Analyse des sujets bac philo 2022

Analyse des sujets de philosophie de la voie générale du bac 2022

À lire dans cet article :

À l’approche de l’épreuve de philosophie du baccalauréat 2023, pourquoi ne pas jeter un petit coup d’œil aux sujets sur lesquels ont planché tes camarades l’année passée ? Dans cet article, nous te proposons d’analyser en quelques mots les sujets du baccalauréat de philosophie du mercredi 15 juin 2022, afin de t’aider à y voir plus clair dans les enjeux de chaque sujet et dans les directions problématiques qui pouvaient être attendues.

Analyse des sujets de philosophie du bac 2022

Sujet 1 : Les pratiques artistiques transforment-elles le monde ?

Le premier sujet posait la question suivante : Les pratiques artistiques transforment-elles le monde ?

Pour répondre à cette question, il faut d’abord bien comprendre chacun des termes. Qu’entend-on, d’abord, par “pratiques artistiques” ? Il ne s’agit pas seulement des différents arts, mais de la manière dont les individus et les sociétés pratiquent ces arts, les exécutent et produisent des œuvres au sein ou à partir de ces arts. Ici, les arts doivent être probablement compris dans leur sens moderne : il n’était pas nécessaire d’y inclure la technique et les arts au sens ancien (comme l’astronomie). Les pratiques sont des actions, aussi peut-on poser la question des effets qu’elles produisent. Le sujet propose de parler de “transform[ation]”, c’est-à-dire d’un passage d’une forme à une autre. Le mot n’est pas anodin : tout changement n’est pas une transformation, et l’on peut changer la forme de quelque chose sans en changer la matière – la question étant de savoir si c’est ce que font les pratiques artistiques. Enfin, l’objet de cette transformation serait le monde. Il faut bien distinguer, ici, entre “monde”, “nature” et “univers” par exemple. Le monde renvoie au mundus latin, qui désigne avant tout la propreté et la parure, les ornements, avant de désigner le monde comme agencement harmonieux de tout ce qui existe. Il y a donc, dans le mot même de “monde”, l’idée d’un équilibre, d’un ordre, d’une beauté qui n’est pas sans être en rapport avec les pratiques artistiques, qui recherchent souvent les mêmes qualités. En outre, le monde n’est pas seulement l’ensemble de ce qui existe, mais la manière dont l’être humain se rapporte à ce qui existe autour de lui : en cela, il est d’autant plus probable que les pratiques artistiques puissent transformer le monde (“son monde”), par exemple via l’architecture ou la sculpture.

Sujet 2 : Revient-il à l’État de décider ce qui est juste ?

Le second sujet posait la question suivante : Revient-il à l’État de décider ce qui est juste ?

Dans ce sujet le verbe “revenir à” renvoie à une prérogative, à une souveraineté dans un domaine particulier. Cette prérogative est mise en question à propos de l’État. Une des difficultés du sujet est de bien distinguer l’État de termes politiques proches : la nation, la cité, le pays, etc. On peut définir l’État comme l’appareil ou le dispositif que se donne un pouvoir politique pour administrer ou gouverner un peuple ou une nation. Ce qui est dévolu à l’État serait une “déci[sion]”, celle de déterminer “ce qui est juste”, et, par là, il faut comprendre que ce qui est juste ne va pas de soi, qu’il n’y aurait pas de juste en soi, et que, parmi plusieurs options, il faudrait “décider” (littéralement “couper” ou de “retrancher”), et qu’il n’y aurait rien de juste avant cette décision – qui comporte donc une part d’arbitraire. Le sujet interroge ainsi la nature de la justice en politique, afin de savoir quelles sont les conduites légitimes ou non, dans les rapports interpersonnels d’un peuple organisé. Plus précisément, le sujet interroge le rôle de l’État dans cette institution du juste. Le verbe “revenir à” connote en outre l’idée d’un vide, d’une absence : en l’absence de juste naturel, ce serait à l’État de s’emparer de ce pouvoir de décision et de déclarer ce qu’est le juste. C’est en interrogeant cet état où le juste politique pourrait ne pas être encore constitué ou institué qu’il était possible de dégager certaines bonnes problématiques.

Explication de texte

Le sujet de l’explication de texte était un extrait de l’Essai sur les fondements de nos connaissances et sur les caractères de la critique philosophique de Cournot. Le texte avait pour thème l’opposition entre l’observation scientifique portant sur la nature et l’observation intérieure, qui ne peut répondre aux critères de scientificité d’après le philosophe. Là où les phénomènes naturels sont répétables, fixes, et identifiables les uns aux autres à travers des expériences différentes, les phénomènes intérieurs sont fugaces, insaisissables et subjectifs : il leur manque la possibilité d’une observation par plusieurs observateurs conjointement, qui seule peut fonder l’objectivité scientifique.

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