Pour cette 26e édition, la finale internationale du concours Eloquentia s’est tenue à La Seine Musicale, réunissant les meilleures oratrices venues de toute la francophonie. Cette année, pour la première fois en 14 ans, la finale était entièrement féminine. Portées par des discours engagés sur le thème de l’intelligence artificielle, les finalistes ont livré une soirée à la hauteur de l’événement, où éloquence a rimé avec conviction et émotion.
Eloquentia, plus grand concours de prise de parole de la Francophonie
Mercredi 25 mars a eu lieu la finale du plus grand concours d’éloquence à la Seine Musicale, devant un public de 4 000 personnes. À travers ce concours, l’association souhaite démocratiser l’accès à la prise de parole. Le dialogue permet de renforcer la confiance en soi, et c’est bien sûr un atout indéniable dans le monde du travail. Au départ, ils étaient 2 000 à participer. Ce soir, elles ne sont plus que quatre. L’objectif pour ces quatre jeunes femmes étant bien sûr de remporter le titre de meilleure oratrice de la francophonie. Sur scène, on retrouve Anna Hemmat, originaire de Montpellier, Abigaïl Alexandre, originaire de Jacmel en Haïti, Dienaba Dabo, venue de Ziguinchor au Sénégal, et Anna Herreros, de Nanterre. Quatre profils, quatre parcours, mais une même ambition : convaincre.
Pour accompagner ces prises de parole, la soirée est animée par l’humoriste Mohammed Nouar, qui apporte rythme et légèreté entre les passages. Le jury de cette édition est composé de Lilia Hassaine, journaliste et auteure, Paul de Saint Sernin, humoriste, et Sally, vidéaste et juriste. Le public est également juré, puisque chacun sera chargé de voter en ligne pour élire la gagnante de la saison. Tout au long de la soirée, des interludes chantés et dansés viennent rythmer les discours et maintenir une dynamique sur scène. Dans ce même esprit, Stéphane de Freitas, fondateur d’Eloquentia, s’est lancé dans un slam engagé autour de son projet, juste avant de remettre le prix à la gagnante.
Un thème pour leur battle d’éloquence très actuel
Dans la continuité de cet engagement, le thème choisi cette année s’ancre pleinement dans l’actualité : l’intelligence artificielle. Pour le premier duel de la soirée, Anna Hemmat ouvre sous un tonnerre d’applaudissements. Elle déclame à la positive pendant six minutes sur la question : « L’IA creuse-t-elle les inégalités ? ». Pour défendre la négative, Abigaïl prend la suite.
Mais cette finale se distingue aussi par une nouveauté. Chaque participante peut assister sur scène à la prestation de son adversaire, et décider de buzzer pour répondre en improvisation. Anna choisit de buzzer. Elle s’exprime pendant deux minutes, avant qu’Abigaïl, portée par le soutien très présent dans la salle, ne lui réponde à son tour. L’échange gagne alors en intensité. Une phrase retient particulièrement l’attention : « Mon adversaire vous dira sans doute que le stylo, c’est un complot pour condamner ceux qui ne savent pas lire. »
Dans la même dynamique, le deuxième duel oppose Anna Herreros et Dienaba Dabo, autour de la question : « Dire oui à l’IA, est-ce dire non à l’humanité ? ». Elles déclament respectivement à la négative puis à la positive. Des profils tout à fait différents, mais captivants à leur façon. Deux approches, mais une même volonté de convaincre. Progressivement, la tension monte dans la salle, entre textes préparés et moments d’improvisation, avant d’élire la grande gagnante : Abigaïl Alexandre. Tonnerre d’applaudissements et pleurs dans la salle, une véritable sensation que tout son pays est derrière elle. L’émotion se lit sur son visage, les yeux embués de larmes, elle peine à y croire. Pourtant, c’est bien elle, la meilleure oratrice de la francophonie 2026 !







