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Bac 2023 : le corrigé de l’épreuve de spécialité SES du mardi 21 mars 2023

À lire dans cet article :

Bac 2023. L’épreuve de spécialité SES s’est tenue les lundi 20 et mardi 21 mars derniers. Dans cet article, nous te proposons une correction de l’épreuve de SES du mardi 21 mars 2023.

Bac 2023 : le sujet de l’épreuve de spécialité du mardi 21 mars 2023

Sujet SES J2 publié par AuFutur

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Bac 2023 : le corrigé de l’épreuve de spécialité SES du mardi 21 mars 2023

Dissertation

Éléments pour l’introduction :

Une externalité négative est une situation dans laquelle un agent économique provoque par son activité des effets négatifs sur la société. Par exemple : la pollution d’une usine, qui inflige une nuisance à un lieu, un agriculteur qui utilise des néonicotinoïdes qui tuent les abeilles.

Le marché est défaillant en présence d’externalités : les pouvoirs publics ont donc toute légitimité pour intervenir et corriger la situation en diminuant cette pollution.

Les instruments de la politique climatique reposent sur trois grands mécanismes : la contrainte (pour les normes et les réglementations), l’incitation (pour les taxes et les subventions) et la négociation (pour les marchés de quotas d’émission). Quel que soit l’instrument choisi, diminuer la pollution liée aux activités économiques nécessite des changements de comportements, des investissements, donc représente des coûts pour les agents à l’origine de cette pollution. C’est pourquoi ces instruments vont être plus ou moins efficaces, en fonction du type de pollution ou d’acteurs impliqués.

L’intérêt du sujet est de montrer comment les trois instruments de la politique climatique existants (réglementation, taxation et marché des quotas) limitent les externalités négatives, mais que leur action s’effectue de manière imparfaite.

On peut donc s’interroger sur l’efficacité des mesures prises par les autorités publiques et leurs limites.

I. En théorie, les instruments semblent être efficaces

a) La réglementation protège par la contrainte et l’incitation

Contrainte :

La réglementation regroupe l’ensemble des normes juridiques fixées par les pouvoirs publics. Elle vise à édicter des règles, des normes environnementales permettant de limiter les pratiques qui sont à l’origine d’externalités négatives.

Il est possible aussi de recourir à des normes d’utilisation : par exemple, la vignette Crit’air, lancée en 2017, classe les véhicules en fonction de leur niveau d’émissions, et permet d’interdire la circulation des voitures les plus polluantes en cas de pic de pollution. Enfin, la réglementation peut aussi imposer des externalités positives, avec par exemple l’obligation de recycler les appareils en fin de vie.

Incitation : document 3 + Loi Pacte

b) La taxation internalise les externalités

La taxation permet d’« internaliser les externalités » grâce à un système de taxation et de subvention. Celui-ci consiste d’une part à taxer les externalités négatives et d’autre part à subventionner les externalités positives. En effet, comme le marché ne prend pas en compte les externalités – on dit qu’il est « myope » –, il ne fixe pas les bons prix et ne transmet pas les bonnes incitations. Ainsi, les biens polluants étant moins chers à produire, ils sont encouragés par le marché. L’internalisation des externalités permet alors de fixer des prix exacts et incite les agents économiques à se détourner des biens les plus polluants.

Document 1 : La part de la fiscalité électrique revenu total par UC pour le 5e quintile de la population française est de seulement 1,3%, tandis qu’il est multiplié par 4 pour le 1er quintile.

c) Le marché des quotas détermine un plafond de pollution

Le climat est un bien commun : il est à la fois non exclusif et rival. Or, comme le marché ne prend pas en charge ce type de bien (il est impossible de le facturer parce qu’il est impossible de savoir qui le consomme), le climat est victime de comportements de « passager clandestin ». Le marché des quotas d’émission dans l’Union européenne cherche à limiter les externalités négatives en fixant un plafond maximum de pollution (d’environ 10 000 milliards de tonnes de CO2) et en posant un droit de propriété sur chaque tonne de CO2. Le climat devient alors un bien exclusif et rival, en somme un bien privé, dont le marché peut s’occuper.

Document 2 : la Chine a toujours été et est toujours l’un des pays les plus polluants du monde, l’émission de CO2 ne cesse d’augmenter : une hausse de 369,5% entre 1990 (début de la mondialisation intensive) et 2018, d’après le ministère de la transition écologique.

II. La vérification empirique de l’efficacité des instruments semble s’opposer à la théorie

a) Le niveau de réglementation est difficile à fixer

Si la réglementation est uniforme, elle est plus facilement appliquée par de grandes entreprises, et moins par des petites. Elle peut dégrader la compétitivité des firmes et pénaliser la croissance. De plus, réglementer nécessite une surveillance et donc des institutions avec du personnel qualifié et du matériel, ce qui engendre un coût d’application et de contrôle élevé.

En situation d’information imparfaite, les pouvoirs publics ne connaissent pas l’origine et l’intensité des externalités. Ils peuvent alors prendre de mauvaises décisions en fixant des normes soit trop laxistes, qui n’auront aucun effet, soit trop strictes, qui seront impossible à respecter. Dans tous les cas, la réglementation n’incite pas à faire mieux, puisqu’une fois la norme respectée il est inutile d’aller au-delà.

b) La taxation n’est que désincitative

Des effets rebond, c’est-à-dire des effets inattendus qui aggravent la situation, peuvent survenir. Par exemple, si l’on rend les voitures électriques moins chères, les consommateurs risquent d’en acheter davantage, ce qui augmentera la production et donc, nécessairement, le niveau de pollution. De même, en présence de biens Veblen, c’est-à-dire de biens dont la demande croît lorsque le prix augmente, la taxation provoque une hausse de leur consommation, et donc de la pollution.

c) Le marché des quotas fixe des prix trop bas

Le marché des quotas européen a un effet limité, tout d’abord parce qu’il ne s’adresse qu’aux grandes entreprises (environ 1 500 en France). De plus, celles-ci bénéficient d’un nombre de quotas trop élevé pour modifier leur comportement polluant.

Document 4 : Le prix moyen de la tonne de CO2 stagne depuis 2019 à 25€.

Épreuve composée

Première partie

La différenciation horizontale explique le commerce entre pays comparables. En effet, la différenciation horizontale est le fait qu’un produit est la même qualité, mais pas le même design. Ainsi, les pays comparables échangent entre eux dans un but de diversification de la demande. Les pays échangent des produits similaires différenciés par le design, l’image de marque, etc. On dit aussi que le commerce international concerne des variétés différentes ; ou des produits similaires de gammes différentes, on parle alors de différenciation verticale.

Deuxième partie

  1. La majorité des 25-34 ans ont au moins un bac +2 (38%), tandis que la majorité des 55-64 ans ont un CAP ou équivalent, soit un bac professionnel. Seulement 15% des 55-64 ans ont un bac +2, soit deux fois moins que les jeunes de 25-34 ans.
  2. L’élévation du niveau de qualification est une tendance de long terme provenant d’un besoin des employeurs comme d’un souhait des individus. En lien avec cette hausse du niveau de qualification des travailleurs, le niveau de qualification des emplois a également augmenté. Cette évolution est à mettre en parallèle avec l’essor des emplois de cadres et de professions intermédiaires observé au début de la 2e partie. Le développement des grandes entreprises et de l’État nécessite des emplois d’un niveau hiérarchique moyen et élevé pour gérer et administrer ces grandes organisations ou offrir des services demandés tels que des professions intermédiaires (techniciens, éducateur, assistants sociaux, infirmiers) ou des cadres (médecins, enseignants, chercheurs, ingénieurs). Rappelons que les innovations de procédé économisent surtout des emplois d’ouvriers non qualifiés les plus facilement automatisables, car souvent routiniers tandis que les innovations à l’origine de nouvelles branches d’activité nécessitant aussi un travail qualifié dans les télécommunications, l’informatique, la production d’électricité (techniciens, ingénieurs notamment). De même, la mondialisation a un impact en France sur la baisse de certains emplois (notamment d’ouvriers non qualifiés encore) et la création d’emplois plus qualifiés (comme ingénieurs ou techniciens dans l’aéronautique).

Troisième partie

I. Les catégories socioprofessionnelles et le niveau de diplôme sont des marqueurs sociologiques de l’engagement politique.

L’engagement politique n’est pas que le résultat de comportements individuels détachés des groupes auxquels on appartient : lorsque l’on observe quels types de population s’engagent, on s’aperçoit que certains facteurs socioprofessionnels apparaissent explicatifs. C’est particulièrement vrai pour les catégories socioprofessionnelles et le diplôme en France.

Ainsi, certaines catégories socioprofessionnelles s’investissent plus que d’autres dans l’action politique : on le mesure le plus souvent par l’adhésion à une association ou à un parti politique (sans doute parce que repérer les PCS des participants à une manifestation sera plus difficile…).Les différences observées s’expliquent sans doute dans ce cas par des formes de socialisation secondaire dans le cadre du travail, mais aussi par des capacités et compétences initiales qui ont fait que l’on obtient tel ou tel statut social: prendre la parole en public, écrire, planifier des actions collectives…

Document 3: 62% des ouvriers n’ont pas voté en 2022.

II. L’âge détermine aussi largement l’engagement politique.

C’est que l’engagement politique traditionnel est encore largement associé aux catégories plus âgées, installées et stables professionnellement. Les plus jeunes délaissent en général ces formes d’actions ou d’engagements traditionnels. On le voit notamment dans les syndicats : si 3,7 % des salariés de moins de 30 ans sont syndiqués en 2016 en France, c’est le cas de 9,3 % des trentenaires, et de 14,9 % des salariés âgés de 50 ans et plus.

Par contre, les plus jeunes font toujours l’expérience de la mobilisation et de la contestation, souvent dans le cadre des études supérieures. Cela peut commencer dès le lycée, lorsqu’on se mobilise contre une réforme ou pour obtenir de meilleures conditions d’enseignement, puis cela se poursuit en Université, ou l’engagement et les questions politiques peuvent passionner de nombreux étudiants. La plupart du temps, on observe que cette forme d’engagement est plus éphémère, peu encadrée, mais aussi souvent pour des motifs plus concrets.

Cette différenciation générationnelle a également pu être observée dans le passé : document 1.

Document 3 : 71% des 25-34 ans n’ont pas voté en 2022.

III. Le rôle du sexe dans l’engagement politique

La littérature féministe a mis en évidence l’importance d’aller au-delà de la simple différenciation des sexes biologiques pour interpréter les comportements et les attitudes politiques. Nicole-Claude Mathieu (1991), en partant des variables fondamentales utilisées dans les travaux de sociologie (la catégorie socio-économique, l’âge et le sexe), a démontré que la catégorie de sexe est utilisée comme une donnée biologique dans la plupart des travaux empiriques en sciences sociales.

Les études concernant l’orientation politique des femmes ont toujours constaté un désengagement de celles-ci dans la vie politique, en avançant un ensemble d’explications faisant référence notamment à l’âge, à la situation professionnelle ou encore à la socialisation différenciée.

Document 2 : Les hommes étaient davantage syndicalisés en 2016 que les femmes.

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