Mon échange à Tokyo Omar

Mon échange à Tokyo : le témoignage d’Omar

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L’idée de faire un échange à l’étranger te plaît ? Tu veux partir loin et tu es un(e) passionné(e) par la culture asiatique ? Pourquoi ne pas tenter l’aventure japonaise ? C’est ce qu’a fait Omar, étudiant à l’IAE d’Aix-Marseille en Master de Business International. Le jeune homme est parti pour un échange au pays du soleil levant, durant le premier semestre de l’année 2023/2024.

Si tu veux en savoir plus sur la vie d’étudiant en échange au pays du soleil levant, lis son témoignage. Il te donnera quelques idées, des conseils et plus encore 😉

Le témoignage d’Omar, étudiant en échange à Tokyo au Japon

Coucou Omar, comment vas-tu ? Peux-tu nous présenter brièvement ton parcours scolaire ?

Omar mon échange à Tokyo
Omar, 28 ans, en échange à Tokyo au Japon avec l’IAE d’Aix-Marseille

Ça va très bien, merci. Après mon bac ES, j’ai fait une licence LEA anglais/japonais. Depuis tout jeune, je suis passionné par la culture japonaise et je voulais en apprendre davantage. J’ai redoublé ma L2 et du fait de mon redoublement, je n’avais pas le droit de partir en échange. J’ai fini ma licence, et par la suite, j’ai fait deux ans de pause.

Puis, j’ai décidé de reprendre mes études en licence d’éco-gestion et de recommencer à 0 pour la simple et bonne raison que quand je regardais les masters qui me plaisaient, tous demandaient cette licence. Ma licence s’est très bien passée et on me recommandait beaucoup l’IAE d’Aix-Marseille pour sa dimension internationale. J’ai postulé, j’ai été pris et ça se passe très bien de nouveau ! 

Peux-tu nous parler un peu plus de ton échange à Tokyo ? 

Oui, Tokyo était mon premier vœu et j’ai été pris rapidement. Ça faisait longtemps qu’une personne de l’IAE n’avait pas été prise là-bas. J’étais à l’université de Meiji et c’était top.

Pourquoi avoir voulu faire un échange à l’étranger ?

J’avais vraiment envie de partir au Japon. C’était un rêve d’enfant et j’avais l’envie de me challenger. Certes, je viens de Bordeaux, que j’ai quitté pour Aix puis pour Paris (en stage), mais l’étranger, c’était comme être un step au-dessus. Surtout pour un Master de Business International. 

Pourquoi avoir choisi le Japon ?

J’avais fait des études de japonais et je connaissais déjà pas mal la culture. Depuis petit, j’aime les animés, les mangas, etc. J’ai grandi avec et c’est même pour ça que j’ai été en LEA anglais/japonais. C’était évident. 

Quelles étaient tes craintes avant de t’y installer ?

C’est vrai que j’avais quelques craintes. Déjà, j’avais un pote pour qui ça s’était très mal passé, donc ça refroidit. J’avais aussi eu de mauvais échos, des personnes qui se sentaient seules une fois sur place, etc. Mais finalement, pour moi, tout s’est bien passé. Avec le recul, je me dis que beaucoup pensent uniquement à l’aspect « cool japan » (animés, mangas, etc.), mais ce n’est pas que ça. 

As-tu rencontré des difficultés avec la langue ?

Oui et non. Au début, c’est compliqué puisqu’on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Il y a pas mal d’anglais ici et là, mais globalement, ça parle surtout japonais. Tu arrives quand même à te débrouiller, surtout avec Google Translate qui te traduit avec la photo en deux temps, trois mouvements. 

Moi, je suis parti avec un niveau A2/B1 et sur place, je me suis rendu compte que ça allait être plus compliqué. Par contre, les interactions de tous les jours sont assez succinctes et ce sont toujours les mêmes mots ou la même phrase. Donc, une fois que tu as compris ça, c’est bon.

As-tu rencontré des difficultés avec les enseignements ? Les rendus ? 

Je n’avais que des cours en anglais et mes profs étaient internationaux (taïwanais, britannique, etc.) donc au niveau de la langue, ça a été, je n’ai pas eu trop de difficultés. En termes de volume horaire, j’avais 8 cours d’1h30, donc ça allait. Pour les rendus ça ne change pas trop de la France. 

Les différences entre la France et le Japon

Quelles sont les différences marquantes entre étudier en France et étudier au Japon ?

Le plus choquant, c’est de pouvoir totalement choisir ces cours. On choisit, on s’inscrit et c’est bon. En tant qu’étranger, il n’y avait pas de régulation. Ici, les notations sont différentes. C’est un système de lettres allant de D (la pire note) à S (la meilleure) en passant par C, B et A. Il peut aussi avoir des notes sur pourcentages. Par exemple, un C- ça revient à un 50%, du coup, j’ai l’impression que c’est quand même noté plus facilement par rapport à la France. Ça me semble plus simple d’avoir une bonne note. Aussi, j’ai l’impression qu’ils accordent une importance toute particulière aux écoles.

Et de manière générale, quelles sont les différences marquantes entre la vie en France et la vie au Japon ?

Déjà, le rapport social est différent, ils sont timides et réservés, certaines interactions sont compliquées au début, parfois ça peut paraître impoli. Ils ne disent pas forcément bonjour, merci, etc., mais pour eux, c’est normal. Il y a de tout, car d’autres sont beaucoup plus ouverts. Mais, si jamais ça arrive, il ne faut pas mal le prendre. 

Aussi, ils sont très à cheval sur les règles, tout est réglementé. La queue dans les transports, l’attente avant les feux rouges, le passage piéton, etc. Il y a aussi beaucoup d’accès pour les personnes à mobilité réduite. En fait, il y a plein de petites choses pensées pour aider les gens au quotidien et faciliter la vie en société.

Par contre, l’administration est catastrophique. Tout est en format papier et ils utilisent encore le fax. Je pensais que la France, sur le plan administratif, on était nul, mais alors là, c’est encore pire. En fait, le Japon est un pays paradoxal. Au quotidien, on a l’impression d’être dans le futur, mais pour des choses comme l’administration, ce sont les années 90. Pareil, le recyclage, c’est compliqué…

Comment occupais-tu tes journées ? 

J’avais très bien choisi mon emploi du temps, donc je n’avais cours que 3 jours dans la semaine. Ça me laissait du temps pour faire ma vie à côté. Je me levais, je prenais mon petit déjeuner qui était inclus dans le dortoir. Mais en tant que Français, le riz et le poisson le matin, c’est non (rires). Du coup, souvent, je le prenais ailleurs. Puis je visitais, j’allais en cours, je sortais avec des amis et il y avait aussi des jours où je ne faisais rien. J’ai aussi voyagé dans le pays, j’ai fait 3 ou 4 voyages de quelques jours à une semaine. Mais vu que ça représente un coût, ça dépend des moyens de chacun.

Mon coup de cœur, c’est le karaoké. J’allais très fréquemment faire du karaoké. Il y avait des chansons japonaises, mais aussi anglaises et françaises. Dans mon premier karaoké, il y a eu « Monde parfait » d’Ilona, j’étais choqué (rires)

Quels sont les avantages de vivre et d’étudier au Japon ?

C’est une ville abordable et il y a toujours des choses à faire. C’est une ville immense et toute la région de Tokyo, ça représente 40 millions d’habitants. Il y a plus de la moitié de la France dans une ville. C’est extrêmement grand, tu peux prendre le train 1h30 et ne toujours pas quitter Tokyo. 

Il y a beaucoup d’activités pour sortir, plus qu’en France. Les gens ne vont pas qu’au bar, mais tu peux faire des karaokés, des arcades, beaucoup de restaurants et rien n’est cher. La nourriture n’est non seulement pas chère, mais très nutritive et tu peux manger dans un bon restaurant pour 6/7 €. Pareil, pour les vêtements, ils ne sont pas chers et il y a beaucoup de seconde main.

Aussi, les gratte-ciels sont impressionnants, il y a du monde, mais je n’ai pas trouvé ça si oppressant. Après, c’est subjectif. Dernière chose qui est trop cool, les konbini, des épiceries ouvertes 24/7 et très pratiques. On n’a malheureusement pas d’équivalence en France.

Quels sont les inconvénients de vivre et d’étudier au Japon ?

Je dirais la timidité des Japonais. Parfois, c’est un peu compliqué et ça rend les échanges assez délicats. Aussi, ça m’est arrivé 2 ou 3 fois d’avoir de petits couacs avec les habitants, car j’étais étranger, mais ça peut arriver partout. Ils peuvent avoir des a prioris sur nous. Aussi, on sent que le sexisme est assez présent dans la société. Je me suis trouvé témoin de situations un peu limites… Par contre, dans la rue, je n’ai jamais ressenti autant de sécurité, à n’importe quelle heure. Tout le monde fait sa vie et personne ne te calcule. Le gros inconvénient pour moi, c’est la pollution et leur surconsommation de plastique.

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Comment financer son échange à Tokyo

Comment as-tu financé ton échange ? 

J’ai un prêt étudiant que j’ai pris pour mes années à l’IAE. C’est principalement grâce à ça que j’ai pu vivre là-bas. 

Percevais-tu des bourses ? Si oui, lesquelles ?

Oui, j’avais une bourse. Chaque personne qui partait en échange hors Europe en recevait une. Une sorte de bourse Erasmus+. Tu reçois 70% quand tu arrives et les 30% restants quand tu pars. Mais, c’est surtout mon prêt qui m’a sauvé. 

Quel montant cela représentait par mois ? 

La mienne était de 400 € par mois. Je sais qu’il y avait aussi une aide de la région, mais je ne l’ai pas reçue, sans savoir trop pourquoi. De mémoire, c’était environ 2000 € par mois, donc bon de quoi vivre sa best life (sourire).

Le coût de la vie est-il élevé au Japon ?

Ça reste un coût, mais à part les voyages qui coûtent cher, je trouve le coût de la vie moins élevé au Japon qu’à Paris. La nourriture n’est pas chère, donc ça joue énormément. À part le prix des fruits et des légumes. Si tu aimes les pommes, il faut arrêter (rires). Aussi, certains aliments sont durs à trouver et très chers (pain, fromage, etc.), mais bon, c’est normal, il faut s’adapter.

Enfin, les transports en commun sont chers. Même si en tant qu’européen, ce n’est pas très cher en comparant l’euro par rapport au Yen. Mais les budgets à prévoir c’est surtout l’avion et les transports sur place.

Au Japon, il faut compter une fourchette de combien d’euros pour un loyer ? Pour vivre décemment ?

Déjà, je recommande à tout le monde de prendre un dortoir au sein d’une université avec des internationaux. C’est très rentable et tu rencontres plein de monde. Je payais 500€ par mois avec le repas du soir, le petit déjeuner et les charges comprises. C’est très rentable. De manière générale, sans me priver, je devais vivre à hauteur de 1000€ par mois, mais on peut faire moins.

Recommandes-tu le Japon pour un échange universitaire ? 

Oui ! Que tu sois intéressé(e), ou pas, par la culture japonaise. Ça change vraiment et il y a beaucoup d’internationaux (français, chinois, thaïlandais, etc.). C’est un bon melting pot. Franchement, je recommande.

Comment as-tu procédé pour candidater ?

Dans mon IAE, c’était obligatoire de partir à l’étranger. J’ai donc fait ma demande en interne avec l’AMU (Aix Marseille Université). Honnêtement, c’était assez lourd, c’est un peu compliqué de trouver les informations, etc. Puis, il y a eu aussi un manque d’informations entre l’AMU, l’université de Meiji et moi-même. 

J’étais peu au courant des avancées. Aussi, pour partir au Japon, on demande des choses assez spéciales : si tu as une santé stable, une radio des poumons, etc. Le pire, c’était la demande de visa ! C’est vraiment le plus embêtant. L’administration est très protocolaire et encore une fois, tout est sous format papier.

Sur 10, à combien évalues-tu la « difficulté » de candidatures pour s’inscrire à un échange ? 

Je dirais 7/10. Ça prend du temps, c’est énervant et long, mais ça vaut le coup !

Est-ce que cette expérience t’a aidé professionnellement ? T’a permis de développer de nouvelles envies ou ambitions ?

Personnellement, je ne peux pas encore le dire. Mais avoir un niveau en japonais et faire savoir que je suis allé au Japon, ça intrigue. Ça revient souvent en entretien d’embauche. Je sais que ça va m’être utile. Aussi, le marché du travail là-bas est très différent, mais intéressant et même si je ne pense pas que je pourrais y vivre indéfiniment, maintenant que je connais les codes, pourquoi ne pas y aller 1 ou 2 ans. 

Conseils pour un échange au Japon

Quels conseils donnerais-tu à un étudiant voulant faire un échange à l’étranger ?

Bien se renseigner sur la culture du pays d’accueil. Beaucoup se pointent en mode « coucou, c’est moi», mais il y a quand même beaucoup de règles qui diffèrent, donc il faut se renseigner. Même chose quant à l’actualité et aux nouveautés du pays. Le tout, c’est de savoir à quoi s’attendre. Tu peux aussi apprendre un peu les bases de la langue : bonjour, merci, au revoir, etc.

Un petit fun fact sur la vie au Japon ? Des idées reçues fausses ? De bonnes surprises ? 

Le fait de dire que le Japon vit dans le futur… oui, mais à moitié. Pour preuve, on utilise encore le fax. Architecturalement parlant aussi, la juxtaposition de l’ancien et du nouveau en omniprésent. Tu peux avoir un building hyper moderne à côté d’un temple de 2000 ans. C’est super sympa !

Si c’était à refaire, tu le referais ?

Oui ! Pour la culture, les gens et l’expérience. Je n’avais jamais trop voyagé avant ça et c’est un moment de ma vie où j’ai pu me dire « je suis capable » de partir loin, seul, etc. C’est super important ! 

Un petit mot de la fin ? Tips, astuces, fun fact sur ton échange ?

Si vous pouvez partir, partez ! Peu importe où, ça aide. N’y allez pas avec trop d’idées reçues et d’espoirs sur un style de vie en particulier. Ayez des attentes rationnelles. C’est une super expérience. Ça permet aussi de prendre du recul sur la France. 

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Pourquoi partir étudier à l’étranger ? 

Les motivations pour faire un échange à l’étranger sont nombreuses : découvrir une nouvelle culture, apprendre une langue, élargir son carnet d’adresses à l’international, découvrir un autre type d’enseignement, apprendre à se découvrir soi-même ou encore ouvrir son esprit, se faire de nouveaux amis et se créer de jolis souvenirs.

Mais, partir à l’étranger représente de nombreux autres avantages. Professionnellement, c’est une belle ligne à ajouter à ton CV, une distinction appréciée par tes futurs recruteurs. Financièrement, c’est une superbe opportunité ! Effectivement, vu que tu restes inscrit dans ton établissement français et que tu conserves ton statut d’étudiant français, tu ne dépends pas des frais de scolarité de ton pays d’accueil. Autrement dit, tu payes ton inscription comme si tu n’avais pas bougé de chez toi ! Ce qui est un sacré avantage lorsque tu sais qu’au Québec ou aux États-Unis les frais de scolarité dépassent les 10 000$. 

Tu l’auras compris, il existe mille et une bonnes raisons de se tester à un programme d’échange à l’étranger. C’est un enrichissement sur le long terme, à la fois personnel et professionnel. Et toi, c’est quoi qui te motive le plus ? 

Les aides pour étudier à l’étranger

N’oublie pas de faire tes demandes de bourse et de diverses aides financières qui peuvent contribuer à réduire tes frais et alléger ta charge financière durant ton échange à l’étranger. 

Tu as alors différentes bourses et aides disponibles en fonction de ton type d’échange et de ta destination (bourse Erasmus+, bourse du Crous, aide à la mobilité internationale, aide de la région, etc.). 

Pour être sûre de toucher au moins une de ces aides, assure-toi de bien vérifier les critères d’éligibilité et les dates limites pour faire ta demande. Aussi, n’hésite pas à contacter les bureaux des Relations Internationales de ton établissement pour obtenir des informations précises sur les aides disponibles !

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