Les phrases complexes en grec ancien peuvent sembler déconcertantes, surtout lorsqu’elles mêlent plusieurs propositions subordonnées, participes, infinitives et propositions relatives. La clé pour bien les traduire réside dans une méthode rigoureuse fondée sur le découpage, le repérage des constituants et la traduction progressive, étape par étape.
Étape 1 : Découper la phrase en unités syntaxiques distinctes
La première étape consiste à fragmenter la phrase en propositions principales et subordonnées, ainsi qu’en groupes participiaux ou infinitifs.
- Identifie d’abord le ou les verbes conjugués qui déterminent les propositions principales.
- Repère les conjonctions de subordination usuelles (= ὅτι, ὅπως, ἐπειδή, ἵνα, εἰ, ἐάν…).
- Isole les participes qui expriment souvent des propositions circonstancielles ou relatives réduites.
- Sépare les infinitifs, souvent employés pour exprimer un complément ou un but.
Cette segmentation est indispensable pour ne pas se perdre dans la longueur ou la complexité de la phrase.
Étape 2 : Repérer les éléments clés de chaque proposition
Une fois que tu as découpé la phrase, analyse chaque groupe en répondant aux questions suivantes :
- Quel est le verbe principal ? Quelle est sa voix, son temps, sa personne ?
- Quel est le sujet ? Est-il exprimé ou implicite dans la terminaison ?
- Quels sont les compléments et quels cas utilisent-ils ? (notamment prépositions et leurs régimes)
- Quel est le lien logique avec la proposition principale ? Cause, but, condition, opposition ?
Étape 3 : Comprendre la relation entre les propositions
Les propositions subordonnées grecques traduisent des rapports divers :
- La cause (ἐπειδή, διότι)
- Le but (ἵνα, ὅπως)
- La condition (εἰ, ἐάν)
- La concession (καίπερ, κἀν)
- La relative qui précise un antécédent
Identifier correctement ce type de relation est indispensable pour construire une traduction claire en français.
Étape 4 : Traduire chaque partie avec soin
En respectant la structure grecque, traduire les propositions dans l’ordre logique en français :
- D’abord la proposition principale, en repérant bien le sujet et le temps.
- Puis la (ou les) subordonnée(s), en utilisant les conjonctions françaises appropriées.
- Attention à bien rendre la nuance temporelle et aspectuelle des participes et infinitifs.
- Évite la traduction mot à mot : privilégie une version fluide et naturelle, sans perdre l’ordre d’origine quand il est porteur de sens.
Tableau récapitulatif des conjonctions courantes selon leur fonction
| Fonction | Conjonctions grecques | Traduction française typique |
| Cause | ἐπειδή, διότι, ὅτι | parce que, puisque |
| But | ἵνα, ὅπως | pour que, afin que |
| Condition | εἰ, ἐάν | si, lorsque |
| Concession | καίπερ, κἀν | bien que, quoique |
| Temps | ὅτε, ἐπειδάν | quand, dès que |
Exercices
Exercice 1 : Découpe la phrase suivante en propositions distinctes et identifie pour chacune : verbe principal, sujet, cas des compléments.
« Ὅτε ὁ διδάσκαλος λέγει τοὺς λόγους ὅπως οἱ μαθηταὶ μανθάνωσιν, οἱ παῖδες ἀκούουσιν σπουδῇ. »
Exercice 2 : Traduis la phrase suivante en respectant l’ordre et la relation entre propositions :
« ἵνα τὴν ἀλήθειαν εἰδῶσι, οἱ φιλόσοφοι σπουδάζουσιν καὶ διαλέγονται. »
Correction
Exercice 1 :
- Proposition 1 : Ὅτε ὁ διδάσκαλος λέγει τοὺς λόγους → Verbe : λέγει (3e sg.), sujet : ὁ διδάσκαλος, compléments : τοὺς λόγους (acc.)
- Proposition 2 : ὅπως οἱ μαθηταὶ μανθάνωσιν → Conjonction de but, verbe : μανθάνωσιν (3e pl.), sujet : οἱ μαθηταὶ
- Proposition 3 : οἱ παῖδες ἀκούουσιν σπουδῇ → Verbe : ἀκούουσιν (3e pl.), sujet : οἱ παῖδες, complément datif de manière σπουδῇ
Exercice 2 :
« Pour qu’ils connaissent la vérité, les philosophes s’appliquent et dialoguent. »







