplit une fonction de « démarchandisation » des individus : les droits sociaux permettent à l’individu de ne pas être réduit à l’état de marchandise.

Lire aussi : L’évolution des inégalités économiques depuis le début du XXème siècle

L’État providence : proposition de plan

I. Des États-providence en recul dans les pays développés

A. L’État-providence connaît des limites

C’est l’idée développée par Rosanvallon dans son ouvrage La Crise de l’État-Providence, publié en 1981. En effet, dans cet ouvrage, Rosanvallon développe une explication claire des raisons qui conduisent à une inefficacité et une situation de crise en ce qui concerne les politiques sociales. Les raisons de cette crise de l’État providence sont de trois formes : une crise de légitimité, une crise d’efficacité suivie d’une crise financière, ou aussi dit : des problèmes de financements.

B. Des politiques de maîtrise des dépenses de protection sociale qui réduisent le périmètre de l’État-providence

Il y a un fort recul de l’État-providence dans certains pays. Des politiques d’austérité dans les dépenses publiques nuisent aux progrès accomplis en matière de sécurité du revenu pour les enfants et leur famille. Sur les 27 pays de l’Union européenne, 19 ont enregistré une augmentation de la pauvreté des enfants entre 2007 et 2012. De plus un courant libéral, depuis les années 1980, limite l’intervention de l’État.

C. Une augmentation des inégalités économiques jugée légitime et efficace, d’où une remise en question de la redistribution verticale

Dans la théorie du ruissellement, les inégalités sont vues comme facteur de croissance. La théorie du ruissellement est une hypothèse économique selon laquelle l’État doit permettre l’enrichissement des personnes les plus riches afin que celles-ci réinjectent dans le système économique — par le biais de l’épargne (investissement) ou de la consommation — les revenus engrangés. Cela contribuerait à augmenter l’activité économique et l’emploi du reste de la société, plus que si les revenus investis avaient été prélevés et redistribués via les impôts et les prélèvements sociaux.

II. Mais ce recul ne signifie pas la fin de l’État-providence, jugé comme essentiel tant en termes de justice sociale que de croissance

A. Un consensus se dessine sur le fait que des inégalités économiques et sociales excessives nuisent à la croissance

L’augmentation des inégalités n’a pas conduit à l’amélioration de la situation des plus défavorisés (principe de différence non respecté) et la hausse des inégalités a réduit l’égalité des chances. Autre argument : l’existence de complémentarités entre la réduction des inégalités et la promotion de la croissance économique.

Lire aussi : L’égalité des chances à l’école

B. Repenser l’État-providence

Gosta Esping-Andersen préconise de penser autrement certaines dépenses sociales : non pas comme un coût qui entraverait la croissance économique, mais comme un investissement qui accompagne et soutient la transition vers l’économie de la connaissance. Substituer à une conception traditionnelle et statique des politiques sociales, visant à réparer les situations les plus difficiles ou bien à remplacer les revenus perdus, une perspective dynamique prenant en compte les trajectoires des individus.

C – Un État-providence qui se met en place progressivement dans les pays émergents

De nombreux pays à revenus intermédiaires mettent en place des projets ambitieux d’élargissement de leurs systèmes de protection sociale, contribuant ainsi à leur stratégie de croissance axée sur la demande intérieure. Ces pays empruntent des trajectoires qui leur sont propres et sont porteuses d’innovations. Ils offrent une grande variété de configurations. Ils n’empruntent pas la même trajectoire que celle suivie par l’Europe ou les États-Unis.

Tu cherches plus d’informations sur ton orientation ? Des articles sur différents points du programme pour t’aider à décrocher la meilleure note au bac ? Rejoins la team AuFutur sur Instagram et TikTok !

Tu veux plus d’informations et de conseils pour réussir tes examens et trouver ton orientation ? Rejoins-nous sur Instagram et TikTok !

À la une