déclaration de la femme et de la citoyenne

Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges : résumé et analyse de l’œuvre

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Bac français 2024. Le4 juin prochain, les élèves en classe de première plancheront sur l’épreuve écrite du bac de français 2024. Et dès fin juin, ils seront convoqués pour passer leur épreuve orale. Tu n’es pas certain(e) d’être prêt(e) pour cet examen ou une de ces épreuves ? Dans cet article, nous faisons le point avec toi sur la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges.

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, publiée en 1791 par Olympe de Gouges, est un texte au programme du bac de français 2023, qui figure dans le parcours « Écrire et combattre pour l’égalité ». La présentation que nous te proposons, suivie d’une analyse de cette déclaration, te permettra d’envisager efficacement ce document à l’aube des enjeux que pose le thème proposé.

Tout d’abord, notons que tout au long de l’article, nous emploierons le terme d’« auteure » pour désigner Olympe de Gouges, acception la plus répandue et préconisée par l’Académie française.

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Qui est Olympe de Gouges ?

Olympe de Gouges est une femme politique et écrivaine féministe du XVIIIe siècle. De son vrai nom, Marie Gouze, elle est née enfant naturelle (se dit d’une naissance hors mariage) à Montauban en 1748 et est morte guillotinée en 1793. Elle est d’abord connue pour son rôle significatif dans la défense des droits des femmes, en s’opposant aux inégalités et injustices qui touchaient les femmes à son époque.

C’est une femme de lettres, qui a bénéficié d’une solide éducation ainsi que d’enseignements de qualité qui lui ont permis de rivaliser avec l’élite culturelle et sociale plus tard à Paris dans les salons (réunion d’hommes et de femmes lettrés, bourgeois ou nobles, à l’origine attirés vers les Belles-lettres et la poésie, la littérature et le théâtre, et souvent autrefois les arts et les sciences).

Mariée très jeune et veuve presque immédiatement à dix-huit ans, elle monte à la capitale avec son fils. C’est à partir de cette période qu’elle côtoie philosophes et comédiens et commence à s’essayer à l’écriture, entretenue par son amant Jacques Biétrix pendant presque vingt ans, qui lui proposa de l’épouser. Cette dernière refusa, souhaitant garder sa liberté, et notamment celle de publication. En effet, la loi française interdisait à une femme auteure de publier un ouvrage sans le consentement de son mari. Sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne était une réponse directe aux auteurs des Déclarations des Droits de l’Homme et du Citoyen promulguée pendant la Révolution française. Voix dissidente pendant la Révolution, elle s’oppose à la politique de Robespierre et à la violence du régime. À cause de ses opinions politiques clivantes, elle est arrêtée en 1793 et condamnée à mort.

Longtemps oubliée avant que la lutte féminisme ne soit au cœur des nouveaux combats d’aujourd’hui, Olympe de Gouges est maintenant reconnue comme une figure de proue du féminisme et des droits de l’Homme. Véritable plaidoyer en faveur des droits des femmes, le courage qu’elle a eu pour publier la Déclaration des droits des femmes et de la citoyenne est une source d’inspiration encore aujourd’hui.

Pensée et postérité

Considérée comme l’une des fondatrices du féminisme et des mouvements en faveur de la cause des femmes et de l’égalité avec les hommes, elle est également connue pour avoir mené des combats afin d’abolir l’esclavage et pour son indépendance d’esprit et sa position avant-gardiste, érigés en modèle de nos jours encore. Longtemps délaissée, voire oubliée, la figure d’Olympe de Gouges et son apport dans le combat des droits des femmes ont été redécouverts dans les années 1970.

Olympe de Gouges et, par la suite ses écrits, ont fortement été inspirés par les Lumières. Ce mouvement culturel, philosophique, littéraire et intellectuel, qui émerge dans la seconde moitié du XVIIe siècle, marque le début d’un engagement contre les oppressions religieuses et politiques, œuvrant pour un progrès du monde, et se traduisant par une production littéraire et artistique particulièrement développée. Combattant l’irrationnel, l’arbitraire, l’obscurantisme et la « superstition » des siècles passés, ce mouvement a procédé au renouvellement du savoir, de l’éthique et de l’esthétique. L’influence de leurs écrits a été déterminante dans les grands événements de la fin du XVIIIe siècle, en particulier dans la Déclaration d’indépendance des États-Unis et la Révolution française.

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Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne : résumé

Construite sur le modèle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 27 août 1789, la Déclaration d’Olympe de Gouges fait entendre de nouvelles revendications quant à la condition féminine de l’époque. Elle propose une véritable refonte de la société française, soulignant combien les femmes sont les grandes oubliées de la Révolution française. Olympe de Gouges y rédige un préambule, 17 articles et un postambule.

Le texte affirme que les femmes sont des citoyennes et qu’elles ont les mêmes droits que les hommes, y compris le droit de voter et de se présenter aux élections. La Déclaration d’Olympe de Gouges condamne également le mariage forcé, la prostitution, l’esclavage et la discrimination fondée sur le sexe.

Ce texte a été largement ignoré à l’époque, mais elle est devenue une référence importante pour les mouvements féministes ultérieurs. Elle a été réhabilitée par les féministes au XXe siècle et est maintenant considérée comme un document fondamental dans l’histoire de l’égalité des sexes.

Genèse de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

Cette version est publiée dans la brochure Les Droits de la femme, adressée à la reine Marie-Antoinette d’Autriche, alors reine de France. Il s’agit du premier document à évoquer l’égalité juridique et légale des femmes par rapport aux hommes, qui a été rédigé dans le but d’être présenté à l’Assemblée législative le 28 octobre 1791 pour y être adopté.

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne constitue un pastiche critique de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui énumère des droits ne s’appliquant qu’aux hommes. Ce texte est d’autant plus marquant que lorsqu’il est rédigé, les femmes ne disposaient pas du droit de vote ni de l’accès aux institutions publiques, ni aux libertés professionnelles et encore moins aux droits de propriété. Olympe de Gouges y défend avec une ironie dirigée à l’encontre des préjugés masculins, la cause des femmes, écrivant ainsi que « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits ».

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Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne : analyse

Composée de dix-sept articles, la Déclaration des droits de la femme et des citoyennes est un texte juridique qui comprend également un préambule, adressé à la reine, ainsi qu’un postambule, qu’il est utile d’étudier pour comprendre le contexte à la fois historique et de rédaction.

Préambule et postambule

Dans cette mesure, voici les principaux éléments à retenir qui figurent dans ce préambule : il s’agit d’une introduction, qui exhorte ses « sœurs », c’est-à-dire ses semblables (elle se place sur un pied d’égalité avec les autres femmes qui pâtissent de leur condition d’infériorité par rapport aux hommes) à outrepasser la condition et la situation qui leur sont imposées, en formant une « Assemblée nationale ». Elle met en exergue les droits dont les femmes doivent bénéficier au même titre que les hommes.

De la même manière, elle apostrophe les femmes en s’adressant directement à elles (« Femme, réveille-toi ») dans le postambule, qui sert de conclusion, les invitant à se « réveille[r] » pour « reconna[ître] [leurs] droits ». L’emploi du “Ô” vocatif dans cette dernière partie permet à l’auteure de renforcer son appel, sa supplique envers les femmes. Le combat qu’elle souhaite mener doit être entrepris pour acquérir un meilleur statut, une meilleure reconnaissance de la valeur des femmes.

De ce fait, elle interroge ses congénères par la formule suivante : “Qu’auriez-vous à redouter pour une si belle entreprise ?”, signifiant par là que ces dernières n’ont rien à perdre en s’y engageant. Elle critique enfin l’absence d’accès des femmes à l’éducation, à la reconnaissance du mérite ainsi qu’à la justice, accès d’autant plus contraint lorsque l’on est pauvre. Olympe de Gouges achève son propos en évoquant la question du mariage, défini comme “le tombeau de la confiance et de l’amour”, phrase célèbre qui souligne la position de dépendance de la femme à l’égard de son mari.

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Registre et idées générales

Le ton employé dans l’ensemble des articles, est factuel, impersonnel et surtout solennel, car il s’agit d’une déclaration officielle et juridique, qui se présente sous la forme d’un texte de loi. Le format adopté permet de conférer davantage de force au combat qu’elle défend, notamment parce qu’il s’agit d’une réponse directe à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Elle affirme le droit des femmes à la sécurité, à la liberté (« celui de monter à la tribune » dans l’article X), à la propriété, à la résistance, à l’oppression et à la protection. Ces droits sont résumés dans l’article 2 et doivent bénéficier aux femmes dans les mêmes proportions que pour les hommes.

L’égalité des sexes au cœur de la Déclaration

Il est intéressant de remarquer qu’Olympe de Gouges a remplacé dans de nombreux endroits « l’homme » par « la femme et l’homme », de façon à rendre claire la concordance entre les deux sexes. Olympe de Gouges était profondément convaincue de l’égalité entre hommes et femmes. Elle considérait que ces dernières étaient en mesure de réaliser les mêmes tâches que leurs homologues masculins.

Dans cette perspective, les articles VII à X sont consacrés à la mise en évidence de cette égalité de traitement devant la loi en cas de manquement à la loi. Celle-ci doit en effet être la même pour tous et s’appliquer identiquement à tous les sujets, quel que soit leur sexe.

En outre, en tutoyant ses homologues, femmes ou hommes, Olympe de Gouges reprend l’idéal révolutionnaire d’égalité des citoyens entre eux. Cela se manifeste par l’abandon du pronom « vous » qui marque le respect à une personne occupant un rang supérieur. Tout le monde se tutoie, peu importe son extraction, et donc sa condition sociale.

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La justice, un élément central

Par ailleurs, l’auteure ne revendique pas de droits spécifiques ou supplémentaires (des dérogations ou passe-droits) pour les femmes (voir à cet effet l’article VII : « Nulle femme n’est exceptée ; elle est accusée, arrêtée et détenue dans les cas déterminés par la loi »). Dès lors, ces dernières doivent pouvoir jouir des droits et des devoirs dont elles disposent, tout comme les hommes. En d’autres termes, l’identité des devoirs doit entraîner celle des droits et inversement. Elle affirme ainsi dans l’article IX que « Toute femme étant déclarée coupable, toute rigueur est exercée par la loi ».

Elle rejetait l’idée de privilèges spécifiques pour les femmes, qui devaient être traitées de la même exacte manière que les hommes, dans tous les domaines. Notamment dans le cadre légal, comme le mentionne l’article IX, elle défend que les femmes doivent subir la même rigueur de la part de la justice que les hommes en cas d’infraction. Cela reflète son engagement pour traiter les femmes comme des citoyennes à part entière, responsables de leurs actes et capables de les assumer, au même titre que les hommes, devant la justice.

La participation de la femme dans le fonctionnement de la société

Olympe de Gouges réclame que les femmes puissent collaborer activement à la vie politique en tant que citoyennes à part entière et non comme simple spectatrices, notamment par leur participation direct dans le cadre légal. Elles doivent, par exemple, pouvoir prendre part au processus d’élaboration des lois qui s’appliquent aux citoyens. L’auteure parle de « contribution publique » (article XIV). Les femmes devraient avoir le droit de participer pleinement au processus politique. Elle affirme en ce sens que « La Loi doit être l’expression de la volonté générale ; toutes les Citoyennes et Citoyens doivent concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation » (article VI) : pour être soumis(e) à la loi, il faut l’avoir acceptée au préalable.

La liberté d’opinion et d’expression

La Déclaration accorde une grande importance à la liberté d’opinion et d’expression. Elle reconnaît que chaque individu a le droit fondamental de former ses propres opinions et de les exprimer librement. La Déclaration affirme que personne ne devrait être persécuté ou discriminé en raison de ses opinions, y compris les opinions religieuses. Les femmes et les hommes sont libres de tenir et de professer leurs convictions personnelles, tant que cela ne perturbe pas l’ordre public établi par la loi.

Elle garantit également la liberté de parole, d’écriture et d’impression. Les citoyens et les citoyennes ont le droit de s’exprimer librement à travers différents moyens de communication. Cela englobe la possibilité de débattre, de critiquer, de publier des idées et de participer au discours public.

Cependant, il est important de noter que la liberté d’opinion et d’expression n’est pas absolue. Elle peut être soumise à certaines limites prévues par la loi. L’abus de cette liberté, tel que les discours diffamatoires, haineux ou violents, peut être sanctionné conformément aux lois et régulations en vigueur.

En reconnaissant et en protégeant la liberté d’opinion et d’expression, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne défend le droit fondamental des individus, qu’ils soient femmes ou hommes, de penser librement, de s’exprimer et de participer activement à la vie publique et politique. Cette liberté constitue un pilier essentiel de la démocratie et favorise le progrès social, la justice et la défense des droits.

Conclusion

Pour finir, Olympe de Gouges émet dans cette déclaration un certain nombre de propositions jugées avant-gardistes pour l’époque. Elle enjoint et plus que cela, exhorte les femmes à balayer et dépasser les idées préconçues, les stéréotypes qui enferment ces dernières à la maison, les restreignant, les entravant, les muselant. Olympe de Gouges s’est engagée par les mots dans un combat contre l’inégalité : il ne s’agit donc plus seulement d’opposer écriture et combat, mais de les lier ensemble pour conférer à la cause défendue encore plus de force et de puissance, synthèse dont la portée subsiste encore de nos jours. Finalement, l’auteure propose une entraide entre femmes, une bienveillance féminine mutuelle et généralisée, que l’on peut traduire aujourd’hui par le terme de « sororité ».

Pourquoi cette déclaration est-elle si importante aujourd’hui ?

Le texte de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges est (toujours très) important aujourd’hui, car il est considéré comme l’un des premiers documents féministes de l’histoire. Il a été écrit à une époque où les femmes étaient exclues de la vie publique et des droits civils.

La Déclaration d’Olympe de Gouges a été rédigée dans le contexte de la Révolution française, où les hommes se battaient pour leurs droits, mais les femmes étaient largement exclues du mouvement. En demandant l’égalité des sexes et l’émancipation des femmes, Olympe de Gouges a jeté les bases d’un mouvement féministe qui se poursuit encore aujourd’hui.

De plus, cette Déclaration a inspiré d’autres documents importants, tels que la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par les Nations unies en 1948. Elle a également influencé d’autres mouvements de lutte contre les discriminations, notamment le mouvement pour les droits civiques aux États-Unis et le mouvement pour les droits des minorités sexuelles.

Enfin, la Déclaration de de Gouges est importante, car elle nous rappelle que l’égalité entre les sexes est un droit fondamental qui doit être défendu et protégé en permanence. Même si de nombreux progrès ont été réalisés en matière d’égalité des sexes depuis la rédaction de ce texte, il reste encore beaucoup à faire pour atteindre une véritable égalité entre les hommes et les femmes.

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Les œuvres au programme du bac de français 2024

Pour terminer cet article, laisse-nous te rafraîchir la mémoire sur les œuvres au programme du bac de français 2024. Cette année, comme les années précédentes, 12 œuvres seront étudiées :

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