Emily

Grand oral : le témoignage d’Emily

À lire dans cet article :

Le Grand oral, en vigueur depuis la réforme de 2021, approche à grands pas et tu n’es pas encore prêt(e) ? Pas de panique, nous sommes là pour t’accompagner et te donner les meilleurs conseils pour que tu puisses briller lors de cette épreuve. Découvre le témoignage d’Emily, étudiante en deuxième année de droit à l’Université Paris-Panthéon-Assas, après un baccalauréat général au Lycée Immaculée Conception de Pau, qui a passé l’épreuve du Grand oral en 2021. La jeune femme a connu quelques péripéties lors de son oral, mais elle a, malgré tout, réussi à décrocher la très belle note de 16/20. Emily revient sur son expérience avec nous, et partage avec toi quelques conseils pour réussir au mieux ton oral.

Grand oral 2024 : modalités et nouveautés 

Au cas où tu l’aurais oublié, le Grand oral est un examen oral (d’où son nom) demandant aux élèves de terminale de préparer deux questions durant toute l’année en lien avec l’un ou leurs deux enseignements de spécialités. Tu dois par la suite présenter ces deux questions à un jury, qui sélectionne une des deux problématiques préparées. Une fois le choix de la question fait, ton épreuve peut commencer. 

Objectifs du grand Oral

Le grand Oral a été mis en place par le gouvernement à partir de 2021. Le but ? Développer les capacités d’expression orale et de communication des candidat(e)s, en travaillant sur leur capacité à argumenter et à synthétiser des informations. 

Cette épreuve est destinée à préparer ces futurs étudiant(e)s à l’enseignement supérieur et au monde professionnel, ils apprennent à défendre un point de vue, à argumenter une idée et surtout à être éloquents. Cette épreuve leur permet d’acquérir des compétences de communication à la fois verbales et non-verbales.

Déroulement du grand Oral

L’épreuve dure 40 minutes au total, mais elle est répartie en différents temps, organisés comme suit :

  • 20 minutes de préparation. Une fois que tu connais la question choisie par le jury, tu as 20 minutes pour faire le point sur ce que tu vas présenter et rédiger quelques notes si tu en as besoin. Petit conseil, veille à ne pas trop écrire lorsque tu prends des notes puisque l’objectif ici n’est pas d’avoir l’intégralité de ta présentation sur ton brouillon, mais de pouvoir restituer tes connaissances à l’oral. Du coup, il est préférable de rédiger seulement des éléments clés pour qu’ils servent de support à ta présentation. Si tu rédiges trop, tu risques de perdre en spontanéité, ce qui rendra ton oral moins intéressant ou captivant pour les jurys.
  • 10 minutes de présentation. Eh oui, au final sur les 40 minutes, tu n’exposes que 10 petites minutes ! De quoi dédramatiser le moment. Pendant ces quelques minutes, tu réponds de façon argumentée, claire et structurée à l’une des questions, que tu as, évidemment, préparées au cours de l’année dans l’un de tes enseignements de spécialité.
  • 10 minutes d’échange avec le jury. Une session de questions/réponses qui débute alors. Pendant 10 minutes, le jury te pose quelques questions sur ta présentation ou sur des sujets annexes à la problématique.

À noter : Avant le début de l’épreuve, n’oublie pas de donner la fiche signée par tes professeurs de spécialités contenant les deux questions que tu as étudiées au cours de l’année. Par la suite, c’est à lui de faire son choix ! 

Les nouvelles modalités du Grand oral 2024

Jusqu’à l’année 2023, les 5 dernières minutes du Grand oral étaient réservées à un échange entre le candidat et les membres du jury au sujet de son projet d’orientation. Désormais, les choses changent. En effet, ces 5 minutes supplémentaires sont consacrées à la phase de présentation du sujet. Faisant alors passer l’oral de 5 minutes de présentation à 10 minutes ! 

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Beaucoup de préparation et l’aide de ses professeurs pour réussir le Grand oral

Je peux te demander d’abord quelles spécialités tu avais choisies et quelles étaient tes deux questions ?

J’ai un profil un peu atypique parce que j’ai choisi deux spécialités qui n’avaient pas grand-chose à voir entre elles : la SVT et la LLCER anglais.

Ma première question était en SVT : “en quoi la phytothérapie peut-elle être un remède efficace face au stress ?”. J’ai choisi ce sujet parce qu’il me plaisait et qu’il était vraiment lié à mon programme. Ma deuxième problématique de LLCER anglais c’était : “dans quelle mesure l’œuvre Jane Eyre remet-elle en cause les normes de la société traditionnelle victorienne ?”. J’ai aussi adoré ce sujet, ça parlait de la place de la femme, c’était super intéressant et j’ai vraiment aimé faire mes recherches dessus.

L’épreuve est conçue pour que l’élève s’y prépare des mois à l’avance, est-ce que ça a été ton cas ?

Oui je me suis beaucoup préparée et surtout en cours. J’ai eu la chance de tomber sur un super prof de SVT qui nous a pas mal préparés. On était en avance dans le programme, ce qui est rare, donc on a eu beaucoup d’heures de préparation dédiées au Grand oral, et ça a été très utile pour moi et les autres élèves de ma classe.

J’ai aussi fait pas mal de travail personnel, toute seule à la maison. Je trouve que c’est plus simple de se concentrer quand on est chez soi. Vu qu’on a été les premiers à se confronter à l’épreuve, ils n’y avaient pas autant de ressources sur internet que cette année, donc je me suis vraiment creusé la tête et ça m’a pris assez longtemps de trouver mes questions, mais ça m’a aussi permis de faire beaucoup de recherches très utiles.

Mais nos professeurs nous ont vraiment aidés, ils nous ont guidés et c’est vraiment super cool. Mais le problème c’est que ça dépend des professeurs et de l’avancée dans le programme. Je sais que j’ai eu de la chance de tomber sur de supers professeurs sur ce point-là, mais que ce n’est pas le cas de tout le monde.

As-tu mis du temps à trouver tes deux questions finales ?

Oui, comme je l’ai dit, je me suis beaucoup préparée. Mais j’ai surtout eu du mal à trouver ma question de SVT, j’y ai passé pas mal de temps, mais j’ai finalement réussi. En plus, je voulais trouver une question transversale entre mes deux spécialités, mais ça a été un peu compliqué. Surtout que je voulais aussi essayer de trouver quelque chose en lien avec mes projets d’orientation, mais c’était assez dur de trouver un lien entre le droit, la SVT et l’anglais. Mais mes professeurs m’ont rassurée sur le fait que ce n’était pas si grave que ça ne corresponde pas exactement à mon projet, et m’ont convaincu de travailler mes deux questions que j’ai finalement présentées.

Est-ce que tu avais beaucoup révisé ?

Oui j’ai beaucoup révisé. C’est une épreuve qui se fait vraiment sur le long terme. Les réponses à nos questions sont assez longues, alors que l’oral de 5 minutes, en fait, c’est très court. On a souvent trop d’idées et je pense qu’il faut vraiment s’entraîner pour aller à l’essentiel et le faire stratégiquement. Un conseil que je pourrais donner serait de ne pas tout dire de suite, pour “lancer des perches” au jury et qu’il nous pose des questions sur ça précisément. Ça permet de montrer qu’on a des connaissances, de voir qu’on maîtrise notre sujet et de ne pas perdre trop de temps à expliquer des détails pendant nos 5 minutes.

Je me suis aussi beaucoup beaucoup entraînée devant mes amis et ma famille. Nos professeurs nous disaient que l’objectif c’était de faire notre présentation devant quelqu’un qui ne connaît rien au sujet et d’essayer de le vulgariser pour que ça soit le plus compréhensible possible, même si la personne en face ne connaît pas le sujet.

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Un entretien particulier… qui s’est bien terminé !

Sur quelle question es-tu passée ? Est-ce qu’il y en avait une que tu préférais ?

Je suis passée sur mon sujet de SVT. J’avais une préférence pour  mon sujet d’anglais, je suis bilingue donc c’était plus facile pour moi, et puis je me disais que c’était un point fort. J’adorais mon sujet d’anglais. Mais j’adorais aussi mon sujet de SVT donc ça a été.

Avais-tu des craintes particulières avant ton passage ? 

Je t’avoue que j’étais très stressée avant. J’avais la crainte de perdre mes moyens, de paniquer, mais une fois que j’étais lancée, je me suis dit “c’est 5 minutes et après tu es en vacances !” Bizarrement, je n’étais pas du tout stressée pendant mes 5 minutes de passage. J’ai eu la chance de passer à 8h30 donc sur la première session et je pense que ça a joué sur le fait de ne pas être trop trop stressée le jour-j. Et puis comme ça j’étais libérée pour le reste de la journée et de l’année !

J’ai cru comprendre que tu as rencontré quelques péripéties pour ton passage à l’oral, peux-tu nous en dire plus ?

Oui, les profs de mon jury se sont trompées. Une fois que je suis revenue dans la salle après ma préparation on m’a demandé si j’allais faire une partie de mon exposé en anglais ou non. Je leur ai expliqué que j’allais le faire exclusivement en français, parce qu’il s’agissait d’un sujet de SVT pur, et là elles se sont exclamées en disant qu’elles auraient dû choisir l’autre question. Au final, je suis passée devant 2 personnes qui n’y connaissaient rien à la SVT. On m’a posé des questions vraiment difficiles qui n’étaient pas de l’ordre de la SVT, j’ai même échangé avec mon professeur à propos de ça et il m’a dit que ce n’était pas normal et que je n’aurais pas dû avoir à répondre à ce genre de questions.

Et comment ça s’est passé finalement ?

Au final, ça a été. J’ai fait mon oral et j’ai fait abstraction du reste. Finalement j’ai eu la note de 16/20 donc malgré ma surprise j’étais contente. Même avec un jury peu compréhensif, ça s’est bien passé !

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Quelques conseils pour ceux qui vont passer le Grand oral

Est-ce que tu as quelques conseils à donner à ceux qui vont passer leur Grand oral cette année ou les prochaines années ?

Oui, bien sûr ! Je pense que l’important c’est de bien connaître et maîtriser son sujet pour être super à l’aise. Il faut bien s’entraîner pour avoir confiance en soi et en son sujet et ne pas s’y prendre au dernier moment. Après, personnellement, nos professeurs nous avaient fixé des échéances pour voir comment on avançait et surtout vu qu’on avait des heures de préparation dédiées. Ça nous a permis de vraiment travailler sur le long-terme et de ne pas se laisser déborder par les recherches notamment.

Un autre conseil, ça serait de faire attention au temps. Par exemple, j’avais fait exprès en m’entraînant de ne faire que 4 minutes 50 et non pas 5 minutes pile pour me laisser une marge au cas où j’avais un souci le jour de l’oral, ou que je bafouillais. Après rien ne sert de se matrixer sur le temps, à part poser sa montre sur la table et vérifier de ne pas trop s’éloigner des 5 minutes.

Enfin, il ne faut pas oublier que ce sont aussi des êtres humains en face, ça permet de relativiser. Moi par exemple, même si mon jury n’était pas très agréable, ça s’est bien passé alors que ça aurait pu vraiment ne pas être le cas  ! Il faut essayer d’être le plus calme possible, si tu t’es bien préparé(e), que tu as consulté tes profs et que tu as bien été accompagné(e), il n’y a pas de raison que ça se passe mal ! Dans tous les cas, je souhaite bon courage à tous les élèves de terminale qui seront bientôt confrontés à cette épreuve !

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