Spécialité HGGSP : le rôle de l’ONU

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Tu connais bien entendu l’Organisation des Nations Unies, mais sais-tu réellement quel est son rôle sur l’échiquier mondial ? Dans cet article nous revenons avec toi sur les grandes missions de l’ONU. Quelles sont-elles ? Quel bilan ? Nous faisons le point ensemble sur cette grande organisation, de quoi étayer tes copies et bluffer tes professeurs.

Les missions de l’ONU

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a été créée le 24 Octobre 1945, à la suite de la seconde Guerre Mondiale. Héritière de la Société des Nations (SDN) créée en 1919, elle en reprend les grands principes, mais inclut plus de pays (193, dont les États-Unis contrairement à la SDN). Son objectif principal est de maintenir la paix et la sécurité internationale. En parallèle, l’ONU a un deuxième objectif majeur : renforcer le développement et l’aide humanitaire à travers le monde. Trois documents emblématiques font référence à ces deux missions :

  • La Charte des Nations Unies : signée le 26 juin 1945, elle codifie les grands principes des relations internationales, notamment l’égalité souveraine.
  • La Déclaration universelle des droits de l’homme, signée le 10 décembre 1948.
  • Les Objectifs de Développement Durable (ODD), signés en 2015.

 

Les ODD, au nombre de 17 aujourd’hui, répondent à trois objectifs généraux : éradiquer la pauvreté sous toutes ses formes et dans tous les pays, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous. Les ODD servent de guide aux agences de l’ONU.

En plus des 38 000 personnes travaillant pour son secrétariat, l’ONU s’appuie sur 112 000 employés sur le terrain.

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Le maintien de la paix : bilan contrasté pour l’ONU

Pour atteindre son objectif principal, l’ONU s’appuie sur six organes principaux :

  • Le Conseil de sécurité (CS), qui a le pouvoir d’imposer des sanctions et de recourir à la force afin de rétablir la paix (en votant des résolutions). Il compte 5 membres permanents depuis son origine (la Chine, les États-Unis, la France, le Japon et le Royaume-Uni), qui ont un droit de veto (un seul membre peut refuser d’imposer de sanctions ou de recourir à la force, comme la Russie sur la crise syrienne depuis 2011) et 10 membres non-permanents, élus par l’Assemblée Générale pour 10 ans.
  • L’Assemblée Générale (AG), qui regroupe les 193 Etats membres (chacun a une voix) et siège une fois par an. L’AG permet de faire des recommandations aux États membres, mais ne peut pas prendre de résolution, contrairement au Conseil de Sécurité. Si ce choix a été fait pour ne pas bloquer l’ONU, il pose des questions démocratiques : 5 États ont un pouvoir bien supérieur aux autres, sans que les blocages ne soient évités, l’usage du véto restant fréquent. D’où une réforme de l’ONU en 2020, d’ampleur mesurée.
  • Le secrétariat de l’ONU, chargé du fonctionnement quotidien de l’ONU, au service de ses organes et de ses programmes. Son directeur actuel est António Guterres.
  • La Cour Internationale de Justice (CIJ), seul organe principal qui ne siège pas à New York, mais à La Haye (Pays-Bas). La CIJ a pour objectif de régler les différends juridiques entre États, qui ne sont cependant pas tenus de respecter la décision de la CIJ, qui a surtout une valeur morale.
  • Le Conseil Économique et Social, veillant à coordonner l’action économique et sociale des institutions de l’ONU. Il est composé de 54 États membres, élus pour trois ans.
  • Le Conseil de tutelle, qui a cessé d’exister en 1994. Il devait aider les pays nouvellement indépendants à devenir autonomes.

 

La fin de la guerre froide (1989-1991) a entraîné un déverrouillage de l’ONU,  avec la fin de l’opposition systématique Est-Ouest. Ainsi, les résolutions sont beaucoup plus nombreuses : elles peuvent désormais concerner le terrorisme ou la non-prolifération nucléaire, alors que les opérations de maintien de la paix ont été multipliées par six depuis la fin de la guerre froide (actions menées dans une région en crise, par les armées des pays membres sous mandat de l’ONU et/ou par les 64 770 casques bleus : hommes et femmes militaires, policiers ou civils détachés par leur pays au service de l’ONU). En 2022, on compte 12 opérations de maintien de la paix (comme MINUAD au Darfour ou MINUSS au Soudan du Sud).

Cependant, le bilan de l’objectif de maintien de la paix est mitigé, notamment car certaines interventions ont été un traumatisme pour les grandes puissances qui sont intervenues sous mandat de l’ONU : USA en Somalie en 1993, France au Rwanda en 1994 (pas sous mandat mais autorisée par l’ONU), casques bleus qui n’ont pu empêcher le massacre de 8000 musulmans bosniaques à Srebrenica (Bosnie Herzégovine) en 1995, symbole de l’impuissance de l’ONU. Ainsi, les grandes puissances se désengagent et laissent place à des puissances émergentes, notamment la Chine (8000 casques bleus).

Une deuxième difficulté vient des différents scandales liés aux interventions : abus sexuels en Haïti, au Libéria ou au Cambodge. Enfin, l’ONU a aujourd’hui du mal à mettre en place des mandats offensifs pour prévenir les conflits, du fait de l’outrepassement des mandats, notamment sur le principe de responsabilité protégée (si un pays n’est pas capable de protéger sa population contre des menaces, la communauté internationale a le droit d’intervenir). Ce dernier a été invoqué pour justifier l’intervention de la France et du Royaume-Uni, sous mandat de l’ONU, en Libye en 2011 pour protéger la population. Mais le mandat a été dépassé avec l’assassinat du dictateur libyen M. Kadhafi. De ce fait, la Chine et la Russie mettent leur veto contre les interventions de responsabilité protégée, notamment en Syrie, en pleine guerre civile depuis 2011.

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Le développement et l’aide humanitaire : un apport indispensable

Pour atteindre son deuxième objectif majeur, l’ONU associe ses quinze agences spécialisées et différends fonds et programmes. Chacun dispose de sa politique, de son budget et de ses pays membres. On distingue notamment :

  • Les quinze agences, ou institutions spécialisées comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et la Banque mondiale, financées à la fois par des contributions volontaires et des contributions obligatoires.
  • Les programmes et les fonds, tels le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ou le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), uniquement financés par des contributions volontaires.

 

Si l’ONU est relativement impuissante quant à l’anticipation et la prévention des conflits, elle joue cependant un rôle manifeste dans le développement. La FAO (aide alimentaire d’urgence, évaluation des récoltes et besoins), la Banque Mondiale (prêts aux pays pauvres notamment, même si les réformes exigées en contrepartie sont parfois contre- productives), l’OMS (campagnes de prévention contre le Sida et de vaccination), l’UNICEF (soins aux enfants, scolarisation élémentaire) ont fortement contribué à ce que le taux mondial d’extrême pauvreté (sous 1,90$ par jour) soit divisé par deux entre 1990 et 2015.

De même, la part de la population mondiale souffrant de la faim est passée de 15% à 11% entre 2000 et 2016. Mais du fait de l’augmentation de la population mondiale, le nombre de personnes pauvres ou souffrant de la faim (majoritairement en Asie du Sud et en Afrique) ne baisse pas. Et les crises mondiales font augmenter ces chiffres : augmentation de 150 millions de personnes en situation d’extrême pauvreté (689 millions en 2017) et souffrant de la faim (828 millions en 2021) avec le COVID. La perspective d’une crise alimentaire mondiale entraînée par la guerre en Ukraine renforce la nécessité de l’action de l’ONU, essentielle mais qui seule ne peut pas éradiquer la pauvreté et la faim d’ici 2030.

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