Après les deux guerres mondiales, c’est au Moyen-Orient que se concentre les grands conflits de notre siècle, ainsi qu’à l’Est de l’Europe, en Ukraine. Dans cet article, nous t’expliquons ce qu’il faut savoir sur ces conflits.
Les conflits du Moyen-Orient
| Ukraine | Syrie | Israël-Palestine | |
| Quand | 24 Février 2022 à aujourd’hui | 2011-2017 | 4 octobre 2024 à aujourd’hui |
| Origine du conflit | Renverser le gouvernement pro-occidental | Révolte à Deraa suite à l’arrestation d’enfants qui avaient dessiné des graffitis contre Bachar al-Assad | Création d’Israël en 1948, et avant cela immigrations juives massives. Puis montée du Hamas et frontières floues |
| Qui | Russie contre l’Ukraine (soutenu par la coalition internationale et l’Occident qui envoient notamment des armes et de l’aide humanitaire) | Plusieurs factions financées par l’international contre le gouvernement en place (cf plus bas) | Israël, OLP, Hamas, soutiens étrangers (Etats-Unis pour Israël) Aide humanitaire envoyée par l’Occident, notamment à Gaza |
| Chiffres clés | Nombre de civils ukrainiens tués: 12 605 Blessés: 19 178 | Nombre de morts : 500 000 (117 000 civils dont 22 000 enfants) 7,6 millions de déplacés | 18 000 enfants tués à Gaza (soit 28/jours)1 5,6 Millions de réfugiés palestiniens |
| Enjeux / Conséquences | Hausse des prix du gaz et des matières premières et du blé (ukraine= grenier du monde). Sanctions européennes et occidentales envers la Russie. | Crise humanitaire et crise migratoire en Europe | Possession des lieux saints (Jérusalem) ainsi que des terres palestiniennes (meilleur climat et plus fertile) |
| Pourquoi ? | But de la Russie : Neutraliser l’Ukraine militairement et géopolitiquement Faire tomber le gouvernement pro-européen (Poutine parle de « Dénazification »)Faire reconnaître la Crimée comme appartenant à la Russie et les régions du Donbass Luhansk et de Donezk comme des entités séparatistes. | Essayer d’avoir le contrôle sur le territoire (pour quel que soit le camp, la raison est la même : avoir de l’influence et du contrôle) | Éviction du Hamas, organisation considérée comme terroriste (selon la propagande Israélienne, le pays est en guerre à but de pacifier la région) Et contrôle des territoires et souveraineté |
- source: UNICEF ↩︎
- le baas est un parti politique arabe socialiste ↩︎
- investissement directs étrangers ↩︎
- Ariel Sharon était premier ministre d’Israël de 2001 à 2006 ↩︎
- l’organisation de libération de la Palestine ↩︎
L’Ukraine
Informations clés
| Date | Événement |
|---|---|
| 24 février 2022 | L’armée russe lance une invasion militaire à grande échelle de l’Ukraine sur plusieurs fronts. |
| 1er avril 2022 | Découverte et médiatisation d’exactions commises contre des civils à Boutcha après le retrait des forces russes. |
| 20 mai 2022 | Fin de la bataille de Marioupol après la reddition des derniers défenseurs ukrainiens retranchés dans l’usine Azovstal. |
| Été 2022 | Forte montée des tensions autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par la Russie, avec des risques répétés d’incident majeur. |
| 30 septembre 2022 | La Russie proclame l’annexion de quatre régions ukrainiennes (Donetsk, Louhansk, Kherson, Zaporijjia), une décision non reconnue par la communauté internationale. |
| 11 novembre 2022 | Les forces ukrainiennes reprennent le contrôle de la ville de Kherson après le retrait de l’armée russe. |
| 24 juin 2023 | Mutinerie du groupe Wagner menée par Evgueni Prigojine en Russie, stoppée en moins de 24 heures. |
| Novembre 2023 | La contre-offensive ukrainienne de 2023 s’enlise, avec des avancées limitées face à des lignes russes fortement fortifiées. |
| 6 août 2024 | L’Ukraine mène une incursion militaire dans la région russe de Koursk, marquant une extension du conflit sur le territoire russe. |
| Novembre 2024 | Des soldats nord-coréens sont signalés aux côtés de l’armée russe, notamment dans la région de Koursk. |
| Février 2025 | Début de discussions diplomatiques entre les États-Unis et la Russie sur une possible issue au conflit, sous l’administration Trump. |
Contexte du conflit
Historiquement, l’Ukraine était une province de l’URSS. Elle est devenue indépendante après la chute de celle-ci. Depuis, Poutine veut rassembler à nouveau toutes les anciennes provinces.
Plus récemment: En 2004 a éclaté ce que l’on nomme la révolution orange en Ukraine. Celle-ci fait référence aux manifestations sur la place de l’indépendance à Kiev (1/2 million de personnes) qui contestaient les résultats du vote de l’élection présidentielle après la défaite de Viktor Louchtchenko, pro-occidental.
Poutine et le président Biélorusse, eu, félicitaient Viktor Ianoukovich, pro russe. Mais face à la fraude constatée, de nouvelles élections ont lieux en 2005 et c’est Louchtchenko qui est désormais vainqueur. La Russie déclara alors une guerre du gaz à nouvel an afin d’influencer les votes ukrainiens, à l’approche des parlementaires.
En 2013 a lieu une nouvelle révolution, Ianoukovich (élu président) est destitué et fuit en Russie. La société ukrainienne est clivée entre les pro maïdan (occidentaux) et les pro russes. Des actions de résistances pro-russes prennent place dans tout le pays, mais la langue russe n’est plus officielle dans beaucoup de régions ukrainiennes. En mars 2014, la Russie annexe unilatéralement l’Ukraine suite à la venue au pouvoir d’un gouvernement pro-européen.
Depuis l’été 2021, la Russie menace l’Ukraine d’une invasion et place l’armée russe à la frontière (après avoir déjà placé une partie de sa marine sur la mer de Crimée). Finalement, le 24 février 2022, la Russie envahit l’Ukraine.
La Syrie
Informations clés
| Date | Événement |
|---|---|
| 2011 | Début de la révolte en Syrie à Deraa, après l’arrestation et la torture d’adolescents ayant écrit des graffitis hostiles au régime de Bachar al-Assad. |
| 2014 | L’État islamique (EI) s’empare de Raqqa, qui devient la capitale de facto de son « califat » autoproclamé en Syrie. |
| 2014–2015 | Offensive majeure de l’État islamique sur la ville kurde de Kobané, à la frontière turque ; après de violents combats, les forces kurdes reprennent la ville en juin 2015. |
| 2015 | L’État islamique s’empare de Palmyre, site archéologique majeur, provoquant une forte émotion internationale. |
| 2016 | Reprise de Palmyre par le régime syrien en mars, puis nouvelle perte et reconquête de la ville. Rapprochement diplomatique entre la Russie et la Turquie, accompagné de tentatives de cessez-le-feu partiels. |
| 2017 | Reconquête de Raqqa par les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par la coalition internationale : fin du contrôle territorial de l’EI sur sa principale place forte en Syrie. |
| 2019 | Mort du chef de l’État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, lors d’une opération américaine. Retrait partiel des troupes américaines, tandis que la Russie et des forces paramilitaires alliées restent durablement implantées. |
| 2021 | La province d’Idlib échappe toujours au contrôle du régime syrien et reste dominée par des groupes rebelles jihadistes, notamment Hayat Tahrir al-Cham. |
| 2012–2016 | Bataille d’Alep : conflit majeur opposant forces rebelles à l’est de la ville et forces gouvernementales à l’ouest, jusqu’à la reprise complète d’Alep par le régime en décembre 2016. |
Mieux comprendre qui était Hafez el-Assad ((le lion) au pouvoir jusqu’à sa mort en 2000, date à laquelle son fils Bachar lui succède) : il était alaouite, fils de notable. Il a fait l’académie militaire et a suivi une formation de pilote de chasse en Egypte et en URSS. À partir de 16 ans, il milite pour le Baas2 et participe au coup d’Etat en 1963. En 1966, il devient ministre de la Défense, puis prend le pouvoir de force en 1970 après avoir éliminé ses rivaux. Il se « réélit » à chaque élection. Au pouvoir, il met en place un système népotique et clientéliste, ainsi qu’un culte de la personnalité. Son premier fils meurt d’un accident de voiture en 1994. Avec lui, le niveau de vie des habitants s’est élevé. Sur la scène géopolitique, il s’oppose à Israël (Golan), et intervient au Liban et soutient l’Iran dans la guerre.
Les dimensions du conflit
Dimension sociale : Avant la guerre civile, la Syrie comptait 22 millions d’habitants, 17.5 près la guerre. De plus, le pays connait un déficit hydrique en 2020, malgré l’Euphrate et l’Oronte, qui entraîne l’augmentation de l’exode rural. Les logements sociaux sont surpeuplés et la plupart des habitants vivent dans des habitats précaires sous-équipés en périphéries de villes. Cependant, en 2019, l’espérance de vie a augmenté pour passer à 73 ans et la mortalité infantile a baissé, de même que la fécondité (de 7 en 1980 à 2,8 enfants par femmes aujourd’hui).
La dimension communautaire : Si les institutions sont laïques, les solidarités communautaires ont un poids important : 90% de la population est arabe et 70% sunnite (mais il y a beaucoup de minorités, dont les kurdes). En 2010, plus de la moitié de la population a moins de 20 ans, et la plupart sont au chômage.
Dimension économique et sociale : de 1960 à 2000, la Syrie suit un modèle de développement d’inspiration socialiste, étatisé et protectionniste. Puis Bachar encourage la privatisation et ouvre aux IDE 3(du Golfe surtout), mais les réformes économiques creusent les inégalités et en 2021, 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté (35% en 2000).
Les acteurs du conflit
Forces gouvernementales et alliés : le régime syrien s’appuie sur l’Armée arabe syrienne, des milices alaouites, le Hezbollah libanais et des milices chiites irakiennes. Cet ensemble bénéficie d’un soutien diplomatique et militaire majeur de l’Iran et de la Russie, cette dernière disposant notamment d’une base navale stratégique à Tartous. La Chine, de son côté, s’aligne globalement sur la position russe sur le plan diplomatique.
Forces d’opposition et soutiens : la Coalition nationale syrienne, reconnue par la Ligue arabe, est soutenue par la Turquie, la France et le Royaume-Uni. Mais dès 2013, elle perd du terrain, tandis que des groupes islamistes, comme le Front islamique puis l’État islamique, gagnent en influence.
Plusieurs pays, l’Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar et les États-Unis, s’opposent au régime de Bachar al-Assad et soutiennent principalement des forces sunnites. Les Kurdes, de leur côté, profitent du conflit pour établir une autonomie de fait dans le nord de la Syrie, le Rojava. Ils s’allient à différents groupes locaux et concentrent surtout leur combat contre l’État islamique, sans chercher directement à renverser le régime.
Israël-Palestine
Etapes de la guerre

Contexte du conflit
Depuis la proclamation de l’indépendance de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948 par David ben Gourion, les deux pays sont constamment sous tension, et régulièrement, des affrontements éclatent (première Intifada 1987-1993, seconde 2000-2005). Les braises étant toujours allumées, il ne suffit que d’un petit évènement pour déclencher le feu. Pour la seconde intifada, c’est la visite d’Ariel Sharon4sur l’esplanade des mosquées de la tradition musulmane, mais aussi juive, qui a conduit à des affrontements aux lisières des zones palestiniennes.
Récemment ont eu lieu les trois « guerres de Gaza » (2008-2009, 2012 et 2014) en raison de l’éviction de l’OLP5 par le Hamas. Étant désignée comme une organisation terroriste, Israël et l’Égypte ont alors pris la décision de bloquer la Bande de gaza en 2007.
La coalition internationale a essayé plusieurs fois de résoudre le conflit, en vain ; ci-dessous sont les dernières négociations avant le déclenchement de la guerre :
| Date | Dernières tentatives diplomatiques et montée des tensions |
|---|---|
| Juin 2016 | La France réunit 28 pays afin de relancer le processus de paix israélo-palestinien. Les grandes puissances réaffirment leur soutien à la solution à deux États. |
| Janvier 2017 | Conférence de Paris pour la paix au Moyen-Orient : appel au respect des droits humains par les deux parties. Israël rejette l’initiative, tandis que l’Autorité palestinienne la soutient. Aucune négociation concrète n’en découle. |
| Mai 2021 | Nouvelle escalade de la violence : frappes israéliennes sur Gaza et affrontements entre Juifs et Arabes dans plusieurs villes mixtes en Israël. |
| Octobre 2023 | L’offensive israélienne déclenchée après les attaques du 7 octobre s’inscrit dans la continuité d’un conflit ancien, marqué par l’échec répété des tentatives de paix et une montée progressive des tensions. |







