Michel Foucault : pouvoir, surveillance et subjectivation

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Pourquoi lire Michel Foucault au XXIᵉ siècle ? Peut-être parce que, chaque fois que vous déverrouillez votre smartphone à reconnaissance faciale, ou que vous recevez une publicité ciblée pour un livre que vous n’avez jamais dit vouloir lire, vous avez l’impression que quelqu’un — ou quelque chose — vous connaît un peu trop bien. Foucault, lui, n’avait ni TikTok ni Alexa, mais il avait vu juste : le pouvoir ne s’impose pas seulement par la force, il s’insinue dans les détails du quotidien, dans les discours, dans les gestes, dans nos propres pensées. Or, contrairement à Thomas Hobbes qui imaginait le Léviathan, ce souverain gigantesque garant de la paix par la crainte, Foucault nous rappelle que « le pouvoir vient d’en bas » (Surveiller et punir). Autrement dit, nous participons nous-mêmes à notre propre surveillance, parfois avec enthousiasme : qu’est-ce que les réseaux sociaux, sinon la joie de se mettre volontairement sous l’œil d’un panoptique global, version sympathiquement 2.0 du projet de Jeremy Bentham ? La question devient alors vertigineuse : si le pouvoir ne se contente pas de nous contraindre, mais qu’il nous fabrique comme individus, que reste-t-il de la liberté ? Sommes-nous condamnés à n’être que des produits de la discipline, ou bien pouvons-nous — comme les Stoïciens étudiés par Foucault dans L’herméneutique du sujet — trouver dans le soin de soi un espace d’émancipation ? Voilà le cœur du problème.

Le pouvoir selon Foucault : un réseau, pas une substance

Pour Foucault, le pouvoir doit être pensé comme un réseau relationnel : il traverse les individus, façonne leurs comportements et pénètre jusque dans la subjectivité. Dans ce sens, chacun devient à la fois porteur et objet du pouvoir, participant à sa reproduction sans toujours en être conscient. Ici, la réflexion se rapproche de la théologie chrétienne du péché originel : comme le péché qui se transmet dans la nature humaine, le pouvoir foucaldien ne réside pas en une instance isolée, mais s’infiltre dans le tissu même des relations sociales.

1. Critique des conceptions classiques du pouvoir (Hobbes, souveraineté, contrat social)

La pensée de Michel Foucault rompt avec les conceptions classiques du pouvoir héritées de la philosophie politique moderne. Chez Thomas Hobbes, ce dernier apparaît comme une substance détenue par le souverain, produit du contrat social. Dans le Leviathan (1651), le pouvoir se concentre dans un corps unique, celui de l’État, représenté à la fois comme « Dieu mortel » et comme garant de la paix civile. Le célèbre frontispice de l’ouvrage, représentant un géant formé des corps de ses sujets, symbolise cette idée d’une puissance transcendante, qui surplombe la collectivité à la manière de la souveraineté divine. Le vocabulaire employé par Hobbes renvoie explicitement à la théologie politique chrétienne : le Léviathan biblique, monstre marin du Livre de Job, devient métaphore de l’autorité absolue et terrifiante. Ici, le sujet est réduit à l’obéissance, puisqu’il abdique sa liberté naturelle en échange de la sécurité offerte par le souverain.

À l’opposé, Foucault critique cette vision substantielle et centralisée. Pour lui, le pouvoir « ne s’acquiert pas, ne se conserve pas, mais s’exerce » (Histoire de la sexualité I). Il n’est pas chose mais relation. Il circule, se diffuse et s’incarne dans des pratiques sociales, bien au-delà de l’institution étatique. Ainsi, le vocabulaire de Foucault s’éloigne de toute théologie de la transcendance : le pouvoir n’est pas vertical et sacré, il est immanent et capillaire. De ce point de vue, l’analogie hobbesienne du souverain-Dieu est remplacée par une logique de microréseaux, où chaque individu devient, consciemment ou non, relais d’autorité. L’exemple historique des monarchies absolues illustre le contraste : alors que Louis XIV proclamait « L’État, c’est moi », le pouvoir disciplinaire décrit par Foucault se niche dans les casernes, dans les hôpitaux, dans l’école et jusque dans les rythmes quotidiens du corps.

2. Vision foucaldienne : le pouvoir comme relation, diffusé dans les institutions, les discours et les pratiques.

Pour Michel Foucault, le pouvoir ne se réduit jamais à une propriété ou à une instance souveraine. Il n’est ni substance, ni bien que l’on possèderait, mais « l’ensemble des rapports de force immanents au domaine où ils s’exercent » (Histoire de la sexualité I). Contrairement aux théories classiques qui envisagent le pouvoir comme vertical, Foucault insiste sur sa dimension horizontale et relationnelle. Dans Surveiller et punir, il affirme avec force que « le pouvoir vient d’en bas », ce qui signifie qu’il naît des interactions, des pratiques quotidiennes et des dispositifs concrets plutôt que d’une autorité transcendante.

Le vocabulaire du philosophe oppose ainsi une théologie politique de la souveraineté à une analyse immanente de la discipline. Si Hobbes voyait le pouvoir comme un monopole projeté depuis le sommet de l’État, Foucault le décrit comme une capillarité sociale, à l’image du sang qui circule dans un corps. Les institutions — écoles, casernes, hôpitaux, prisons — sont autant de lieux où ce pouvoir se diffuse, non par violence spectaculaire mais par une organisation minutieuse des espaces, des gestes et des discours. L’histoire en fournit des exemples marquants : la réforme militaire du XVIIIe siècle impose aux soldats des uniformes, des défilés et des exercices rythmiques afin de produire des corps obéissants. Dans les usines naissantes, la division du travail et la surveillance des horaires disciplinent les ouvriers autant que le fouet du maître d’autrefois.

La surveillance : de la discipline aux sociétés de contrôle

1. La métaphore du panoptique (Jeremy Bentham) et sa reprise par Foucault.

Au tournant du XVIIIᵉ siècle, l’Anglais Jeremy Bentham conçoit une utopie carcérale, le panoptique, dont l’étymologie grecque (pan-, tout, et optikon, voir) signifie littéralement « voir tout ». Ce projet architectural repose sur une idée simple : placer un unique surveillant au centre d’une tour, d’où il observe invisiblement les détenus disposés en cercle, sans jamais être vu. « La visibilité est un piège », écrit Michel Foucault dans Surveiller et punir (1975). La force du panoptique ne réside pas dans l’exercice brutal de la violence, mais dans l’internalisation de la surveillance : puisque le prisonnier ne sait jamais si on le regarde, il finit par se comporter comme si c’était toujours le cas.

Le panoptique incarne donc la logique d’un pouvoir immanent et automatisé. Théologiquement, on pourrait le comparer à l’omniscience divine : comme le Dieu augustinien qui « voit dans les cœurs », le dispositif panoptique instaure un regard invisible, permanent, totalisant. Mais ici, la transcendance divine est remplacée par une mécanique humaine de calcul, de contrôle et de discipline. Historiquement, cette logique s’illustre dans les prisons du XIXᵉ siècle, mais aussi dans les écoles surveillées par l’examen, dans les usines chronométrées, ou dans les hôpitaux où chaque geste est encadré par le savoir médical. Ainsi, le panoptique devient plus qu’un bâtiment : il est le symbole de la modernité disciplinaire, où le pouvoir agit en silence pour transformer les comportements et même les consciences.

2. Passage d’un pouvoir spectaculaire (exécution publique) à un pouvoir discret et intériorisé (discipline)

Dans Surveiller et punir (1975), Michel Foucault ouvre son analyse par une scène saisissante : le supplice de Damiens, régicide exécuté publiquement en 1757. Le corps du condamné est écartelé, brûlé, démembré sous les yeux de la foule. Cette cérémonie sanglante illustre la logique d’un pouvoir spectaculaire : le roi manifeste sa force par la violence sur le corps du criminel. Le châtiment a une fonction théologico-politique. Le crime commis contre le souverain est assimilé à un péché contre l’ordre divin, et la punition revêt la forme d’un sacrifice rituel, rappelant l’Ancien Testament où la justice de Dieu se déploie par la vengeance. Ici, le pouvoir s’inscrit dans la chair du supplicié, et c’est la souffrance visible qui garantit l’obéissance des sujets. Or, au XVIIIᵉ et XIXᵉ siècle, cette logique s’efface progressivement au profit d’un régime plus discret : la discipline. Comme l’écrit Foucault, « le corps du condamné disparaît, ne reste que l’âme à corriger ».

3. Exemples historiques

Historiquement, ce basculement correspond au passage des supplices à l’enfermement carcéral, mais aussi à l’invention moderne des examens. Dans les écoles, la hiérarchie de la salle de classe, les bulletins et les notes instaurent un contrôle constant, comparable à un panoptique pédagogique. Dans l’armée, le défilé et l’exercice remplacent la terreur brutale, construisant une obéissance docile et régulière. Philosophiquement, Foucault met ainsi en évidence une mutation de la souveraineté monarchique vers une biopolitique : le centre de gravité du pouvoir ne se situe plus dans la mort spectaculaire, mais dans la gestion lente et silencieuse de la vie. On passe d’un pouvoir qui tue pour se montrer, à un pouvoir qui réforme pour durer.

De manière théologique, ce passage peut se comparer à la mutation du christianisme primitif : du sacrifice sanglant de l’Ancienne Alliance (victimes offertes à Dieu) à une pédagogie spirituelle centrée sur l’âme, la confession et la direction de conscience. Le croyant, comme le condamné moderne, intègre la norme en lui-même, transformant la contrainte extérieure en auto-discipline intérieure.

Subjectivation : comment le pouvoir fabrique des individus

1. Distinction entre « assujettissement » et « subjectivation ».

La pensée de Michel Foucault atteint une profondeur particulière lorsqu’il distingue assujettissement et subjectivation. Le terme « assujettissement » vient de l’étymologie latine subicere (« jeter sous », « placer en-dessous »). Il désigne la manière dont le pouvoir réduit l’individu à une condition de dépendance, en l’inscrivant dans des rapports de domination. Dans Surveiller et punir, le prisonnier, l’élève, le soldat ou l’ouvrier deviennent assujettis aux normes ; leurs gestes, leurs paroles, leurs temps de vie sont encadrés, réglés, minutieusement régis par les dispositifs disciplinaires. Le sujet se voit donc « constitué » par les forces de pouvoir qui l’assignent à une identité : malade dans l’hôpital, criminel dans la prison, déviant dans l’asile psychiatrique.

Cependant, Foucault souligne que ce processus ne produit pas seulement une domination, mais aussi une constitution positive du sujet. Le pouvoir « fabrique des individus » (Histoire de la sexualité I), il ne se contente pas d’opprimer, il produit des identités. Chaque assujettissement est aussi une subjectivation, c’est-à-dire une manière pour l’être humain de se reconnaître en tant que sujet à travers ces normes. Ainsi, le malade s’identifie comme patient, l’élève comme apprenant, le citoyen comme électeur. Paradoxalement, l’identité moderne naît moins de l’autonomie radicale que d’un façonnement par ces réseaux de pouvoir.

2. Avec Foucault tardif : la subjectivation comme espace de liberté

Dans les années 1980, Michel Foucault infléchit son regard. Après avoir montré comment le pouvoir assujettit et produit des identités, il s’intéresse à la possibilité d’une subjectivation autonome, c’est‑à‑dire d’une constitution de soi qui échappe partiellement aux dispositifs normatifs. Dans son cours au Collège de France, L’herméneutique du sujet (1982), il redécouvre la tradition antique des pratiques de soin de soi (epimeleia heautou en grec). Les Stoïciens, les Cyniques et même les Pythagoriciens invitaient l’individu à se travailler lui-même par des exercices spirituels : méditation, discipline du corps, examen de conscience quotidien, contrôle du langage. Pour eux, devenir sujet libre signifiait se transformer par une éthique active, et non attendre passivement une législation extérieure.

Théologiquement, cette vision rappelle la tradition patristique du soin de l’âme. Comme le croyant qui pratique la confession, la prière ou la lecture des Écritures pour se transformer intérieurement, l’homme antique, et peut-être l’homme moderne selon Foucault, se constitue par des exercices spirituels. Mais à la différence du christianisme institutionnel, Foucault insiste sur une éthique sans transcendance divine : le sujet fabrique son rapport à soi dans l’immanence de la pratique. L’histoire offre des exemples de ce travail de subjectivation émancipatrice : la philosophie stoïcienne de Marc Aurèle, les écoles épicuriennes, mais aussi les dissidents modernes qui, face aux régimes de surveillance, choisissent des modes de vie alternatifs.

Ouverture critique et mises en perspective

Là où Arendt privilégie la puissance d’agir ensemble, et Weber la légitimité institutionnelle, Foucault décrit plutôt une logique de micro-pouvoirs qui n’exigent ni consensus ni charisme, mais se déploient à travers les gestes et les institutions les plus banales. Historiquement, cela se traduit par des phénomènes très différents : chez Arendt, la fondation des conseils révolutionnaires ou la pratique de l’assemblée politique ; chez Weber, la montée de l’État bureaucratique moderne avec ses administrations et ses tribunaux ; chez Foucault, la multiplication silencieuse des dispositifs disciplinaires qui font de l’école, de l’usine, de la prison et même de la famille des lieux où s’élabore la subjectivité moderne.

1. Comparaison avec d’autres penseurs

Si Michel Foucault définit le pouvoir comme un réseau diffus de relations sociales, cette conception contraste fortement avec d’autres grands penseurs politiques du XXᵉ siècle. Chez Hannah Arendt, le pouvoir se distingue rigoureusement de la violence. Dans Du pouvoir (1970), elle écrit : « Le pouvoir correspond à l’aptitude de l’homme à agir de concert, il n’est jamais la propriété d’un individu, mais celle d’un groupe. » Autrement dit, le pouvoir n’est pas domination mais capacité d’action collective, toujours précaire, et reposant sur le consentement. Contrairement à la vision foucaldienne, il n’est pas nécessairement intériorisation d’une norme, mais surgissement politique. Ici, les révolutions — de la polis athénienne à l’indépendance américaine — ne relèvent pas de la discipline, mais d’un élan commun qui invente une réalité nouvelle. Là où Foucault voit une capillarité du contrôle, Arendt voit une communauté de parole et d’action.

Du côté de Max Weber, la notion de pouvoir prend encore un autre sens. Dans Économie et société (1922), il définit la domination légitime (legitime Herrschaft) comme la probabilité pour un ordre d’être obéi. Trois formes principales la structurent : la domination traditionnelle (fondée sur la coutume), la domination charismatique (liée à la personne exceptionnelle du chef) et la domination rationnelle-légale (propres aux bureaucraties modernes). Ici, le pouvoir acquiert une forme de légitimité qui le différencie de la simple contrainte. Un fonctionnaire qui obéit à la hiérarchie administrative n’agit pas par peur d’un supplice, mais parce qu’il reconnaît la validité de l’ordre juridique.

2. Résonances contemporaines

La force de la pensée foucaldienne réside dans sa capacité à éclairer des réalités très actuelles. La notion de surveillance qu’il développe à partir du panoptique prend une dimension nouvelle dans la société numérique. Avec le Big Data, les caméras intelligentes, les algorithmes prédictifs et les réseaux sociaux, l’imaginaire panoptique de Jeremy Bentham, analysé par Foucault comme paradigme disciplinaire, s’étend désormais à l’échelle planétaire. Les traces numériques — historiques de navigation, achats en ligne, géolocalisation — remplacent le simple regard du surveillant. L’individu se trouve profilé à travers des millions de données, souvent sans savoir qu’il participe activement à sa propre observation en publiant ses informations, ses émotions et ses préférences sur les plateformes. Ce phénomène illustre la formule foucaldienne : « Le pouvoir vient d’en bas » (Surveiller et punir), car chacun collabore involontairement à sa propre surveillance.

La métaphore théologique du Dieu omniscient prend ici un relief saisissant : l’« œil de Dieu » qui voyait tout se trouve remplacé par l’œil algorithmique, invisible, mais permanent. Là où la théologie promettait un jugement dernier, la technologie impose un jugement continu qui détermine crédits bancaires, assurances, accès à l’emploi ou reconnaissance sociale.

La pandémie de COVID-19 a aussi révélé l’actualité de la biopolitique. Dans Il faut défendre la société (1976), Foucault montrait comment le pouvoir moderne s’exerce sur la vie : naissances, santé, mortalité. Les politiques sanitaires contemporaines — confinement, pass vaccinal, traçage numérique — illustrent cette gestion étatique de la population. Au nom de la protection collective, les gouvernements régulent la mobilité, contrôlent les corps et mesurent les comportements. Historiquement, ce type de gestion des corps rappelle l’hygiénisme du XIXᵉ siècle, quand les États réglementaient les égouts, les hôpitaux ou les registres d’état civil pour éviter les épidémies. Mais dans le monde contemporain, la nouveauté tient à l’ampleur technologique : une pandémie devient non seulement un problème médical, mais un champ d’expérimentation pour un pouvoir algorithmique et globalisé. La réflexion foucaldienne demeure ainsi précieuse : elle aide à comprendre que derrière les discours sécuritaires et sanitaires se cache toujours une question politique essentielle : comment le pouvoir façonne-t-il nos vies et nos identités ?

Ce qu’il faut retenir

En définitive, la réflexion de Michel Foucault sur le pouvoir, la surveillance et la subjectivation révèle une vérité déconcertante : nous ne sommes jamais de purs spectateurs innocents, mais des acteurs plongés dans un réseau de forces qui nous façonnent. Le pouvoir, loin d’être un sceptre visible ou un couronne sacrée, s’exerce dans les plis de nos vies ordinaires : dans la salle de classe comme dans l’interface de notre smartphone. La discipline n’a pas disparu, elle s’est simplement mise à jour, passant de la prison panoptique aux suggestions Netflix et aux notifications envahissantes. Cependant, le Foucault tardif nous rappelle que nous ne sommes pas condamnés à une passivité totale. Par les pratiques de soin de soi, par l’effort critique et par la manière dont nous choisissons de vivre, il reste possible de résister, voire de détourner les dispositifs qui prétendent nous gouverner. Autrement dit, on peut être assujetti par les algorithmes, mais on peut encore pratiquer la philosophie comme un hacker de l’esprit, en bricolant ses propres libertés. Alors, si Hobbes rêvait du Léviathan, monstre marin qui avale les individus pour les sécuriser, et si Bentham contemplait son panoptique comme une prison idéale, Foucault, lui, nous met face à un défi plus intime : éviter de devenir nos propres geôliers. Une tâche difficile, certes, mais avec un peu de philosophie antique et un soupçon de courage, rien n’empêche de rappeler à « Big Brother » qu’il ne fait pas toujours la loi.

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