Et si le prix de votre plein d’essence dépendait des décisions prises à Vienne par une poignée de pays ? Créée en 1960, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) regroupe certains des plus grands producteurs mondiaux. Il a pour objectif de coordonner la production pétrolière pour peser sur les prix. Derrière la simple logique économique, l’OPEP est aussi devenue un acteur géopolitique majeur, capable d’influencer les relations internationales.
Un acteur central du marché pétrolier
Une organisation clé de l’offre mondiale

L’OPEP réunit aujourd’hui 13 pays membres, dont l’Arabie saoudite, l’Irak, l’Iran, le Nigeria ou encore le Venezuela. Ensemble, ils contrôlent près de 80 % des réserves mondiales de pétrole et environ 30 % de la production mondiale.
Grâce à ce poids, l’organisation peut influencer directement le prix du baril en décidant :
- d’augmenter sa production pour faire baisser les prix,
- ou au contraire de réduire l’offre pour les faire grimper.
Un levier économique global
Les décisions de l’OPEP ont des répercussions planétaires : elles affectent le prix de l’essence, le coût du transport maritime et aérien, et donc… l’inflation mondiale.
En 1973, lors du premier choc pétrolier, l’OPEP décide un embargo contre les pays occidentaux soutenant Israël pendant la guerre du Kippour. Résultat : le prix du pétrole quadruple en quelques mois, plongeant les économies occidentales dans la récession.

Un acteur diplomatique et stratégique
L’Arabie saoudite, chef de file de l’organisation
Au sein de l’OPEP, l’Arabie saoudite joue un rôle dominant, elle est le premier exportateur mondial et dispose de capacités de production flexibles. Ses choix sont scrutés autant par les marchés que par les chancelleries.
Exemple récent : en 2022, l’OPEP+, alliance élargie avec la Russie, décide de réduire fortement sa production malgré la guerre en Ukraine et les pressions des États-Unis. Ce geste est perçu comme un soutien indirect à Moscou et un défi diplomatique à Washington.
Une dimension politique assumée
L’OPEP n’est pas seulement une organisation économique : ses décisions traduisent souvent des rapports de force géopolitiques.
- Dans les années 1980, l’Arabie saoudite a inondé le marché pour affaiblir l’Iran et l’URSS.
- Dans les années 2000, l’OPEP a profité de la forte demande asiatique pour renforcer sa position vis-à-vis des grandes puissances occidentales.
Une influence contestée, mais toujours réelle
Des défis internes
L’OPEP souffre de rivalités entre ses membres (Iran vs Arabie saoudite, Venezuela en crise, Nigeria instable). Certains pays trichent parfois sur leurs quotas de production, ce qui réduit la cohésion du groupe.
Les défis de la transition énergétique
À long terme, la montée des énergies renouvelables et des politiques de décarbonation menace le poids de l’organisation. Mais tant que le monde dépend du pétrole (environ 30 % de l’énergie mondiale en 2023), l’OPEP garde une influence décisive.
Exemple concret : la guerre en Ukraine a montré la dépendance persistante des économies européennes aux hydrocarbures, malgré les discours sur la transition énergétique.
Un géant énergétique et diplomatique
Depuis plus de 60 ans, l’OPEP prouve que le pétrole est bien plus qu’une ressource énergétique : c’est un instrument de pouvoir économique et politique.
Malgré ses divisions internes et la transition énergétique, l’organisation reste un acteur incontournable des relations internationales. Son influence pourrait diminuer à l’avenir, mais, pour l’instant, une chose est sûre, le monde continue de tourner au rythme du baril.







