bac 2023 corrigé LLCER anglais

Bac 2023 : le corrigé de l’épreuve de LLCER anglais

À lire dans cet article :

Bac 2023. Dans cet article, nous te proposons un corrigé de l’épreuve de spécialité LLCER anglais du mardi 21 mars 2023. Cette correction est proposée par Samantha Lemeunier, professeure agrégée d’anglais.

Bac 2023 : le sujet de l’épreuve de spécialité LLCER anglais

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Bac 2023 : le corrigé de l’épreuve de spécialité LLCER anglais

SUJET 1

Partie 1 : synthèse en anglais

Sujet

Paying particular attention to the specificities of the three documents, show how they interact to underline the links between belonging to a community and one’s identity.

Analyse

Le sujet est binotionnel, c’est-à-dire qu’il t’invite à mettre en regard deux concepts, nommément celui de communauté et celui d’identité. Il ne fallait donc pas étudier ces notions séparément mais toujours les analyser conjointement, et ce dès la problématisation du sujet. 

La communauté évoque la multiplicité et l’altérité tandis qu’au contraire, l’identité est souvent perçue comme individuelle et est associée à la subjectivité. On peut ainsi se demander si l’identité est effacée par l’appartenance à une communauté. D’autres problématisations du type « dans quelle mesure l’appartenance à une communauté permet-elle de renforcer son identité personnelle ? » pouvaient également être acceptées. 

Les documents te permettant d’argumenter à ce propos étaient les suivants : 

Document A : un extrait d’Americanah (2014) de Chimamanda Ngozi Adichie, une écrivaine nigérienne. « Americanah » est le terme de vocabulaire utilisé au Nigeria pour décrire les expatriés qui reviennent des Etats-Unis. Justement, le roman de Chimamanda Ngozi Adichie décrit l’histoire d’une jeune nigériane ayant émigré aux Etats-Unis où elle est confrontée au racisme et à d’autres types de discriminations, notamment économiques et genrées. Elle ne se laisse pas abattre et combat ces problèmes systémiques sur un blog qui la rend célèbre. 

Document B : il s’agit d’un article de presse écrit par Siddhartha Mitter et publié en ligne (wmagazine.com) à la fin de l’année 2018. La journaliste évoque la montée en puissance récente des artistes nigériens. Chimamanda Ngozi Adichie est notamment mentionnée dans l’article car elle a été citée par Beyoncé, ce qui a permis de la rendre célèbre et de la transfigurer en icone féministe représentative des transferts culturels. 

Document C : Ce dernier document est une installation artistique de Peju Alatise, un artiste nigérien. Cette oeuvre est intitulée “Flying Girls” et a été produite en 2016. Elle représente huit filles ailées semblables à des anges s’envolant dans une nuée d’oiseaux. Les oiseaux symbolisent la liberté, l’indépendance et le voyage tandis que leur organisation en cercle peut constituer une référence au monde. 

A un niveau chronologique, les trois documents ont tous été produits dans les années 2010. Il était donc attendu de toi que ton analyse soit centrée sur cette période (dès lors, pas question de faire de longs développements sur le XXe siècle). En outre, d’un point de vue géographique, tu as pu remarquer que le dossier était centré sur le Nigeria, ce pays et sa culture devaient donc être au centre de ton argumentation. Au-delà de ce thème, tu pouvais également parler du genre et du féminisme (Chimamanda Ngozi Adichie étant une écrivaine féministe et “Flying Girls” étant une œuvre représentant, entre autres, la féminité), ce qui pouvait par exemple t’amener à faire intervenir des notions telles que l’intersectionnalité. 

Proposition de corrigé

In an essay, African American author Toni Morrison declared: “I am convinced that clarity about who one is and what one’s work is, is inextricably bound up with one’s place in a tribe.” With such a quote, the writer emphasizes the need to pertain to a community in order to affirm one’s identity. Yet, at first sight, the notions of community and identity might appear as contradictory: if the word “community” evokes multiplicity and alterity, the idea of “one’s identity” is rather related to solitude and individualism as illustrated by the set of documents under study. The three documents were produced in the 2010s and all deal with Nigerian art. Yet, document A, an excerpt from Chimamanda Ngozi Adichie’s novel “Americanah,” represents one protagonist and thus evokes individuality whereas document B and C hint at a sense of community as they respectively constitute an article about the development of Nigerian art in the world and an artistic installation by a Nigerian artist entitled “Flying Girls” which represents a group of eight winged girls taking off. Therefore, does this mean that one’s identity is transformed by one’s belonging to a community? 

The notion of identity is actually complex and polysemic, and one’s individual identity has to be distinguished from the concept of collective identity. The set of documents under study highlights this idea, notably document C as the eight characters that are represented are rather physically similar, which might suggest that a community cannot be made of heterogeneous beings. Similarly, Ifemelu’s personal identity is contrasted with the American collective identity in document A. She appears as a marginalized protagonist and is initially excluded from the U.S. community as she comes from Nigeria. Yet, such marginalization eventually appears as a process of self-exclusion, as if it were Ifemelu’s personal, Nigerian identity as well as her sense of national pride that prevented her from pertaining to the American community. 

The loss of personal identity coming with one’s belonging to a community actually constitutes a myth. Indeed, document A evolves from direct dialogue to internal monologue, only providing the reader with a glimpse of what the protagonist thinks. The description that is made is thus more subjective than objective, as confirmed by the final twist in the excerpt: Ifemelu is convinced that Blaine discriminates her, yet, he offers an apology that surprises the protagonist (“his apologizing surprised her” l. 46). Therefore, if Ifemelu’s defiance towards the American community first suggests that she needs to change her voice (and therefore her identity) to pertain to the American community, the excerpt demonstrates that her opinion was fallacious. This idea is by the way confirmed by document B which mentions “a group of white British kids in London singing ‘Oliver Twist,’ a hit by D’Banj” (l. 7), implying that cross-culturalism is possible, giving way to a hybridization of cultures. 

All in all, one’s identity is not annihilated by one’s belonging to a community. Conversely, a community might change one’s perspective on the world as illustrated by Ifemelu’s story. In addition, the notion of collective identity is the parameter allowing African American authors such as Gloria Naylor or David Bradley to explore the individual identity of their protagonists, reinforcing the idea according to which identity and community are not incompatible concepts. 

544 words

Partie 2 : traduction

Texte à traduire

This was truly her; this was the voice with which she would speak if she were woken up  from  a  deep  sleep  during  an  earthquake.  Still,  she  resolved  that  if  the  Amtrak  woman responded to her accent by speaking too slowly as though to an idiot, then she would put on her Mr Agbo Voice, the mannered, overcareful pronunciations she had learned  during  debate  meetings  in  secondary  school  when  the  bearded  Mr  Agbo,  tugging at his frayed tie, played BBC recordings on his cassette player […]

Analyse

Ce sujet de traduction était particulièrement difficile au niveau de la syntaxe : comme les phrases étaient longues et complexes, il fallait faire attention de ne pas commettre de rupture syntaxique. En outre, le temps des verbes était un autre écueil possible : il fallait bien repérer le prétérit (traduit par de l’imparfait ou du passé simple ici), le conditionnel (dans les structures en « if » notamment) et le plu-perfect (le passé du passé qui marque une antériorité par rapport au prétérit et est traduit par du plus-que-parfait en français). 

Puisque le vocabulaire n’était pas très difficile, il était possible d’aller chercher des points bonus en utilisant des expressions idiomatiques du type « c’était son vrai visage » pour traduire « this was truly her », cela te permettait d’éviter d’éventuels calques. Certains mots de lexique étaient moins évidents, à l’instar de « frayed ». Néanmoins, le vocabulaire des vêtements et des tissus est absolument nécessaire en filière LLCER (il apparaît constamment dans les écrits littéraires pour décrire les personnages), aussi, il est possible que tu l’aies appris au cours de l’année. Si ce n’était pas le cas, il était tout de même possible de conjecturer le sens de ce mot. 

Un dernier point sur lequel il fallait faire attention était la grammaire française, en particulier l’accord des participes passés. Dans la phrase « les prononciations […] qu’elle avait apprises », le COD est placé avant le verbe, il faut donc accorder le participe passé avec son objet. Concernant l’orthographe il fallait également faire attention de ne pas mettre deux « t » à « cravate » et de bien traduire « Mr » (anglais) par « M. » (français). 

Proposition de corrigé

C’était son vrai visage ; c’était avec cette voix-là qu’elle parlerait si un tremblement de terre la sortait d’un profond sommeil. Pourtant, elle décida que si la femme d’Amtrak réagissait à son accent en parlant aussi lentement que si elle parlait à une idiote, elle adopterait sa voix de M. Agbo et les prononciations aussi maniérées qu’extrêmement précautionneuses qu’elle avait apprises au l’occasion de débats au collège au cours desquels M. Agbo lançait des enregistrements de la BBC sur son radiocassette en tirant sur sa cravate effilochée. 

SUJET 2

Partie 1 : synthèse en anglais 

Sujet 

Paying particular attention to the specificities of the three documents, show how they interact to explore different relationships between writers and the act of writing. 

Analyse

Ce sujet met en regard les écrivains et leur art. Cela évoque toutes les théories sur l’auteur et son œuvre : lui appartient-elle encore une fois produite et partagée ? Ou bien, comme Roland Barthes le déclare-t-il dans La mort de l’auteur, l’auteur est-il effectivement « mort » une fois son travail dans les mains de son public ? Ces questionnements peuvent constituer un premier axe de problématisation du dossier. Quoi qu’il en soit, il était absolument nécessaire de bien différencier l’auteur, c’est-à-dire l’origine, et l’écriture, c’est-à-dire l’action donnant lieu à une production. 

Les documents te permettant d’argumenter à ce sujet étaient les suivants : 

Document A : il s’agit d’un extrait du roman Mind of Winter (2015) de Laura Kasischke. Dans l’extrait en question, Holly a envie, si ce n’est besoin, d’écrire. Ce désir donne lieu à nombre d’émotions et à un sentiment d’urgence qui habite le passage. Néanmoins, à aucun moment dans cet extrait Holly n’écrit effectivement. 

Document B : il s’agit à nouveau d’un extrait de roman écrit par Joyce Carol Oates. Son titre est Jack of Spades (2015). Le protagoniste parle de ses ventes de livres et compare son travail à celui de Stephen King. 

Document C : le dernier document est une photographie d’Hemingway en train d’écrire. Elle date de 1952. 

Le dossier nous propose donc d’adopter une perspective plus diachronique que chronologique, le dernier document étant bien plus ancien que les deux extraits de roman. En réalité, les documents nous donnent à voir trois étapes de la création littéraire : l’œuvre en train d’être pensée (document A), l’œuvre en train de se faire (document C) et l’œuvre terminée (document B). 

Proposition de corrigé

In “A Moveable Feast,” Hernest Hemingway wrote: “Do not worry. You have always written before and you will write now.” Even if this piece of advice is aimed at defeating writers’ block, it remains rather mysterious as to how writers write. It all seems as if it were a natural, innate gift, yet, the set of documents rather suggests that writers tend to struggle when writing their works. The three documents indeed represent three different steps of the creative process: document A, an excerpt from Laura Kasischke’s novel “Mind of Winter” (2015) is about the thinking process before writing, document C is a picture of Hernest Hemingway writing and thus depicts the work as it is being written, and finally, document B, which is an excerpt from Joyce Carol Oates’s novel “Jack of Spades” (2015), describes the retrospective look of a writer on his productions. The two excerpts from novels seem to suggest that writing is a complicated process which obsesses writers and makes them wonder much whereas the simplicity of the photograph of Hemingway hints at the opposite: everything seems simple and smooth for him. Therefore, is the experience of writing the same for all writers? 

Writers appear as inseparable from their works as illustrated by the three artifacts of the set of documents. Indeed, document C represents the author alone with his work. This feeling of solitude can also be identified in document A thanks to Holly’s internal monologue. Similarly, in document B, the protagonist is alone with his thoughts and the numerous epanorthoses equally point towards the notion of internal monologue. All seems as if the process of writing was extremely engaging. This hypothesis is moreover confirmed by document C where Hemingway is surrounded by tools such as binoculars allowing him to observe the scene that he is certainly describing. 

Yet, even if the writing process seems to be engaging in the three documents, the techniques to which the three writers resort differ. If Hemingway travelled to Kenya in order to be close to the object of his novel, Holly is in her domestic space in document A. Similarly, localism seems to be important to the protagonist of document B as he declares himself as “the most famous of local residents” (l. 3). Unlike Hemingway, it is less in other countries that he finds inspiration but in Stephen King’s novels and the competition he leads against him. 

Therefore, if the act of writing appears as something obsessing every author represented in the set of documents, the practical ways through which they produce their works differ. By the way, the process of writing can take so many shapes that Henry James wrote a short story entitled “The Figure in the Carpet” about it. The story recounts a literary critic’s desire for understanding the writings of an author, and the “figure in the carpet” represents the mystery of the writing process, a mystery that is never unraveled in the short story. 

492 words

Partie 2 : traduction

Texte à traduire

How long it had been since she’d woken up needing to write? God, how Holly used to need to write. Now she needed to write again. What time was it? She was still in bed, or in bed again. Had she already risen, looked in on her daughter? Or had that been a dream? She’d come back to bed and slipped again into sleep? Perhaps. Now she didn’t need to open her eyes to know that it was morning, that it was snowing. Was there a pen in this room?

Analyse

Contrairement au sujet précédent, ce texte contient des phrases courtes. La syntaxe n’est donc pas un problème majeur, bien qu’il fallût prêter attention à la formation des questions en français. La plus grande difficulté de cet extrait est le type de discours adopté : il s’agit de discours indirect libre, et le style est donc à respecter absolument. Cela dit, nullement besoin de rajouter de guillemets, il fallait traduire en respectant la forme originale de l’extrait. 

Les quelques répétitions de l’extrait étaient également à maintenir (pensons notamment au verbe « to need » qu’il faut, à chaque fois, traduire avec la même formule (nommément « avoir besoin de »). 

Les temps étaient en outre un point important. Le plu-perfect est le temps dominant du passage et se traduit par du plus-que-parfait en français. Du prétérit est aussi présent dans l’extrait, et il se traduisait par de l’imparfait en français. 

Enfin, le vocabulaire ne présentait aucune difficulté notable, à l’exception, peut-être, du verbe « to slip » qui signifie « glisser ». Si tu as réussi à maintenir le jeu prosodique allitératif entre « slip » et « sleep » en français, tu auras certainement un bonus. Comme alternative, on peut éventuellement penser à des formulations idiomatiques du type « tomber dans les bras de Morphée ». 

Proposition de corrigé

Cela faisait combien de temps qu’elle s’était réveillée avec l’envie d’écrire ? Mon Dieu, auparavant Holly avait tant besoin d’écrire. Aujourd’hui, elle avait à nouveau besoin d’écrire. Quelle heure était-il ? Elle était encore au lit, ou toujours au lit. S’était-elle déjà levée, était-elle passée dans la chambre de sa fille ? Ou bien avait-ce été un rêve ? Était-elle revenue se coucher et avait-elle glissé vers le sommeil à nouveau ? Peut-être. À cette heure-ci elle n’avait pas besoin d’ouvrir les yeux pour savoir que c’était le matin, qu’il neigeait. Y avait-il un stylo dans cette pièce ? 

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