Mon échange à Cracovie

Mon échange à Cracovie : le témoignage de Carolina

À lire dans cet article :

L’idée de faire un échange à l’étranger te plaît et les pays de l’Est te font de l’œil ? Pourquoi ne pas tenter l’aventure ? C’est ce qu’a fait Carolina, il y a quelques années. Alors, étudiante à Centrale Lille en quatrième année de diplôme d’ingénieur, elle s’envole pour Cracovie, en Pologne.  

Si tu veux avoir un témoignage clair et précis de la vie d’étudiant à Cracovie, lis son témoignage, il te donnera sûrement quelques idées et de bons conseils et plus encore 😉

Le témoignage de Carolina, étudiante en échange Erasmus à Cracovie

Coucou Carolina, comment vas-tu ? Peux-tu nous présenter brièvement ton parcours scolaire ? 

Mon échange à Cracovie
Carolina, 22 ans à l’époque, en échange à Cracovie avec Centrale Lille

Ça va très bien, merci. Après un bac S j’ai fait une prépa ingénieur (CPGE) filière PCSI/PC puis j’ai intégré Centrale Lille. Au cours de mon cursus en école j’ai pu faire une césure et un Erasmus, puis en dernière année j’ai suivi la filière Conception et Production Durable (Lowtech).

Pourrais-tu nous parler un peu plus de ton échange en Pologne ?

Mon Erasmus s’est déroulé à Cracovie, en Pologne. Je suis partie pour une durée de 6 mois, au deuxième semestre de février à juillet. 

Pourquoi avoir voulu faire un échange à l’étranger ?

J’ai toujours été attirée par le fait de vivre à l’étranger, c’est plus immersif qu’un voyage, car on voit tous les aspects de la ville de l’endroit que l’on visite. À chaque fois que je visite une ville, je me demande comment ce serait d’y vivre. Cela permet aussi de visiter toute la région.

Pourquoi avoir choisi Cracovie ? Quelles ont été tes motivations ?

Je voulais sortir de ma zone de confort. Je connais bien l’Amérique latine, car je vais souvent au Brésil et je venais de passer 6 mois au Pérou, y rester aurait été le choix du cœur. Les pays de l’Est m’ont toujours fait un peu peur, mais ça a été un défi que je me suis lancé. En plus, c’était peu de temps après la Covid-19 et les pays de l’Est étaient les seuls à ne jamais avoir annulé les échanges universitaires.

C’était l’occasion d’apprendre à connaître la culture et visiter tous les pays autour, en particulier parce que le coût de la vie le permet. L’échange était gratuit et la résidence très bon marché.

Quelles étaient tes craintes avant de t’y installer ?

J’avais peur de ne pas m’adapter aux Polonais, d’être trop différente culturellement. Et, effectivement, j’ai eu du mal à créer du lien, à part ceux qui sont investis dans la vie des étudiants Erasmus.

Je partageais ma chambre avec une Polonaise (dans des lits superposés) et trois autres Polonais partageaient la chambre d’en face. Les quatre étaient très introvertis, on s’adressait à peine la parole et ils rentraient dans leurs chambres quand quelqu’un d’autre sortait. Ce qui ne les empêchait pas d’être très gentils, de partager leur vaisselle et de me rendre service quand j’en avais besoin. Moi qui suis de nature sociable et très ouverte aux autres, ça fait un peu bizarre. Puis, passer en quelques mois de la proximité de la culture latine à la culture de l’Est, ça fait quelque chose (rires), mais ça reste une expérience. 

As-tu rencontré des difficultés avec la langue ?

N’ayant pas compris comment on faisait pour s’inscrire, je n’ai pas suivi les cours de polonais. Quasiment tout le monde parle anglais et surtout les jeunes, en particulier à Cracovie qui est une ville très touristique. Par contre, certains n’apprécient pas trop qu’on ne parle pas polonais. 

Mon premier jour, j’ai eu une petite frayeur, car j’ai pris un Uber pour aller de l’aéroport à la résidence qui ne parlait pas un mot d’anglais et qui m’agitait le ticket de parking de l’aéroport sous le nez en parlant polonais, j’ai cru qu’il voulait me faire payer. Finalement, il m’a déposée et m’a dit que c’était bon, je n’ai jamais compris ce qu’il voulait me dire (rires).

As-tu rencontré des difficultés avec les enseignements ? Les rendus ? 

Mise à part un cours, je n’ai choisi que des cours qui n’avaient pas de partiels. Les cours étaient adaptés pour les Erasmus à la faculté de mécanique d’AGH et ils étaient tous en anglais. Donc, honnêtement, rien à redire là-dessus. Le niveau était très accessible. 

Le seul bémol c’est que malheureusement, on ne rencontrait pas d’élèves locaux. On pouvait choisir de n’avoir cours que du mardi au jeudi, sans que les journées ne soient trop chargées. Les rendus étaient souvent des présentations, certains cours nous proposaient même de visiter des musées de la ville, et je les ai trouvés plutôt intéressants. Les professeurs étaient gentils et certains nous ont proposé de finir les cours plus tôt pour qu’on puisse rentrer chez nous. Mais tout le monde est resté pour profiter des derniers jours à Cracovie.

Les différences entre la France et la Pologne

Quelles sont les différences marquantes entre étudier en France et étudier en Pologne ?

Les cours que j’ai suivis n’étaient pas représentatifs des cours que suivent les Polonais. Les classes étaient multinationales, et on préférait l’échange aux examens. J’aimais bien aller en cours, car j’en avais peu et que c’était souvent un bon moment. Même les moins investis ont validé. 

À l’inverse, ma colocataire polonaise pour sa part étudiait du matin au soir et était très stressée par ses examens de première année. AGH est la meilleure université d’ingénieurs à Cracovie, elle est assez exigeante. Donc je pense que les internationaux sont facilités.

Et de manière générale, quelles sont les différences marquantes entre la vie en France et la vie en Pologne ?

À Cracovie, les gens de même nationalité se regroupent souvent, mais on se retrouve tous ensemble aux événements et on passe beaucoup de temps à rencontrer des gens d’autres pays. 

J’ai sympathisé avec beaucoup de Grecs, Turcs, Portugais, Espagnols, Allemands, Ukrainiens etc. C’était très intéressant de réaliser à quel point notre vision de l’Europe est centrée sur l’Europe de l’Ouest alors qu’il y a une culture bien plus vaste que ça. C’était aussi une période particulière, car la guerre en Ukraine venait de commencer, la Pologne accueillait de nombreux Ukrainiens, mais le climat était calme, très axé sur l’entraide.

Comment occupais-tu tes journées en échange ? 

J’ai beaucoup voyagé et fait la fête (rires). Il y a des soirées Erasmus tous les jours de la semaine, dont la plus populaire est la soirée internationale du lundi. Le jeudi j’aimais bien faire la soirée de la résidence de l’université, l’ambiance y est très sympa, car il y a une grande pelouse où les étudiants apportent leurs barbecues. C’était la meilleure occasion pour rencontrer les autres étudiants de la fac.

Souvent on partait en weekend avec les amis que je me suis fait là-bas, on a pu visiter Budapest, Vienne, Bratislava, Prague, Varsovie et plein d’autres villes en Pologne. Près de Cracovie il y a une station de ski réputée pour ses bains thermaux. Quand l’été est arrivé, on restait souvent à Cracovie, à organiser des pique-niques dans les parcs ou au bord des lacs, et à visiter la ville.

Quels sont les avantages de vivre et d’étudier à Cracovie?

C’est une ville riche culturellement, on peut y visiter Auschwitz-Birkenau, le musée de Schindler et les mines de sel par exemple. C’est bien placé, les capitales des pays alentour sont accessibles en train. Et ce n’est pas cher pour se nourrir, se déplacer ou se loger. C’est une très bonne ville pour faire un Erasmus.

Quels sont les inconvénients de vivre et d’étudier à Cracovie ?

En hiver il fait très froid, on en profite beaucoup moins. Je conseille d’y aller de février à juillet au lieu de septembre à janvier.

Comment financer son séjour en Pologne

Comment as-tu financé ton séjour ?

J’avais de l’argent de côté que mes parents m’avaient donné à mes 18 ans.

Percevais-tu des bourses ? Si oui, lesquelles ?

Non, je ne percevais aucune bourse.

Le coût de la vie est-il élevé à Cracovie ?

Non, du moins pas comparé à la France. Les cantines polonaises permettent de manger pour environ 6/7€, celle de la fac était encore moins chère, et on trouve plein de chouettes restaurants. Le supermarché Biedronka permet de faire des courses vraiment pas chères, c’est un peu le Lidl local. Pour se loger dans la ville, c’est plus élevé (dans les 300/400€) mais ma chambre partagée dans la résidence d’AGH me coûtait 95€/mois. C’est une bonne alternative.

Les trains sont à -50% pour les étudiants. Et pour les plus curieux, la vodka parfumée coûte 5€ la bouteille. 

À Cracovie, il faut compter une fourchette de combien de zloty pour un loyer ? Pour vivre pendant décemment ? (par mois)

Si ton loyer coûte, comme moi, moins de 100€, alors avec 400€ par mois tu vis très bien. S’il coûte 300/400€, alors je dirais plus 600/700€ par mois. En fait, tout dépend du prix du loyer.

Recommandes-tu Cracovie pour un échange universitaire ?

Je recommande chaudement, tous les étudiants que j’y ai rencontrés ont adoré leur échange, et sont restés après la fin des cours pour prolonger leur séjour.

Comment as-tu procédé pour candidater ?

Ça se faisait via l’école, une demande à remplir, puis via la plateforme de l’université partenaire.

Sur 10, à combien évalues-tu la “difficulté” pour s’inscrire à un échange (temps, documents, etc.)  ? 

Je ne me souviens pas très bien, dans mon souvenir ça allait. Le choix des cours était un peu compliqué, car il y avait beaucoup de choix et les cours ne devaient pas se chevaucher.

Est-ce que cette expérience t’a aidée professionnellement ? T’a permis de développer de nouvelles envies ou ambitions ?

Je pense être revenue plus ouverte d’esprit et je maîtrise mieux ma frustration quand une situation ou quelqu’un n’évolue pas comme je le voudrais.

Quels conseils donnerais-tu à un étudiant voulant faire un échange à l’étranger ?

De ne pas choisir l’échange et fonction de la réputation de l’université ou du contenu des cours. Ce ne sont que 6 mois, ils ne changeront pas grand-chose au CV. Par contre, le choix de la ville peut changer toute l’expérience. Mes amis qui sont allés dans des universités exigeantes pour les Erasmus n’ont pas profité du voyage et ont passé du temps à rattraper les cours.

Un petit fun fact sur la vie à (ville) ? Des idées reçues fausses ? De bonnes surprises ?

C’est une super ville pour faire les frippes ! Aussi j’ai bien aimé les musiques polonaises, l’université organise un festival à la fin de l’année, j’étais super contente de voir que je connaissais certains artistes.

Si c’était à refaire, tu le referais ? 

Direct

Un petit mot de la fin ? Tips, astuces, fun fact sur ton échange/la ville/le pays ?

Le Klub Studio le jeudi soir, c’est top.

Erasmus, mais qu’est-ce que c’est ? 

Né en 1987, Erasmus, dont la renommée n’est plus à démontrer, est un programme d’échange mis en place par tous les pays membres de l’Union européenne. Il te permet d’étudier ou de faire un stage dans un autre pays membre de l’Union européenne. Comme l’a fait Carolina à Cracovie ! 

Les conditions pour participer au programme ? Partir entre 2 et 12 mois durant ton cycle d’études et être étudiant européen. C’est tout ! 

Face à son succès, Erasmus est devenu Erasmus+. La différence ? Il inclut désormais un volet Erasmus Mundus, permettant à un étudiant européen d’étudier en dehors de l’Union européenne pour une période allant de 12 à 24 mois.

Vivre ton Erasmus sereinement : les aides à avoir

Tu crains de manquer de sous pour rejoindre l’aventure internationale ? À chaque problème, sa solution !  

Sache que tu bénéficies, la plupart du temps, automatiquement, d’une bourse d’échange propre au programme auquel tu participes. Ici, en l’occurrence la bourse Erasmus dont le montant dépend du pays de destinations et de la durée de ton échange. 90% des étudiants l’obtiennent, sauf cas particulier, comme Kaïs. Mais il reste encore à voir du côté du Crous ! Effectivement, si tu es boursier(e) du Crous, tu peux continuer de toucher ta bourse. 

La majeure partie du temps, les deux aides sont cumulables : bourse Erasmus + bourse de Crous. Tu peux aussi toucher l’aide à la mobilité internationale via ton établissement.

Tu peux aussi t’informer auprès de ta ville ou de ta région. Beaucoup de mairies donnent des subventions pour aider sa jeunesse à voler de ses propres ailes… Alors, à toi de jouer !

Lire aussi : Les bourses pour étudier à l’étranger

Pourquoi partir étudier à l’étranger ? 

Les motivations pour faire un échange à l’étranger sont nombreuses : découvrir une nouvelle culture, apprendre une langue, élargir son carnet d’adresses à l’international, découvrir un autre type d’enseignement, apprendre à se découvrir soi-même ou encore ouvrir son esprit, se faire de nouveaux amis et se créer de jolis souvenirs.

Mais, partir à l’étranger représente de nombreux autres avantages. Professionnellement, c’est une belle ligne à ajouter à ton CV, une distinction appréciée par tes futurs recruteurs. Financièrement, c’est une superbe opportunité ! Effectivement, vu que tu restes inscrit dans ton établissement français et que tu conserves ton statut d’étudiant Français tu ne dépends pas des frais de scolarité de ton pays d’accueil. Autrement dit, tu payes ton inscription comme si tu n’avais pas bougé de chez toi ! Ce qui est un sacré avantage lorsque tu sais qu’au Québec ou aux États-Unis les frais de scolarité dépassent les 10$. 

Tu l’auras compris, il existe mille et une bonnes raisons de se tester à un programme d’échange à l’étranger. C’est un enrichissement sur le long terme, à la fois personnel et professionnel. Et toi, c’est quoi qui te motive le plus ?

Lire aussi : Mon échange à Riga : le témoignage de Kaïs en Erasmus

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