Et si la ressource la plus précieuse du XXIᵉ siècle n’était plus le pétrole, mais les données ? Chaque clic, chaque recherche Google, chaque localisation GPS génère une information qui peut être collectée, analysée et utilisée. Dans un monde où les données circulent plus vite que les marchandises, elles deviennent un nouveau levier de puissance pour les États comme pour les entreprises.
Comment la maîtrise des données redessine-t-elle les rapports de force à l’échelle mondiale ?
Les données : une nouvelle matière première
Le « pétrole du XXIᵉ siècle »
Les données personnelles et industrielles permettent de :
- comprendre et anticiper les comportements des consommateurs,
- développer des innovations (intelligence artificielle, santé, transports),
- renforcer les capacités de surveillance et de renseignement.
À l’ère numérique, celui qui contrôle les données détient un avantage économique, technologique et militaire décisif.
Les géants du numérique, maîtres du jeu
Les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et leurs équivalents chinois, les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi), contrôlent l’essentiel des données mondiales. Leur puissance dépasse parfois celle des États, posant un défi à la souveraineté nationale.
Une compétition mondiale autour de la donnée
États-Unis vs Chine : la bataille numérique
Les États-Unis dominent par leurs entreprises, pionnières dans la collecte et l’exploitation des données.
La Chine, de son côté, mise sur une approche centralisée : ses géants technologiques collaborent étroitement avec l’État, qui utilise les données comme outil de contrôle social (exemple : le système de crédit social).
L’Europe et la voie de la régulation

Face à cette rivalité, l’Union européenne tente d’imposer une « troisième voie » avec une régulation forte. Le RGPD (2018) est devenu un modèle mondial pour la protection des données personnelles, renforçant l’idée d’une « souveraineté numérique européenne ».
Les enjeux stratégiques et sécuritaires
La donnée comme arme
Les cyberattaques, la désinformation et le piratage montrent que les données ne sont pas seulement économiques : elles sont aussi militaires et politiques. Contrôler l’information, c’est aussi influencer les opinions publiques et déstabiliser des démocraties.
Vers une gouvernance mondiale des données ?
L’absence de règles internationales claires crée un vide juridique exploité par les grandes puissances. Faut-il instaurer un droit universel à la protection des données, à l’image des droits humains ? La question reste ouverte.
Un nouvel équilibre des puissances
La géopolitique des données illustre la transformation du pouvoir au XXIᵉ siècle. Après la terre, la mer et le pétrole, c’est désormais le contrôle de l’information numérique qui détermine la hiérarchie mondiale.
La bataille ne fait que commencer : elle opposera ceux qui exploitent les données pour dominer, et ceux qui cherchent à protéger la liberté et la vie privée des citoyens.







