Le culturalisme

Le culturalisme

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Il est démontré que les comportements humains ne sont pas déterminés uniquement par des facteurs biologiques ou environnementaux, mais sont également fortement influencés par la culture dans laquelle les individus sont socialisés.

Les grands auteurs autour du culturalisme

Le culturalisme pour Maed

L’anthropologue américaine Margaret Mead a une approche théorique en sciences sociales qui accorde une importance primordiale à la culture dans la compréhension des comportements humains et des dynamiques sociales.

Pour Mead, la culture est un ensemble de normes, de valeurs, de croyances et de pratiques partagées par un groupe donné, qui façonne les perceptions, les attitudes et les comportements des individus au sein de ce groupe. Ainsi, contrairement aux théories essentialistes qui mettent l’accent sur les différences biologiques entre les individus, le culturalisme insiste sur le rôle central de la culture dans la construction de l’identité et des interactions sociales.

Dans ses études ethnographiques, elle explore la diversité des cultures à travers le monde, mettant en évidence les variations dans les modes de vie, les systèmes de parenté, les pratiques religieuses et les attitudes envers des aspects tels que la sexualité et l’éducation. Elle a souligné que ces différences culturelles ne sont pas des manifestations de caractéristiques biologiques innées, mais résultent plutôt des processus de socialisation et d’apprentissage culturel au sein de chaque société. Le culturalisme de Mead a contribué à remettre en question les préjugés ethnocentriques et à promouvoir une approche plus relativiste de la diversité culturelle.

Le culturalisme pour Ruth Benedict

La théorie de Benedict sur le culturalisme, notamment exposée dans son ouvrage majeur “Patterns of Culture” publié en 1934, se concentre sur la diversité culturelle et les différentes configurations culturelles observées à travers le monde. Dans la notion de pattern of culture, il s’agit d’appréhender la notion de modèle culturel, de style de vie propre à chaque société ; chaque culture est unique et il y a autant de styles (ou types) de cultures qu’il y a de sociétés concrètes ; une forme particulière de culture s’impose aux divers membres qui la composent.

Dans cette perspective, chaque culture possède son propre ensemble de valeurs, de normes et de modèles de comportement qui façonnent la manière dont les individus perçoivent le monde et interagissent avec lui. Elle identifie plusieurs types de cultures, chacune caractérisée par des schémas culturels distincts. Par exemple, elle décrit la culture apollinienne, observée chez les Zunis d’Amérique du Nord, comme étant centrée sur l’ordre, la stabilité et la régularité, tandis que la culture Dionysiaque, observée chez les Kwakiutl de la côte nord-ouest du Pacifique, met l’accent sur la compétition, la grandeur et la richesse.

Ces différents schémas culturels influencent non seulement les comportements individuels, mais également les institutions sociales, les normes morales et les modes de vie des sociétés dans leur ensemble. Elle met en avant l’idée que chaque culture possède sa propre logique interne et ses propres justifications pour les comportements et les pratiques qui lui sont propres.

La théorie du Linton

La théorie du culturalisme de Ralph Linton met l’accent sur l’importance de la culture dans la compréhension des comportements humains et des différences culturelles. Linton adopte une approche similaire à celle de Ruth Benedict, en cherchant à explorer la diversité culturelle à travers le monde et en mettant en évidence les schémas culturels qui sous-tendent les sociétés humaines.

Pour Linton, la culture est un système complexe de normes, de valeurs, de croyances et de pratiques partagées par les membres d’une société donnée. Il décrit la culture comme un ensemble de modèles de comportement appris et transmis de génération en génération, qui façonnent les interactions sociales et les perceptions du monde.

Dans son analyse, il identifie des traits culturels communs à toutes les sociétés humaines, ainsi que des variations culturelles qui reflètent les spécificités historiques, géographiques et sociales de chaque groupe humain. Il souligne l’importance de comprendre ces variations pour appréhender la diversité des modes de vie et des systèmes de pensée à travers le monde.

Linton met également en avant le concept d’acculturation, qui désigne le processus par lequel les individus intègrent les éléments d’une culture étrangère dans leur propre culture. Il insiste sur le fait que la culture n’est pas statique, mais qu’elle évolue et se transforme au fil du temps, en réponse aux interactions entre les différentes sociétés et aux changements sociaux et historiques.

Il est connu pour le concept de culture comme héritage social, pour reprendre ses propos : « une culture est la configuration des comportements appris et de leurs résultats, dont les éléments composants sont partagés et transmis, par les membres d’une société donnée ». Il étudie tout particulièrement la théorie des rôles sociaux : statuts-rôles-attentes de rôles, ce qui retient particulièrement son attention c’est la situation charnière des notions de statut et de rôle entre l’individu et la culture. Il va s’intéresser également aux changements culturels et les effets d’acculturation qui les accompagnent.

En bref, pour ces auteurs, la culture est la somme globale des attitudes, des idées et des comportements partagés par les membres de la société, il s’agit de mettre en évidence l’influence des institutions et des coutumes sur la personnalité des membres d’une même société. L’école culturaliste cherche en conséquence à interpréter les influences de la culture sur le modelage des acteurs sociaux. La culture est donc appréhendée comme un « moule » qui façonne les conduites et les représentations. Dans une société concrète, tous les membres de cette société ont cette personnalité de base commune, celle-ci est acquise notamment grâce aux institutions primaires (structures familiales, modes d’éducation) et favorisent l’apparition chez tous les membres du groupe de traits psychologiques communs, c’est le concept de la personnalité de base de Kardiner.

Les forces et les faiblesses du culturalisme

Le culturalisme a permis de prendre en compte la réalité culturelle dans les destins individuels, de combattre l’ethnocentrisme et les préjugés racistes à partir de la notion de relativisme culturel.

Cependant, les concepts du culturalisme vont aussi faire l’objet de critiques de la part des approches individualistes : trop déterministes, car négligeant une réelle autonomie des acteurs, trop globalisantes alors que les sociétés modernes sont caractérisées par une plus grande diversité (ou hétérogénéité) culturelle ; trop statiques parce que privilégiant la reproduction sociale.

Des prolongements existent néanmoins dans la sociologie des organisations par exemple : D’iribarne en 1989, présente une thèse selon laquelle les entreprises doivent intégrer les caractéristiques culturelles des pays dans lesquelles elles implantent des sites de production et adopter en conséquence un mode de gestion adéquat, celui-ci ne peut être standard ou universel, il doit prendre en compte la culture nationale des pays d’implantation.

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