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Le Barbier de Séville, Beaumarchais : résumé et analyse de l’oeuvre

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Le Barbier de Séville (1775) est une célèbre pièce de Beaumarchais, qu’il te faut connaître dans le cadre de ta préparation au bac de français. En voici un résumé, suivi d’une analyse, afin d’aborder facilement cette œuvre théâtrale !

L’auteur : qui était Beaumarchais ?

Avant de te résumer la pièce, voici quelques éléments sur la vie de son auteur. De son vrai nom Pierre-Augustin Caron, Beaumarchais est né le 24 janvier 1732 à Paris et mort dans la même ville en 1799. C’était un philosophe et écrivain-dramaturge, souvent décrit comme un homme brillant et ambitieux.

Après avoir été apprenti horloger auprès de son père vers l’âge de treize ans, il devient ensuite musicien des filles du roi, puis homme d’affaires tout en étant espion pour le roi.

Débuts et succès

À partir de 1757, il commence à écrire et mettre en scène des pièces. En 1772, il écrit Le Barbier de Séville, sous forme d’un opéra-comique, mais sa pièce ne connaît pas le succès escompté car elle ne correspondait pas aux règles du théâtre classique. C’est pour cette raison que Beaumarchais la transforme en comédie et celle-ci devient le premier triomphe de sa carrière.  Le Barbier de Séville est le premier volet de la trilogie théâtrale de Pierre Caron de Beaumarchais (1732-1799) : elle comporte en outre la comédie Le Mariage de Figaro (1784) et le drame La Mère coupable (1792) et retrace les aventures d’un valet, Figaro, et de son maître, le comte Almaviva.

Un auteur des Lumières

Beaumarchais est une figure importante du siècle des Lumières, notamment par sa volonté de mettre en avant la liberté d’opinion, peu présente à l’époque.

Les personnages du Barbier de Séville

Dans Le Barbier de Séville sont présents cinq personnages essentiels, que nous te présentons ci-après afin de bien comprendre l’histoire :

  • Le comte d’Almaviva : c’est un seigneur espagnol très haut placé et prétendant de la jeune Rosine. Prêt à tout pour l’épouser, il est très téméraire et devient de plus en plus rusé au cours de l’histoire.
  • Bartholo : médecin, il est le tuteur de la jeune Rosine, qu’il souhaite épouser rapidement. Ce personnage se caractérise par sa jalousie prononcée, presque obsessionnelle. La pièce le présente comme un barbon (un homme âgé) jaloux, un personnage typique de comédie.
  • Rosine est une jeune femme noble, qui est donc la pupille (orpheline mineure sous la tutelle d’un tuteur). Rosine est ingénue, naïve, même si tout au long de l’histoire, elle gagne en confiance et n’hésite plus à s’opposer à son tuteur pour faire entendre sa façon de penser.
  • Figaro est le barbier de Séville et le locataire de Bartholo. C’est un personnage très malin, intelligent : c’est lui qui met en place toutes les stratégies de la pièce.
  • Don Bazile : c’est lui qui est censé organiser le mariage de Bartholo avec Rosine, et son absence est le facteur qui permet la rencontre entre Rosine et le comte d’Almaviva. Par ailleurs, Don Bazile est très vénal (personne qui aime l’argent).

Résumé du Barbier de Séville

Rosine est enfermée dans une maison de Séville par son vieux tuteur et docteur, Bartholo, qui a pour projet de l’épouser le lendemain. Cependant, le comte d’Almaviva, qui est amoureux de Rosine, se ligue avec son ancien valet Figaro pour qu’il l’aide à conquérir la jeune femme.

Le comte se déguise alors en militaire afin de s’introduire chez lui et déjouer les plans de mariage de Bartholo. Mais cette entreprise se solde par un échec, car Bartholo met à la porte le soldat ivre. Celui-ci va retenter sa chance, avec succès, déguisé cette fois-ci en maître de chant. Malheureusement, Bartholo arrive au moment où Rosine et le comte sont en pleine discussion, ce qui conduit Bartholo à renvoyer une nouvelle fois le comte.

Ce dernier ne s’avoue pas vaincu et retourne chez le docteur pendant la nuit. Peu après, le comte d’Almaviva parvient finalement à épouser Rosine.

Une pièce « classique »

Dans Le Barbier de Séville, Beaumarchais respecte les règles de la dramaturgie classique. En effet, Séville et la maison de Bartholo sont les seuls lieux de l’action. Cette dernière s’étend sur une journée et son unique enjeu est la conquête de Rosine par le comte Almaviva. Il s’agit par ailleurs d’une comédie en quatre actes, écrite en prose.

De plus, le couple maître-valet, constitué de Figaro et du comte, est un héritage du XVIIe siècle et fait penser à celui que forment Scapin et Géronte dans Les Fourberies de Scapin (1671), ou à Sganarelle et Dom Juan dans la pièce éponyme (1665).

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La structure de la pièce

Beaumarchais dit lui-même dans la préface de sa comédie qu’elle est « une imbroille », c’est-à-dire un imbroglio. Ce terme peut être défini comme une situation confuse dans laquelle se succèdent actions et contre-temps qui font sans cesse rebondir l’intrigue.

Le schéma actantiel de la pièce

Tu l’auras compris, Rosine est l’objet de toutes les convoitises dans cette pièce. Le comte Almaviva, animé par l’amour et Bartholo, motivé par l’intérêt, s’affrontent en effet en vue d’épouser la jeune fille. Ces deux camps sont d’un côté celui d’Almaviva qui représente la jeunesse amoureuse, aidé par son valet Figaro, et de l’autre côté celui de Bartholo, accompagné et soutenu par Bazile, qui est cependant trop vénal (à l’image de son maître) pour être un homme de confiance.

La « précaution inutile »

Le dénouement heureux de la comédie assure sans surprise le triomphe de la jeunesse et de l’amour. C’est d’ailleurs sur ce thème que s’exprime Figaro à la fin de la pièce : « quand la jeunesse et l’amour sont d’accord pour tromper un vieillard, tout ce qu’il fait pour l’empêcher peut bien s’appeler à bon droit la précaution inutile ». La précaution inutile est le thème prédominant de l’œuvre : elle consiste à maintenir la femme dans l’ignorance.

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La relation maître-valet

À travers le personnage de Figaro, Beaumarchais donne un tour satirique à la comédie. Ainsi, est visible dans certaines de ses répliques une critique acerbe de la société de l’époque. Figaro attaque à ce titre « la république des lettres » dominée par la censure, tout en dénonçant aussi les abus de pouvoir des grands. Il n’hésite pas non plus à montrer du doigt la noblesse qui méprise le peuple et qui croit que le rang de naissance détermine le mérite et les qualités de chacun.

Les rapports entre le valet et le maître sont cordiaux. En ce sens, Figaro est le confident et l’adjuvant d’Almaviva, comme en témoigne le début de l’acte I qui consacre leurs retrouvailles chaleureuses et la proposition d’aide de Figaro. On ne peut pas dire qu’il existe de véritable rivalité entre les deux personnages, du moins pas comme dans Le Mariage de Figaro. Néanmoins, le valet exprime quelques critiques à l’encontre des grands dont fait partie Almaviva. Lorsque ce dernier lui attribue quelques défauts, Figaro lui rétorque d’ailleurs : « Aux vertus qu’on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être valets ? »

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Pour aller plus loin

Si cette pièce t’a intéressé, que tu l’aies lue ou non, nous te proposons de visionner une de ses représentations, mise en ligne gratuitement sur francetv en cliquant juste ici.

Par ailleurs, si tu es féru(e) de musique ou non, l’adaptation de la pièce en opéra par Rossini, que tu peux écouter (et voir !) juste ici.

Conclusion

Le Barbier de Séville de Beaumarchais est une comédie en quatre actes qui met en scène une intrigue amoureuse classique. Si le dramaturge inscrit sa pièce dans la tradition théâtrale, il cherche à renouveler le genre en conférant à ses personnages une plus grande profondeur psychologique. Il y introduit également quelques critiques sur l’ordre social établi, dans la droite ligne des idées des Lumières, sur un ton léger et plaisant. C’est d’ailleurs ce que souhaitait Beaumarchais : « J’ai tenté dans Le Barbier de Séville, de ramener au théâtre l’ancienne et franche gaieté en l’alliant avec le ton léger, fin et délicat de notre plaisanterie actuelle. »

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