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Marivaux : biographie et œuvres

À lire dans cet article :

Bac français 2024. Tu as lu ou tu t’apprêtes à lire Les Fausses confidences de Marivaux et tu souhaites en savoir plus sur l’auteur de cette pièce au programme du bac français ? Cet article te donne les éléments essentiels de la vie et des œuvres de Marivaux, afin de mieux comprendre le contexte et le style de cet auteur incontournable.

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Enfance de Marivaux

Tout d’abord, si tu es à la recherche d’une analyse de la pièce Les Fausses confidences, nous t’invitons à consulter notre article juste ici.

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, connu sous le nom de Marivaux, est né à Paris en 1688. C’est un romancier, journaliste et dramaturge français. Il grandit à Riom, en Auvergne (Est de la France) dans une famille de la petite noblesse. Il y reçoit une éducation soignée. Il s’installe à Paris en 1710 et étudie au collège de Beauvais, avant de commencer ces études de droit.

Peu après son arrivée dans la capitale il devient, par l’entremise de Fontenelle (écrivain et dramaturge français), l’un des familiers du salon de Mme de Lambert. C’est là qu’il reçoit la validation de sa première pièce de théâtre intitulée Le Père prudent et équitable (1712). Cette prédilection qu’il attache à la vie de mondain (relatif à la société des gens fortunés, à ses divertissements), plus que le désir impérieux de répondre à sa vocation littéraire a vraisemblablement une très large part dans l’interruption de ses études en 1713.

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Les débuts de Marivaux

Au début de sa carrière, il se consacre à l’écriture d’articles pour des revues ou journaux, avant d’accorder davantage de temps à l’écriture romanesque et au théâtre. S’il écrit d’abord par plaisir, il doit toutefois rapidement en faire son gagne-pain et gagner les faveurs de mécènes (personne riche et généreuse qui aide et soutient financièrement les écrivains, les artistes), ayant perdu sa fortune dans la banqueroute de Law (ce système financier développe l’utilisation de la monnaie papier, plutôt que la monnaie métallique, pour faciliter le commerce international et aider à la liquidation des dettes d’État).

Marivaux s’engage, à partir de 1717, au Nouveau Mercure, pour lequel il rédige des Lettres sur les habitants de Paris. La même année, il se marie avec la fille d’un riche avocat, Colombe Bologne, qui meurt en 1723. Cette alliance lui assure une situation financière stable et lui permet de se consacrer à l’écriture et à sa vie littéraire.

Alors que l’une de ses pièces (La Mort d’Hannibal, 1720) vient d’être acceptée à la Comédie Française et deux autres, L’Amour et la Vérité (1720) et Arlequin poli par l’amour (1720) au Théâtre des Italiens, Marivaux songe pourtant à une carrière d’avocat et reprend une inscription en droit en 1721.

Par ailleurs, il est le fondateur du journal Le Spectateur français (1721). Il mène ainsi conjointement une brillante carrière de journaliste et de dramaturge. Il est élu à l’Académie française en 1742 contre Voltaire.

Fréquentation des salons et carrière littéraire

Marivaux peut être considéré comme un mondain raffiné, habitué des salons (réunion d’hommes et de femmes lettrés, bourgeois ou nobles à l’origine attirés vers les Belles-lettres et la poésie, la littérature et le théâtre, et souvent autrefois les arts et les sciences). Rapidement, il délaisse le droit et se tourne assez rapidement vers une carrière littéraire. Dès le début, il manifeste son engagement en faveur des Modernes et s’oppose donc aux Anciens, partisans des codes d’écritures traditionnels hérités de l’Antiquité.

Lire aussi : Commentaire détaillé : Les Fausses confidences de Marivaux, Acte II, scène 2 

La carrière de Marivaux

Ses œuvres

Beaucoup de pièces ont fait le succès de Marivaux en plus des Fausses Confidences (1737). Notons par exemple le succès d’autres œuvres, telles que les pièces Le Jeu de l’Amour et du Hasard (1730) et l’Île aux esclaves (1725) ou encore les romans La Vie de Marianne (1731-1742) et Le Paysan parvenu (1734).

Le style de Marivaux

Marivaux avait un style d’écriture particulier et notable, au point d’en avoir laissé un nom : le marivaudage. Le marivaudage consiste à privilégier les dialogues subtils et les jeux de mots, et est caractérisé par des conversations légères et des scènes de réflexions amoureuses profondes. Comme beaucoup d’autres auteurs de son époque, Marivaux s’empare des questions sociales et politiques du XVIIIe siècle dans ses œuvres, mais aussi au sein des cercles philosophiques des Lumières, qu’il fréquente et où il participait aux débats. L’auteur meurt finalement en 1763, à l’âge de 75 ans, laissant derrière lui une quarantaine de pièces de théâtre et plusieurs romans.

« J’ai guetté dans le cours humain toutes les niches différentes où peut se cacher l’amour lorsqu’il craint de se montrer ; et chacune de mes comédies a pour objet de le faire sortir d’une de ces niches ».

Texte de Marivaux cité par d’Alembert (1717-1783) dans « Éloge de Marivaux ».

L’essentiel de la dramaturgie de Marivaux tourne autour d’une interrogation sur les jeux de l’être et du paraître. En ce sens, il cherche à dévoiler les pièges de la sincérité et ceux du mensonge. Les ruses du langage, de l’amour et de l’amour-propre, les subtiles dissertations sentimentales des personnages sont la matière même de l’intrigue. Par l’emploi théâtral qu’il fait des thèmes du déguisement et du masque, Marivaux se place dans la tradition italienne de la commedia dell’arte et de la tradition espagnole du romanesque baroque.

Résumé de ses œuvres majeures

  • L’Île des esclaves (1725) : Des naufragés débarquent sur l’île des esclaves et sont obligés de se conformer aux règles locales. Ils doivent échanger leurs conditions : les maîtres deviennent esclaves et inversement. Dans cette œuvre, Marivaux mêle la comédie, le burlesque et noblesse de l’âme.
  • Le Jeu de l’amour et du hasard (1730) : Silvia est promise à Dorante, bien qu’elle ne l’ait jamais vu. Elle invente alors un subterfuge pour tester son prétendant à son insu (sans qu’il ne le sache). Pour se faire, elle échange sa place avec sa servante Lisette. Néanmoins, elle ignore que Dorante a fait de même avec son valet. À partir de ce moment, il n’est question que de quiproquos et de malentendus.
  • La Vie de Marianne (1731-1741) : Publié en plusieurs parties, Marivaux écrit ici un roman qui reste inachevé. Marianne décrit sa destinée à travers un récit épistolaire (constitué de lettres), dans lequel elle raconte son passé de pauvre orpheline à la femme devenue comtesse. Élevée par un curé de village et sa sœur, elle se retrouve seule et sans fortune à Paris après la mort de ses tuteurs. La jeune femme devient alors l’objet de convoitise des hommes qu’elle rencontre. Avec ce personnage, Marivaux représente la femme moderne qui revendique le droit à être elle-même.
  • Le Paysan parvenu (1735) : Dans ce roman inachevé lui aussi, Marivaux retrace les mémoires de Jacob, un fils de paysan et nouvellement débarqué de Champagne. Celui-ci n’a qu’une obsession, celle de s’enrichir. Pour cela, il use de son charme et de son physique auprès des dames sans que la morale vienne troubler son objectif. Son ambition est redoutable, et son ascension est fulgurante.
  • Les Fausses confidences (1737) : Dorante est un beau jeune homme, mais il est pauvre. Fou amoureux d’Araminte, une jeune et très riche veuve, il n’a aucun espoir de la réciproque puisqu’il n’a aucune situation (il est pauvre et n’a pas de titre de noblesse contrairement à elle). Alors pour se rapprocher d’elle, il use d’un stratagème. Avec l’aide de Dubois, un ancien valet et le roi des intrigues, il se fait embaucher comme secrétaire. Commence alors le ballet des promesses, mensonges et autres manipulations.
  • La Dispute (1744) : Cette œuvre est une véritable comédie sociale dont la thématique est l’origine de l’infidélité conjugale. Hermiane est convaincue qu’il s’agit d’un trait exclusivement masculin. Le Prince, qui convient de la chose, demande malgré tout une analyse plus fine de la question. Selon lui, les femmes sont inconstantes de nature. Il faut donc examiner cela scientifiquement. Seule l’expérience donnera une réponse exacte. Marivaux donne ici à voir au lecteur les méandres de la psychologie humaine.

Quelques citations de Marivaux

  • « Bien écouter, c’est presque répondre » (Le Paysan parvenu, 1734- 1735).
  • « Comme les hommes sont quelquefois méchants, mettez-vous en état de faire du mal, seulement afin qu’on n’ose pas vous en faire » (La Double Inconstance, 1723).
  • « Dans ce monde, il faut être un peu trop bon pour l’être assez » (Le Jeu de l’amour et du hasard, 1730).
  • « L’usage le plus digne qu’on puisse faire de son bonheur, c’est de s’en servir à l’avantage des autres » (L’Île de la raison, 1727).

Pour aller plus loin

La plateforme Lumni te propose un dossier complet portant sur le théâtre de Marivaux, de quoi approfondir tes connaissances sur cet auteur et ses œuvres.

De plus, France culture met à disposition une émission radiophonique intitulée « Marivaux, cet inconnu », portant sur la vie du dramaturge, qui est accessible en cliquant ici.

Finalement, nous t’invitons à consulter le dossier réalisé par le site du Ministère de l’Education nationale, sur Marivaux et les Lumières. Tu peux également parcourir la notice bibliographique de Marivaux sur le site internet de France Archives (le portail national des archives).

Conclusion

Esprit libre, moderne à tous les points de vue (il prend le parti des Modernes dans la querelle contre les Anciens), léger et pourtant d’une grande lucidité quant à la nature des sentiments humains, Marivaux mène de front ses carrières de journaliste, de romancier et de dramaturge. Discret à propos de sa vie privée, mais exposé aux critiques des philosophes et penseurs qui lui sont contemporains (notamment de la part de Voltaire), Marivaux n’a jamais reçu, de son temps, une reconnaissance à la hauteur de son talent.  Aujourd’hui, il est avec Molière, Corneille, Musset et Racine, un des auteurs les plus joués de la Comédie Française, signe de la grande qualité de ses œuvres.

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