L’ONU a été crée en 1945, pour préparer le fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle fait suite à la Société des Nation (SDN), et a pour but de régler tout un tas de problèmes internationaux d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire. Elle compte aujourd’hui 193 membres.
L’ONU, une organisation de référence qui fait face à de multiples blocages
La renaissance du projet onusien au lendemain de la guerre froide
Le projet de l’ONU était à l’origine de créer une communauté internationale d’États égaux entretenant des relations pacifiques et régies par le droit. La fin de la Guerre froide permet un retour à ces ambitions. C’est la fin de l’ordre bipolaire, et l’ONU n’est plus paralysée par les vetos soviétique et américain.
Ainsi, en 1991, lors de la guerre du Golfe, l’ONU agit comme force de pacification plutôt que d’interposition. Une coalition se forme contre l’Irak, c’est le « nouvel ordre mondial ». L’ONU se charge de la défense du droit international. Elle déploie son activité et devient une pièce centrale dans la recomposition du système international. L’ONU connait alors de nouvelles dynamiques, notamment avec la demande de plus de pouvoir par les pays émergents (surtout la Chine) et de défense de la souveraineté étatique (capacité d’un État à décider de sa politique, contrôler son territoire). En effet, dans les années 1990, les interventions humanitaires onusiennes ont parfois outrepassé la souveraineté étatique, lorsqu’elles étaient motivées par l’assistance à des populations privées de leurs droits fondamentaux. C’est ce que l’on nommera le droit d’ingérence humanitaire.
L’impossible réforme du Conseil de sécurité ?
Le Conseil de Sécurité est l’un des six organes principaux de l’ONU. Il est en charge de veiller au maintien de la paix dans le monde. Le problème est que l’on observe une contradiction entre l’« égalité souveraine» des États et la position préférentielle des 5 membres permanents du Conseil de sécurité. En effet, il est composé de 5 membres permanents (les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale) : la France, la Chine, les États-Unis, la Russie et le Royaume-Uni. Et de 10 membres élus par l’Assemblée générale pour un mandat de deux ans. Cette hiérarchie internationale est jugée anachronique par l’Allemagne, le Japon, le Brésil, l’Inde ou encore l’Afrique du Sud. D’autant plus que ces membres ont un droit de veto. En 2005, Kofi Annan a proposé un élargissement de 15 à 25 membres afin d’équilibrer la représentation entre les continents tout en préservant le droit de veto des 5 membres permanents. Mais cela s’est soldé par un échec en raison d’un manque de cohésion entre pays du Sud (ils étaient divisés sur les candidats pour les représenter). De plus, les membres permanents étaient soucieux de maintenir leur privilège. De plus, la dégradation de la situation internationale des années 2010 a rendu une réforme du Conseil de sécurité improbable (Brexit, défiance sous Trump, statu quo de la Russie et de la Chine, puis guerre en Ukraine et dans le Moyen-Orient, etc.). Le Conseil de Sécurité est affaibli, même s’il s’agit de l’instance la plus importante de l’ONU. La gouvernance mondiale de l’ONU dépend d’un accord entre grandes puissances.
L’ONU, une institution inefficace ?
L’ONU dispose de trois modes d’action : politique (capacité à intervenir dans les conflits par coopération des États), fonctionnel (actions face aux questions globales, par exemple développement ou climat) et idéologique (promotion des valeurs des Nations unies, pacifisme, démocratie, droits humains).
Cependant, le problème réside dans le blocage des grandes puissances disposant d’un droit de veto, qui paralyse toutes les actions de l’ONU. Par exemple, les États-Unis sont opposés à la condamnation de la colonisation Israëlienne, et la Russie avait mis son veto face aux résolutions proposées sur la guerre en Syrie (14 vétos entre 2011 et 2019). Enfin, l’ONU n’a toujours pas réussi à résoudre les conflits actuels en Israël et en Ukraine, sans parler de tous les conflits en Afrique (par exemple en RDC). L’ONU souffre également du défi du nombre : de 51 membres fondateurs, elle est passée à 193 États, ce qui rend la prise de décision collective plus lourde et favorise les blocages.
Mais le Conseil de Sécurité reste actif, il réalise en moyenne 60 résolutions par an. De plus, la coopération entre les membres est devenue plus complexe et un acteur extérieur intervient souvent dans les négociations (les ONG, notamment pour les enjeux transversaux dépassant le contrôle des conflits -protection des civils, lutte contre la piraterie, contrôle du commerce illicite). Les différents agendas, bases juridiques et structures rendent le fonctionnement et la prise de décision très complexes.
De plus, l’ONU est composée d’une multitude d’organisations difficiles à contrôler : 24 institutions spécialisées, plus des fois et des programmes qui organisent une coopération économique, sociale et technique.
En 2015, les ODD (objectifs du Développement Durable) ont été mis en place pour remplacer les OMD (objectifs du millénaire pour le développement). Si ce fut un succès pour la réduction de la pauvreté ou les progrès de la scolarisation, on observe depuis lors une augmentation globale des inégalités.
Par ailleurs, la montée en puissance des acteurs privés (multinationales, banques, ONG) et la multiplication des organisations « de club » comme le G7, le G20 fragmentent la gouvernance. L’ONU, bien qu’ayant lancé des initiatives comme le Pacte mondial (2000) pour impliquer entreprises et société civile, voit sa capacité de leadership diluée : elle n’est plus l’architecte principal, mais un acteur parmi d’autres.
Le poids des institutions de Bretton Woods
Des institutions autonomes vis-à-vis de l’ONU
Face aux multiples institutions de Bretton Woods, l’ONU dispose de moins de marge de manoeuvre. Par exemple dans le champ économique avec le FMI (Fonds monétaire international, la Banque mondiale ou encore l’OMC (organisation mondiale du commerce).
De plus, son mode de vote par le principe démocratique s’oppose au droit de vote en vigueur dans les autres institutions (FMI et BM), soit le droit de vote proportionnel à la part dans le capital de l’institution, qui donne du pouvoir aux États riches.
Par ailleurs, après la décolonisation, les pays du Sud ont cherché à mobiliser l’ONU pour mettre en place un « nouvel ordre économique international » remettant en cause les principes libre-échangistes, afin de favoriser le développement. Mais l’opposition des grandes puissances et l’éclatement des pays du Sud à cause des crises d’endettement ont entrainé le ralliement des pays du Sud à l’ordre de Bretton Woods. Le développement du « droit d’ingérence », la création de la CPI (2002) ou les interventions dans les États fragiles montrent une volonté d’aller au-delà de la souveraineté absolue, mais suscitent des accusations de néocolonialisme, notamment de la part des pays du Sud. Parallèlement, le retour du souverainisme au Nord comme au Sud (Trump, Russie, Chine, BRICS) réduit la portée du multilatéralisme onusien.
Enfin, la libéralisation économique et financière a pris le dessus sur l’aide au développement. Cette dynamique a été renforcée par la création de l’OMC en 1995, avec l’élargissement aux pays du Sud et la libéralisation des échanges entre pays du Nord (GATT).
Ainsi, l’ONU reste un cadre universel et légitime, notamment dans l’élaboration de normes globales (climat, droits humains, développement), mais son efficacité est mise en cause par la dispersion des centres de pouvoir, le poids des clubs restreints et le retour des logiques de puissance nationale. Elle illustre le paradoxe d’une gouvernance mondiale à la fois plus inclusive (ONG, entreprises, société civile) et plus exclusive (puissances dominantes et clubs fermés).







