Lorsque l’on arrive devant le nouveau campus de l’ESIEA à Ivry-sur-Seine, difficile d’imaginer que ce bâtiment abrite une école d’ingénieurs spécialisée dans le numérique. Sur le toit, une serre agricole et des bassins d’aquaculture côtoient des panneaux solaires. À l’intérieur, un immense fablab bourdonne d’activité autour de prototypes de fusées, de véhicules autonomes ou de projets de robotique. L’ensemble donne l’impression d’un lieu où l’on vient autant expérimenter que suivre des cours.
Inauguré en décembre 2025, ce campus ESIEA d’Ivry-sur-Seine s’étend sur près de 16 000 m², à quelques minutes de Paris, au pied de la ligne 7 du métro et du RER C. L’école d’ingénieurs y accueille désormais une partie de ses étudiants dans un bâtiment pensé comme un espace d’apprentissage et d’expérimentation. L’ESIEA, créée en 1958 et accréditée par la Commission des titres d’ingénieur, forme aujourd’hui environ 2 200 étudiants répartis sur quatre campus en France. L’établissement délivre un diplôme d’ingénieur en cinq ans et propose également plusieurs formations dans les domaines de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle ou du développement informatique.
Avec ce nouveau campus, l’école d’ingénieurs du numérique cherche à aller plus loin qu’un simple lieu d’enseignement. L’objectif consiste à créer un environnement où les technologies étudiées prennent forme concrètement sous les yeux des étudiants.
Le fablab géant du campus ESIEA d’Ivry-sur-Seine
La visite commence là où l’on comprend le mieux l’esprit de l’école. Un immense espace rempli de machines, d’outils et de prototypes en cours de fabrication. Ici, les étudiants conçoivent un simulateur de planeur, travaillent sur un prototype de fusée ou encore testent les premières briques d’une voiture autonome.
Cet espace s’appelle l’OpenLab. Sur plus de 2 000 m², ce fablab géant permet aux étudiants de concevoir et de tester leurs projets. Imprimantes 3D, machines-outils et équipements électroniques occupent les ateliers, dans une ambiance qui rappelle davantage un laboratoire d’ingénieurs qu’une salle de cours.
À l’ESIEA, près de 70 % de la formation repose sur des projets. Le fablab devient donc un véritable terrain d’expérimentation. Les étudiants y développent leurs idées, les testent, puis les améliorent au fil des essais. Certains projets prennent une ampleur impressionnante, comme un catamaran imaginé pour contribuer à la dépollution des océans.
Un campus écologique pensé comme un laboratoire
En poursuivant la visite, l’attention se porte peu à peu sur l’architecture du bâtiment lui-même. Le campus a été conçu pour limiter au maximum son impact environnemental. Le chauffage fonctionne sans combustible fossile et une partie de l’énergie provient des panneaux solaires installés sur le toit. L’éclairage basse consommation participe lui aussi à réduire la consommation énergétique du site.
Sur le toit du bâtiment, une autre installation attire rapidement l’attention. Une serre agricole fonctionne aux côtés d’un bassin d’aquaculture dans un système d’aquaponie. Les poissons produisent des nutriments qui nourrissent les plantes, tandis que les plantes filtrent l’eau avant qu’elle ne retourne dans les bassins, créant un cycle presque autonome.
L’eau de pluie est également récupérée dans un grand réservoir installé sur le toit. À terme, l’ESIEA espère s’appuyer sur ce type de dispositifs pour tendre vers une forme d’autonomie en eau sur le campus.
Le lien entre technologies et environnement se retrouve aussi ailleurs dans le bâtiment. Des ruches connectées et une petite miellerie permettent d’observer les interactions entre numérique et biodiversité, tandis que la chaleur produite par le data center est récupérée pour contribuer au chauffage des locaux.
Une école d’ingénieurs du numérique tournée vers l’innovation
Au-delà de ce campus expérimental, l’ESIEA reste avant tout une école d’ingénieurs spécialisée dans les technologies numériques. Les étudiants y développent des compétences recherchées dans des domaines comme la cybersécurité, l’intelligence artificielle, les systèmes embarqués, la réalité virtuelle ou encore le software engineering. Autant de secteurs où les besoins en ingénieurs continuent de croître.
La recherche occupe également une place importante dans l’écosystème de l’école. Plusieurs laboratoires travaillent sur des sujets comme le machine learning, la cybersécurité, la robotique mobile ou les systèmes complexes. Les projets menés dans ces laboratoires alimentent directement la formation. Les étudiants y trouvent souvent matière à expérimenter, tester et développer leurs propres solutions technologiques.
Le lien avec le monde professionnel reste tout aussi central. L’école s’appuie sur plus de 800 entreprises partenaires et sur un réseau de plus de 10 000 alumni présents dans de nombreuses entreprises technologiques. Les étudiants effectuent également des séjours à l’étranger au cours de leur cursus, que ce soit pour un semestre académique ou pour un double diplôme, afin d’acquérir une expérience internationale.
Comme beaucoup de formations en informatique, l’ESIEA reste néanmoins confrontée à un défi important. Les étudiantes représentent aujourd’hui environ 21 % des effectifs. L’école cherche donc à attirer davantage de femmes vers ces métiers en montrant que les technologies numériques peuvent aussi répondre à des enjeux environnementaux, scientifiques ou sociétaux.
En parcourant ce campus d’Ivry-sur-Seine, cette ambition apparaît assez clairement. L’ESIEA ne cherche pas seulement à former des ingénieurs du numérique. L’école veut aussi montrer comment ces technologies peuvent s’inscrire dans les grands défis contemporains et contribuer à imaginer des solutions concrètes pour les années à venir.
Les formations proposées à l’ESIEA
L’ESIEA, école d’ingénieurs spécialisée dans le numérique, propose plusieurs formations du bac+2 au bac+6 dans des domaines comme la cybersécurité, l’intelligence artificielle ou le développement informatique.
- Diplôme d’ingénieur ESIEA (bac+5) accessible après le bac, avec des spécialisations en cybersécurité, intelligence artificielle, réalité virtuelle, systèmes embarqués ou software engineering.
- Bachelors (bac+3) dans les domaines de la cybersécurité et du développement d’applications web et mobile.
- Mastères (bac+5) notamment en cybersécurité et infrastructures des systèmes d’information ou en ingénierie de l’intelligence artificielle et des applications.
- Mastère spécialisé (bac+6) dédié à la sécurité des systèmes d’information.
- Programmes internationaux comme certains MSc en intelligence artificielle ou cybersécurité, parfois proposés en partenariat avec d’autres écoles.
Les formations de l’ESIEA reposent largement sur l’apprentissage par projets et sur des liens étroits avec les entreprises du secteur numérique.







