Histoire : la Grande Terreur en URSS

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Dans cet article, nous faisons le point avec toi sur la Grande Terreur en URSS, un élément clé de ton programme d’histoire en classe de terminale.

Vingt ans après la Grande Révolution Socialiste d’Octobre, le régime soviétique stalinien perpétra le plus grand massacre d’État jamais mis en œuvre en Europe en temps de paix.

En effet, d’août 1937 à novembre 1938, 750 000 citoyens soviétiques furent exécutés d’une balle dans la nuque et enterrés dans le plus grand secret. Soit près de 50 000 exécutions par mois, 1 600 par jour.

 

Le contexte politique

Joseph Staline (1878-1953) a obtenu le pouvoir total sur le Parti communiste soviétique en 1929. Pourtant, ayant tour à tour écarté politiquement tous ces concurrents (Léon Trotski, Lev Kamenev, Grigori Zinoviev, Alexeï Rykov ou encore Nikolaï Boukharine), il est paranoïaque et considère que ces hommes scrutent sa place et le menacent. Il craint par dessus tout les complots et son éviction probable du Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique.

En effet, malgré son accession au pouvoir en 1929, il n’est réélu au Comité central qu’en dernier de la liste, son nom étant rayé plus d’une centaine de fois. Le but des Grandes Purges est donc d’anéantir les dernières potentialités de résistance au sein du Parti et de la population.

L’avènement de la Grande Terreur

Mais, mal-aimé et le culte de la personnalité n’ayant pas encore embrigadé tout le peuple soviétique, Staline va devoir recourir à une propagande extrêmement féroce pour recevoir le soutien du peuple. Pour préparer la chute des autres grandes figures du régime, il lance le rouleau compresseur de la propagande. Dans tout le pays, on conditionne l’opinion : “Ces complots sont commis par les agents du Capital, par les chiens du fascisme, Boukharine et sa bande !” (Discours prononcé devant des ouvriers soviétiques en 1938).

Cependant, pour finir de justifier la Grande Purge, Staline a besoin d’un élément déclencheur, un événement qu’il pourra récupérer politiquement à son avantage. Il l’obtient en décembre 1934, lorsque Sergueï Kirov, chef du Parti à Léningrad, est assassiné. Kirov était extrêmement populaire au sein du parti et dans la population.

Staline élimine ainsi un de ses principaux concurrents et trouve également un prétexte pour entamer une campagne de purges au sein du Parti qui sera soutenue par le peuple.

Personne n’est à l’abri

Les arrestations de la Grande Terreur visent… tout le monde ! Beaucoup de membres du Parti communiste sont exécutés. En effet, on attaque la masse pour en éliminer, en expurger les éléments que l’on juge les moins fiables. Parmi eux, le personnel communiste le moins enthousiaste, jugé le moins « révolutionnaire ». La Terreur n’épargne aucun organisme : des coupes claires frappent les divers ministères, Gosplan, Komintern, Armée rouge et même à terme l’encadrement du Goulag et les policiers du NKVD.

Staline attaque même des amis de longue date : Lev Kamenev et Grigori Zinoviev portaient avec lui le cercueil de Lénine; ils seront tous les deux exécutés en 1938 à la suite de procès truqués.

L’exemple parlant de Nikolaï Boukharine

Alors que la propagande est en train de faire croire à toute la population soviétique que Boukharine est un traître et fomente des complots contre l’URSS ; cet ami depuis 15 ans de Staline est en train de se faire torturer à la Loubianka (le siège de la police secrète).

Dans une lettre, il implore son vieil ami Staline :

Je t’écris cette lettre qui est sans doute la dernière. Mon cœur saigne à la pensée que tu puisses croire que je suis vraiment coupable. Je suis prêt à me traîner à genoux et à t’implorer de m’éviter ce procès. Si c’est la mort qui m’attend, je te supplie au nom de tout ce qui t’est cher de ne pas me faire fusiller. Je veux moi-même pouvoir absorber du poison. Je t’en supplie…

Pourtant, c’est bien la mort qui attend Boukharine. Le 2 mars 1938, dans une salle remplie de membres de la police politique, son procès commence. C’est une formalité : “Notre peuple exige une chose : il faut écraser ces mauvaises vermines !” Il sera fusillé et sa famille déportée.

Tout le monde

Les purges s’étendent maintenant à toutes les familles de l’Union Soviétique sans distinction. Staline voit en effet des ennemis partout, car il est devenu totalement paranoïaque. Contre ceux qu’ils soupçonnent de menacer son pouvoir, il encourage la délation. Dans chaque village, on doit être prêt à dénoncer son voisin et même ses propres parents. Un jeune garçon accuse : “Pionniers ! Je suis obligé de vous le dire : mon père a agi de manière contre-révolutionnaire et je vous demande, non comme fils, mais comme pionnier, de juger sévèrement la responsabilité de mon père !

Politique du chiffre

La principale machine administrative de la répression et des exécutions est le NKVD (Commissariat au peuple aux Affaires intérieures), dont les 25 000 agents jouent le rôle de police politique. Staline dispose également d’un homme de main : Nikolaï Iejov, surnommé Le Nabot parce qu’il ne fait que 1m54. C’est le chef de la police secrète. Il dit : “Je suis peut-être court de stature mais mes mains sont fortes. Ce sont les mains de Staline. Nous lançons une attaque de grande ampleur contre l’ennemi. Il y aura des victimes innocentes : quand on abat des forêts, les corbeaux volent.” Staline lui a fixé des quotas d’exécution. En effet, on retrouvera des documents qui stipulent le nombre d’exécutions minimales attendues dans les différentes républiques de l’URSS. Par exemple, en Azerbaïdjan, Staline souhaitait 1500 exécutions et 3750 déportations. Il n’y a aucun nom, c’est aux responsables du Parti de trouver les victimes pour remplir les quotas.

Fin et conséquences

Et puis, en novembre 1938, la Grande Terreur s’arrêta comme elle avait commencé : sur un ordre de Staline. Ce qui n’empêchera pas la poursuite des arrestations arbitraires et des exécutions tout au long du règne de Staline, mais à un rythme plus « modéré ».

La progression rapide de l’armée allemande en Union soviétique à l’été 1941 (Opération Barbarossa) a souvent été considérée par les historiens comme une conséquence des purges des 1937-1938 au sein de l’Armée rouge, qui avait été littéralement décapitée : 11 vice-commissaires à la Défense, 10 % des membres du Conseil militaire suprême, 8 amiraux, 2 maréchaux, 14 généraux d’armée (sur 16), 90 % des généraux de corps d’armée, 2/3 des généraux de division et plus de la moitié des généraux et 35 000 officiers ont été arrêtés et condamnés, un grand nombre à la peine capitale.

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