La pensée sociologique de Tocqueville

La pensée sociologique de Tocqueville

À lire dans cet article :

Un article qui résume la pensée de Tocqueville, un auteur, sociologue français, qui a influencé le monde entier par sa pensée sur les États.

Qui était Alexis de Tocqueville ?

Alexis de Tocqueville est un penseur politique français renommé et reconnu pour son analyse perspicace de la société et de la politique. Issu de l’aristocratie française, Tocqueville était également un fervent défenseur des idées libérales. Son œuvre principale demeure un texte fondateur de la sociologie politique. Dans cet ouvrage, Tocqueville explore les caractéristiques et les conséquences de la démocratie émergente aux États-Unis. Il y évoque notamment ce qu’il appelle la « passion pour l’égalité », un concept central qui souligne l’aspiration profonde des sociétés démocratiques à réduire les inégalités sociales et à promouvoir la justice et l’égalité des chances pour tous les citoyens. À travers son analyse fine et subtile, Tocqueville met en lumière les défis et les tensions inhérents à la démocratie, offrant ainsi des perspectives cruciales pour la compréhension des sociétés modernes et de leurs dynamiques politiques.

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L’origine de la pensée

Tocqueville part aux États-Unis avec son ami Gustave de Beaumont pour un voyage d’études sur le système pénitentiaire. Le 1er janvier 1832, ils sont reçus par le président Andrew Jackson, à Washington. L’année suivante, il séjourne brièvement en Angleterre où il complète ses informations sur les systèmes démocratiques.

De ses notes de voyage, il tire la matière de son premier ouvrage, De la démocratie en Amérique, dont le premier tome est publié le 23 janvier 1835. La publication du deuxième tome, en avril 1840, vaut à son auteur d’être élu à l’Académie française en 1841.

La vision de la démocratie par Tocqueville

Tocqueville est considéré comme un des fondateurs de la sociologie politique : la démocratie est envisagée sous un double aspect : comme régime politique et comme « état social » (la société démocratique). Cet état social de la démocratie, c’est l’établissement d’un processus irréversible nommé l’égalité des conditions qui rompt avec les bases de la société aristocratique. En effet, les individus sont égaux en droit et une tendance générale à la réduction des inégalités se dessine.

D’autre part, si Tocqueville convient que les inégalités de fait peuvent malgré tout rester fortes, il explique que contrairement à la société aristocratique « les maîtres peuvent devenir serviteurs et l’inverse également » et que cette possibilité imprègne progressivement les mentalités dans la société démocratique.

Il est ainsi le précurseur d’une réflexion sur les liens démocratie-mobilité sociale et sur la notion de « moyennisation ». Cette dernière représente le rapprochement des modes de vie permis par la réduction des inégalités et le processus de constitution d’une vaste classe moyenne.

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Individualisme et passion pour l’égalité

Le sociologue français analyse la montée de l’individualisme, qui résulte de ce mouvement vers l’égalité et de l’effacement des liens de dépendance interindividuels dans la société démocratique.

Une forme de passion pour l’égalité se développe, car les inégalités sont source de frustrations et de moins en moins acceptées même si elles sont « minimes » et tendent historiquement à se réduire.

Les individus sont alors avant tout soucieux d’améliorer leur bien-être et ceci au moins «autant » que les autres, et se replient sur la sphère privée, délaissant la sphère publique. C’est cette attitude que Tocqueville qualifie d’individualisme, ce désintérêt croissant pour ce qui est collectif menace par conséquent les libertés.

Les menaces sur la démocratie

La passion pour l’égalité est-elle compatible avec le respect des libertés ? Le désintérêt de la chose publique peut conduire à accepter le despotisme c’est-à-dire soit la dictature, soit un despotisme « doux » qui respecte les grands principes de la démocratie politique, mais dans lequel la centralisation du pouvoir est excessive avec un État qui « veille » à tout.

Tocqueville met aussi en évidence les risques de la décision majoritaire qui prévaut dans les procédures démocratiques : même si ce mode de décision s’impose logiquement, cette règle de la majorité peut aussi nuire aux droits et libertés des minorités (de toutes natures), c’est le risque de tyrannie de la majorité.

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Comment lutter contre ces « dérives » ?

Le maintien de la démocratie politique, en s’inspirant de l’exemple américain, ne peut se faire qu’à travers la participation des citoyens (groupements intermédiaires) à travers le droit d’association. Celui-ci permet le développement de pratiques citoyennes sans recourir à un État tout-puissant, de faire ainsi office de contre-pouvoir. La décentralisation des pouvoirs (fédéralisme), la séparation des pouvoirs (L’esprit des lois, Montesquieu), la liberté de la presse sont également essentielles pour constituer des contre-pouvoirs face aux « gouvernants » et faire face aux risques de despotisme et de tyrannie de la majorité.

L’héritage de Tocqueville

Après la Seconde Guerre mondiale,  il est considéré comme celui qui a prévu les régimes totalitaires du
XXe siècle à travers les risques liés aux contradictions de la démocratie. C’est aussi une référence aujourd’hui par exemple sur le thème de l’abstention et sa progression dans beaucoup de pays ayant une longue tradition démocratique. Beaucoup de travaux contemporains s’inspirent de cet auteur pour réfléchir à la problématique de la conciliation entre recherche d’égalité entre les individus et reconnaissance de leurs différences.

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