Le projet de loi immigration : l'inquiétude de l'enseignement supérieur

Les grandes écoles et les universités indignées par le sort réservé aux étudiants étrangers

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Alors que le gouvernement adoptait hier soir, mardi 19 décembre 2024, un projet de loi immigration considérablement durci, les dirigeants de Grandes Écoles et d’universités françaises montent au créneau et dénoncent « des mesures indignes de notre pays ».

Mardi 19 décembre, le Parlement s’est réuni autour du projet de loi immigration et a scellé, tard dans la soirée, un accord entre le camp présidentiel et la droite. Si une motion de rejet avait interrompu les débats à l’Assemblée nationale le 11 décembre dernier, une version validée par la Commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi vient bel et bien d’être adoptée. Un texte considérablement durci qui n’a pas manqué d’interpeller les dirigeants de Grandes Écoles et d’universités françaises.

Un projet de loi qui sonne le glas de l’enseignement supérieur français

Entre autres mesures, la loi prévoit un durcissement de l’immigration étudiante, conditionné par une caution de retour pour les étudiants étrangers. Sauf dans certains cas exceptionnels, ces derniers seront dans l’obligation de déposer une caution visant à couvrir le coût d’éventuels frais d’éloignement. Une mesure qui ne passe pas inaperçue auprès du monde universitaire.

Interrogé sur Franceinfo ce mercredi matin, Dean Lewis, président de l’Université de Bordeaux et vice-président de France Universités, est catégorique. « Les présidents d’université sont très attachés à la tradition d’ouverture de la France pour l’accueil des étudiants internationaux et on a un véritable marché international de captation des talents et aujourd’hui, ces dispositions sont plutôt dissuasives pour des étudiants pour venir sur le territoire français. », s’indigne-t-il.

Et il n’est pas le seul à monter au front. Les dirigeants de trois Grandes Écoles de commerce françaises tirent la sonnette d’alarme dans une tribune transmise au Parisien. Eloïc Peyrache, directeur d’HEC Paris, Vincenzo Vinzi, directeur de ESSEC Business School, et Leon Laulusa, directeur d’ESCP Business School, dénoncent des dispositions, qui « loin d’être des solutions », sont « des entraves disproportionnées qui risquent de compromettre durablement l’avenir de l’enseignement supérieur français et de freiner l’ambition de notre nation de se positionner comme leader mondial dans la formation des nouveaux cadres de la transition écologique et technologique ».

Une caution de retour qui ne fait pas l’unanimité

Parmi les mesures déplorées par les dirigeants, la fameuse « caution de retour » demandée aux étudiants étrangers et la mise en place de quotas pluriannuels.

Jugé « économiquement et juridiquement aberrant », le principe même de caution de retour est remis en question. Les dirigeants des écoles de commerce dénoncent des mesures qui « menacent gravement notre compétitivité internationale » et « anéantiraient l’objectif gouvernemental de doubler le nombre d’étudiants internationaux d’ici 2027 ».

L’instauration de quotas ne passe, elle non plus, pas inaperçue, invitant alors à « faire une croix sur l’apport de jeunes talents. »

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Le gouvernement prêt à faire machine arrière ?

À la suite des revendications des dirigeants universitaires, la Première ministre a tenté de relativiser la portée de la caution tant critiquée. Invitée sur France Inter ce mercredi matin également, Élisabeth Borne est revenue sur le principe de versement d’une caution demandée aux étudiants étrangers et qui leur sera restituée à leur sortie du pays. « Ils n’ont sans doute pas eu le temps de lire le texte dans lequel nous disons très clairement que le ministre de l’Enseignement supérieur peut dispenser de cette caution des étudiants en fonction de leurs ressources et de leur parcours – scolaire et universitaire », affirme-t-elle.

Une précision qui s’accompagne également d’une remise en question. « Est-ce que c’est le meilleur système ? Pas forcément. Est-ce qu’il faut y réfléchir ? Peut-être qu’on pourra en re-débattre. », a-t-elle révélé.

Histoire à suivre…

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