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Arthur Rimbaud : biographie et œuvres

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Alors que les Cahiers de Douai sont au programme du bac de français 2024, nous te proposons dans cet article d’étudier la vie et l’œuvre de l’auteur de ce recueil de poèmes, Arthur Rimbaud.

Jeunesse et débuts d’Arthur Rimbaud

Tout d’abord, si tu souhaites directement consulter notre article sur les Cahiers de Douai, nous t’invitons à cliquer sur ce lien.

Arthur Rimbaud naît le 20 octobre 1854 à Charleville-Mézières, dans le nord de la France. Il grandit dans une famille stricte, marquée par son père, Frédéric Rimbaud. Ce dernier est militaire et impose une certaine discipline quand il est présent dans le foyer, même s’il y est rarement.

En 1860, alors qu’Arthur n’a que 6 ans, Frédéric Rimbaud abandonne définitivement sa femme et ses cinq enfants (Rimbaud est le deuxième de la fratrie).

À partir de ce moment, Vitalie Rimbaud, sa mère, prend en charge la famille d’une main de fer et a à cœur de renvoyer une image de respectabilité malgré son difficile statut de mère célibataire.

Une rencontre capitale

Dès qu’il commence l’école, Rimbaud se révèle un excellent élève : il gagne de nombreux premiers prix, en particulier dans les disciplines littéraires. Cela se poursuit au collège, où il gagne plusieurs prix d’excellence en littérature et latin, dont le plus prestigieux est le concours académique que remporte le jeune Rimbaud en 1869.

C’est en 1870 qu’Arthur Rimbaud fait une rencontre qui va changer sa vie : celle de George Izambard, son professeur de rhétorique. Les deux hommes se lient d’amitié et le jeune professeur alors âgé de 22 ans pousse Rimbaud vers la littérature. Il lui prête alors de nombreux ouvrages et l’encourage à écrire des poèmes. Dès lors, Rimbaud s’extrait progressivement du rude carcan maternel caractérisé par sa discipline et embrasse l’amour pour la littérature.

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Les premières fugues

Première fugue et séjour à Douai

L’émancipation de Rimbaud du carcan familial le pousse à écrire à Théodore de Banville, chef de file du mouvement littéraire du Parnasse, pour le rejoindre. On peut déjà voir ici la volonté de devenir poète, bien opposée aux idées de sa mère.

C’est alors qu’à la fin de l’été 1870, après une excellente année au cours de rhétorique de George Izambard, il fugue pour la première fois. Cependant, cette fugue est très courte car il est contrôlé sans billet à la Gare du Nord à Paris et placé en détention. Pour s’en libérer, son professeur paye sa caution et l’invite à passer quelque temps chez lui à Douai.

Il y reste quelques semaines avant d’être raccompagné chez sa mère et laisse, en partant, quinze poèmes à un éditeur local : Paul Demeny. Ce sont ces poèmes qui constituent le célèbre Cahier de Douai, au programme du Bac de Français 2024.

Deuxième fugue

Néanmoins, en octobre, Rimbaud fugue de nouveau. Il est à la recherche d’Izambard, qui s’est engagé volontairement dans le conflit contre la Prusse. Il donc retourne à Douai et donne sept nouveaux poèmes à Paul Demeny, toujours dans l’espoir d’être édité. Finalement, déçu dans ses espoirs de devenir journaliste, il se voit obligé de rentrer, toujours à Charleville.

Troisième fugue

Mais Rimbaud a soif d’aventure et ne peut tenir en place : il fugue en 1871 vers Paris pour rencontrer à la fois des communards et des poètes. Comme les deux fois précédentes, il est toutefois obligé de retourner chez sa mère, car il n’a pas de moyens de subsistance à Paris.

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Émancipation et affirmation de Rimbaud

Un tournant s’opère néanmoins dans la vie personnelle et poétique d’Arthur Rimbaud, à partir de son départ définitif de chez lui.

Le style de Rimbaud change par rapport à ses premiers poèmes, en adoptant un ton et des idées plus radicaux : ses textes prennent une tournure plus abstraite, et selon ses propres mots, moins « subjectif ». Par ailleurs, il est intéressant de noter que Rimbaud renie quelque temps plus tard les poèmes qu’il avait laissés chez Paul Demeny.

Relation avec Paul Verlaine

C’est sa relation avec Paul Verlaine (1844-1896), un poète de renom, qui va lui permettre de quitter définitivement Charleville. En le rencontrant, il parvient enfin à s’installer à Paris dans le but de la carrière de poète dont il rêve depuis enfant. À ce sujet, Verlaine donnait comme surnom à Arthur Rimbaud « l’homme aux semelles de vent », certainement en référence aux nombreuses fuites de son adolescence ainsi qu’au voyage que les deux hommes entreprennent de 1872 à 1873. Ce surnom semble particulièrement adéquat dans la mesure où il finira sa vie en voyage.

Rimbaud a déjà rencontré Verlaine brièvement lors du deuxième séjour dans le nord de ce dernier. Paul Demeny conseille alors à Rimbaud d’entamer avec lui une relation épistolaire, afin d’obtenir au départ un travail à Paris. Finalement, Verlaine l’invite chez lui au mois de septembre 1871.

Rapidement après l’arrivée du jeune poète chez Paul Verlaine, âgé de dix ans de plus que lui, marié de surcroît, les deux hommes entament une relation amoureuse chaotique. Tous deux fréquentent les bars parisiens, écrivent ensemble, mais de cette période, ce sont surtout les excès de Rimbaud et ses provocations dans les cercles littéraires et intellectuels qui laissent leur trace.

La séparation

Après une dispute entre un Rimbaud ivre et un célèbre photographe, Étienne Carjat, Verlaine décide de l’éloigner de Paris pour calmer les tensions ; les deux hommes partent donc ensemble en Angleterre et en Belgique. De ce voyage aussi chaotique que dans le cadre de leur idylle parisienne naît le recueil Une saison en enfer, publié en 1873.

Malgré tout, leur histoire se finit dans des conditions compliquées. En effet, le 10 juillet 1873, à l’issue d’une dispute, Paul Verlaine, ivre, tire au pistolet sur Rimbaud et le blesse au poignet. Cet événement est appelé le drame de Bruxelles, à l’issue duquel Verlaine est condamné à deux années d’emprisonnement.

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Une poésie de plus en plus abstraite : le symbolisme

Arthur Rimbaud a d’abord été proche du mouvement du Parnasse, prônant l’art pour l’art, c’est-à-dire pour servir la beauté avant tout et dénué de toute influence politique. Il devient par la suite le précurseur du Symbolisme : sa poésie cherche à atteindre un nouveau degré de réalité, plus spirituel, par le biais des symboles, des jeux d’échos et de correspondances dans le langage.

Si les premiers poèmes de Rimbaud sont encore assez figuratifs même s’ils sont empreints d’audace, le poète se tourne rapidement vers une poésie plus abstraite qui donne naissance au symbolisme. Si tu souhaites en savoir plus sur ce courant poétique, nous t’invitons à consulter notre article sur la poésie du XIXe au XXIe siècle.

Dès lors, dans son célèbre recueil des Illuminations, qui a pour caractéristique d’adopter une forme innovante, Rimbaud renie sa poésie des débuts, celle qu’il avait laissée sous la forme de feuillets à Paul Demeny.

Pour lui, le poète doit accéder à une autre perspective, et se faire le « voyant » du monde en accédant à une dimension supérieure, en accédant à un degré plus profond de la réalité. Ce dérèglement passe par un rejet du figuratif et du subjectif dans le langage poétique.

Le caractère rebelle de Rimbaud

Pour toutes ces raisons, Arthur Rimbaud est ce que l’on peut appeler un rebelle, en ce qu’il se détourne des normes de son temps, en en élaborant de nouvelles. D’abord, il s’enfuit de chez lui à plusieurs reprises ; il s’engage également dans une relation homosexuelle tumultueuse avec un père de famille de dix ans son aîné. Enfin, il brise les codes poétiques, puis renonce soudainement à la poésie.

Le renoncement : l’abandon de la poésie

À l’âge de 21 ans seulement, Arthur Rimbaud arrête définitivement la poésie. Il ne publie plus le moindre vers. Il s’est dit que ce désamour pour la poésie faisait suite à l’échec de sa relation amoureuse et créatrice avec Verlaine, mais on ne peut le dire avec certitude, lui-même ne s’étant pas prononcé sur cet arrêt. Peut-être est-ce aussi une réaction face au constat du jeune homme qui ne parvenait pas à révolutionner le langage comme il l’aurait voulu.

Cependant, ce qui importe dans cet abandon est que c’est que par cet acte symbolique, Arthur Rimbaud marque l’histoire de la poésie en devenant l’image de la fulgurance poétique. Il passe en effet de grand poète à 18 ans à l’avenir extrêmement prometteur, à retraité à 21 ans.

Une vie d’aventure émancipée des mots

Les faibles revenus de ses poèmes ne lui permettent pas de vivre le restant de ses jours sans travailler. Rimbaud s’engage dans une nouvelle vie professionnelle en devenant commerçant. Il voyage beaucoup, tient des comptoirs de troc en Orient et a même une rapide expérience avec le trafic d’armes en Éthiopie, ce qui participe à renforcer sa légende de poète-aventurier.

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Mort prématurée

À l’âge de 37 ans, en 1891, une tumeur au genou l’oblige à revenir de ses voyages. Il est alors soigné brièvement chez sa mère, puis repart en Afrique, avant d’être finalement contraint de se rendre à Marseille pour être hospitalisé puis amputé en juin 1891. Sa blessure est si grave qu’il meurt le 10 novembre 1891.

Conclusion

Arthur Rimbaud a eu une vie riche et dense. En seulement 37 années, il s’est forgé un statut d’icône de la jeunesse et de la poésie. Figure poétique majeure du XIXe siècle, il incarne la création fulgurante et prodigieuse avec des poèmes considérés comme à la base du symbolisme. Sa relation avec Paul Verlaine a fait couler beaucoup d’encre, à l’instar de sa décision d’arrêter la poésie à 21 ans.

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