Les propositions relatives en grec ancien ont une fonction essentielle : elles permettent de préciser, qualifier ou compléter un élément de la phrase. Reliées à un antécédent grâce à un pronom relatif, elles introduisent une information secondaire, mais indispensable à la compréhension du texte.
Le pronom relatif simple en grec ancien : ὅς, ἥ, ὅ
Formation et déclinaison
Le relatif grec ὅς, ἥ, ὅ (qui, que, lequel) s’accorde en genre et en nombre avec son antécédent, mais son cas dépend de la fonction qu’il joue dans la subordonnée.
Déclinaison de ὅς, ἥ, ὅ :
| Cas | Masculin | Féminin | Neutre |
| Nom. sg. | ὅς | ἥ | ὅ |
| Acc. sg. | ὅν | ἥν | ὅ |
| Gén. sg. | οὗ | ἧς | οὗ |
| Dat. sg. | ᾧ | ᾗ | ᾧ |
| Nom. pl. | οἵ | αἵ | ἅ |
| Acc. pl. | οὕς | ἅς | ἅ |
| Gén. pl. | ὧν | ὧν | ὧν |
| Dat. pl. | οἷς | αἷς | οἷς |
Exemple classique
ὁ ἀνήρ ὅς γράφει σοφός ἐστι.
L’homme qui écrit est sage.
- Antécédent : ὁ ἀνήρ
- Relatif : ὅς
- Cas du relatif : sujet de γράφει (nominatif)
L’accord du relatif avec l’antécédent en grec ancien
1. Genre et nombre
→ Accordés directement avec l’antécédent.
οἱ παῖδες, οἵ τρέχουσι → les enfants qui courent.
2. Cas
→ Déterminé par la fonction grammaticale du relatif dans sa subordonnée.
- ὁ παῖς, ὅν σὺ βλέπεις → l’enfant que tu vois (COD)
Différentes formes de relatifs en grec ancien
1. Relatif déterminatif (ὅς, ἥ, ὅ)
- Introduit une relative descriptive ou déterminative.
- Ex. : ἡ γυνή, ἣ μένει, σοφή ἐστιν → La femme qui reste est sage.
2. Relatif indéfini (ὅστις, ἥτις, ὅ τι)
- Souvent traduit par « quiconque, celui qui ».
- Peut introduire une valeur conditionnelle ou générale.
Ex. : ὅστις φιλεῖ, τιμᾶται → Quiconque aime est honoré.
3. Relatifs corrélatifs
- ὅσος (autant que), ὅπου (là où), ὅταν (quand), etc.
- Servent à lier deux propositions avec nuance comparative, spatiale ou temporelle.
Exemples :
- δὸς ὅσον ἔχεις → donne autant que tu as.
- ἔρχεται ὅπου οἱ φίλοι εἰσίν → il va là où sont ses amis.
Particularités de construction en grec ancien
1. Attraction du relatif
Parfois, le cas du relatif est « attiré » par celui de l’antécédent alors qu’une autre fonction serait attendue.
Exemple :
ἀνὴρ σοφός, ὃν λέγω (au lieu du nominatif ὅς attendu).
→ Concordance par attraction.
2. Relatif sans antécédent (absolu)
Le relatif peut lui-même tenir lieu d’antécédent (souvent en poésie ou en proverbe).
ὅς δ’ ἂν νικᾷ, θαυμαστός ἐστι → celui qui gagne est admirable.
3. Corrélation
Un démonstratif (οὗτος, τοιοῦτος, τοσοῦτος…) dans la principale peut « annoncer » la relative :
τοιοῦτός ἐστιν, οἷος ἔδει → il est tel qu’il fallait.
Valeur et traduction
- ὅς → « qui, que, lequel »
- ὅστις → « quiconque, celui qui »
- ὅσος → « autant que »
- ὅπου → « là où »
- ὅταν → « quand, chaque fois que »
Le choix de traduction dépend du contexte : certains relatifs proches du français sont littéraux (« qui/que »), d’autres demandent une reformulation (« lorsque, là où, quiconque »).
Exemples littéraires
- Hérodote : ἡ πόλις, ἣν ἔκτισαν, μεγάλη ἐστίν.
→ La cité qu’ils ont fondée est grande. - Sophocle : ὅστις σὺν θεοῖς ζῇ, εὐτυχής ἐστι.
→ Quiconque vit avec les dieux est heureux. - Platon : οὗτος ἐστὶν ὁ ἀνήρ, ὃν Σωκράτης ἔλεγε σοφόν.
→ Voici l’homme que Socrate disait sage.
Exercices pratiques
Exercice 1 :
Traduis et complète les phrases suivantes :
- ἡ γυνή, ___ βλέπεις, σοφή ἐστιν.
- οἱ παῖδες, ___ τρέχουσιν, χαίρουσιν.
- δὸς ___ ἔχεις.
- ἔρχεται ἐκεῖ, ___ οἱ φίλοι εἰσίν.
Exercice 2 :
Analyse la fonction du relatif et proposez une traduction :
- ὁ ἀνήρ, ὅς λέγει, σοφός ἐστι.
- τὸ δένδρον, ὃ ὁ παῖς ὁρᾷ, καλόν ἐστι.
- ὅστις φιλεῖ, θεοῖς ἀγαπητός ἐστι.
Correction
Exercice 1 :
- ἣν → La femme que tu vois est sage.
- οἵ → Les enfants qui courent sont joyeux.
- ὅσον → Donne autant que tu as.
- ὅπου → Il va là où sont ses amis.
Exercice 2 :
- ὅς (nominatif, sujet de λέγει) → L’homme qui parle est sage.
- ὃ (accusatif, COD de ὁρᾷ) → L’arbre que l’enfant voit est beau.
- ὅστις (nominatif, sujet de φιλεῖ) → Quiconque aime est aimé des dieux.







